Une Nuit Arabe et Le Dragon d’Or au théâtre d'Angers


Rédigé par Chistopher Lemeunier - Angers, le Jeudi 24 Novembre 2011 à 11:56


Mardi et Mercredi soir, le Diptyque de Roland Schimmelfennig mis en scène par Claudia Stavisky a émerveillé un public assez jeune en jouant Une Nuit Arabe et Le Dragon d’Or au Grand Théâtre d’Angers.



Une Nuit Arabe et Le Dragon d’Or au théâtre d'Angers
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A 19h30, le rideau du Grand Théâtre se lève et nous dévoile une tour impressionnante représentant une découpe d’un immeuble de 3 étages, et les habitants, posté à différents étages s’agitent, se parlent, s’émerveillent. Nous sommes dans l’immeuble d’Une Nuit Arabe, la première partie du spectacle.

Les 5 personnages de la pièce se présenteront au fil de l’histoire, en attendant ils se croisent, vivant dans un immeuble tournant ou les problèmes surgissent au quotidien entre des pannes technique et d’ascenseur. Deux femmes et 3 hommes, le dialogue est présent, à en citer les moindres faits et gestes. On s’observe, on se court après, on s’aime. L’histoire nous emmène découvrir les rêves du Maghreb, les rêves de la chaleur et de la sensualité aux allures des « mille et une nuits »

C’est le soir dans l’appartement 7-32 et Fatima doit attendre que sa colocataire Vanina s’endorme pour faire venir son ami Khalil. Vanina se retrouve observée sous la douche par Pierre qui n’a que pour rêve, l’embrasser. Le concierge Lemmonier, lui, cherche à comprendre pourquoi l’eau ne monte plus au-delà du 7e étage. Dès lors des questions se posent autours des personnages innocents, essayant de semer leurs solitudes et d’enrichir leurs destins. Comment me suis-je retrouver dans une bouteille de Cognac ? Pourquoi l’eau s’arrête-t-elle au 7e étage ? Comment sortir d’un ascenseur en panne ? Un baiser pourrait-il tout changer ?

Une pièce intrigante où se cache une épopée de notre quotidien.

A 21h15, le rideau se relève après l’entracte, la tour est toujours présente, mais le spectacle change, Le Dragon d’Or y a pris place.

Ce restaurant asiatique accueille un personnel de cuisine pauvre. Sans papier, un des employés clandestins se retrouve avec un mal de dents, mais sans argent et sans papier il est difficile de se rendre chez le dentiste. On retrouve un message de l’auteur contre la violence de l’Etat envers les sans papiers. « Il faut sortir la dent ! » dit son collègue, le seul moyen reste la pince. Un hurlement résonne dans la salle, la dent s’envole. On la retrouve dans une soupe thaï distribuée à 10 km du sol, dans un vol d’avion ou les hôtesses de l’air un peu naïve cherche à savoir comment elle est arrivée la.

Dans cette pièce les acteurs jouent différents rôles, changeant souvent d’identité sexuelle, entre le restaurant, la fable de la cigale et la fourmi et le vol d’avion se mêle un dialogue riche.

Un spectacle surprenant, avec maitrise de l’humour très présente, on se surprend même à rire tandis que les personnages traversent d’abominables épreuves.

« Les deux pièces traitent sur la mondialisation, du triomphe du capitalisme libéral dans toute sa splendeur et de la décadence des civilisations européennes. Elles évoquent notre regard d’occidentaux sur ces cultures qui nous font peur et nous fascinent, du rêve de l’autre… Pour moi, ces deux pièces se complètent et se répondent en écho », déclare Claudia Stavisky.












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