"Une autre voie possible" pour le CAUE ?


Rédigé par - Angers, le 04/08/2015 - 07:48 / modifié le 15/10/2015 - 08:17


L’annonce au début de l’été d’un plan de restructuration entraînant le licenciement économique de 13 des 19 salariés au CAUE (Conseil en architecture, urbanisme et environnement) de Maine-et-Loire ne passe pas, auprès d’une partie des personnels. Eux se disent depuis de longs mois dans une logique de propositions et regrettent le manque d’écoute de la part de la direction et de la présidence. Explications.



"Une autre voie possible" pour le CAUE ?
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Longtemps donné en exemple, tant en terme de dynamisme que de fonctionnement, le Conseil en architecture, urbanisme et environnement du Maine-et-Loire (CAUE 49) vit des heures bien sombres.

La faute à un contexte général peu porteur pour l’ensemble des CAUE de France, depuis le passage, en 2012, d’une taxe dédiée au financement des structures à une taxe d’aménagement globale incluant, en plus des CAUE, des impératifs d’assainissement et de protection des espaces naturels sensibles. Le tout sans clé de répartition entre ces trois obligations. Ça, c’est pour le contexte national, qui se double d’une chute des permis de construire, grevant d’autant le montant de la taxe d’aménagement perçu dans chaque département.
 
A l’échelon local, ce sont les difficultés financières du Conseil départemental qui ont conduit à la situation actuelle : l’annonce d’une baisse de subventions de 25 % a donné lieu à un projet de restructuration du CAUE, condamnant 13 des 19 personnels de l’a structure. Une décision tombée comme un couperet sous la forme d’une note interne, le 2 juillet dernier, et dont un collectif de salariés du CAUE ne comprend « ni la brutalité, ni l’ampleur, ni le calendrier », expliquent deux de ses membres, qui tiennent à garder l’anonymat.

Depuis près d’un an et le premier plan de licenciement ayant conduit à la suppression de trois postes, le climat est lourd du côté de la Maison de l’architecture, des territoires et du paysage, au point de ne pas souhaiter témoigner à visage découvert. Si les membres du collectif ne souhaitent pas polémiquer mais « rester dans une logique de propositions », les propos tenus dans la presse, ces dernières semaines, notamment par le président du CAUE et conseiller départemental de la majorité départementale, Gilles Leroy, appellent une réaction de leur part. Tant sur la forme que sur le fond.
 « Dès le mois de septembre 2014, devant nos difficultés financières, les salariés avaient appelé à une mobilisation des élus pour trouver des solutions ensemble"

« Dès le mois de septembre 2014, devant nos difficultés financières, les salariés avaient appelé à une mobilisation des élus pour trouver des solutions ensemble, quitte à ce que la contribution des communes ou collectivités au CAUE augmente. Nous avons reformulé cette demande en début d’année… sans réponse de la part de la direction », regrettent aujourd’hui les membres du collectif.
 
En clair, du côté des instances dirigeantes, on conseillait vivement aux personnels de ne pas trop faire de bruit autour des difficultés financières, car des négociations étaient en cours avec le Conseil départemental. Des négociations qui ont abouti fin juin à une baisse de 25 % pour 2016, et le plan social que l’on sait. Pêle-mêle, le collectif pointe aussi le manque d’anticipation des équipes dirigeantes en 2012, qui a budgétiser 1,3 M€ et créé deux postes dans un contexte de chute de la taxe d’aménagement et de subventions publiques en renégociation.
 
Mais plus que ces griefs passés, c’est la méthode utilisée ces dernières semaines qui ne passent pas. « C’est tout de même regrettable qu’une association qui place, au quotidien, le dialogue, la concertation, la confiance réciproque avec les élus ne l’appliquent pas au sein de sa propre équipe… Rendez-vous compte que certains salariés, partis en vacances, ne reviendront pas au CAUE », avance l’un des membres du collectif, qui aurait souhaité gagner un peu de temps et « mettre tout le monde autour de la table à la rentrée, pour au moins essayer de trouver des solutions. Je sais qu’il peut exister une autre voie ».
 
Voilà pour le fond. Mais la forme de la restructuration inquiète aussi, puisqu’elle condamne, de fait « l’ensemble du pôle d’assistance à la maîtrise d’ouvrage du CAUE 49. C’est une mission qui est menée jusqu’à maintenant en binôme entre un architecte et un paysagiste, un travail en transversalité et en interdisciplinarité. Tout ça dans la plus grande neutralité financière et politique ».
"Qui, sur les territoires ruraux, va accompagner les élus pour connaître la faisabilité de leur projet ? C’est d’autant plus dramatique dans le contexte de mutation actuel. La loi NOTRe mais également les questions autour de la transition énergétique vont changer les choses et la plupart des collectivités ne sont pas armés pour répondre à ces nouveaux enjeux"

C’est cette neutralité et cette approche collaborative que vont perdre demain les élus du territoire, selon les membres du collectif. "Qui, sur les territoires ruraux, va accompagner les élus pour connaître la faisabilité de leur projet ? C’est d’autant plus dramatique dans le contexte de mutation actuel. La loi NOTRe mais également les questions autour de la transition énergétique vont changer les choses et la plupart des collectivités ne sont pas armés pour répondre à ces nouveaux enjeux. Et qu’on ne nous dise pas que les collectivités vont pouvoir se tourner vers l’agent chargé du droit des sols (qui accorde notamment les permis de construire) : son métier à lui, c’est la gestion, l’aspect juridique. Absolument pas le conseil technique. »
 
Encore une fois, le collectif ne nie pas « les difficultés structurelles rencontrées par l’association. Nous prenons acte d’un constat, de la baisse des moyens, mais nous sommes toujours prêts à chercher et trouver des solutions pour faire en sorte de maintenir le pôle d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) opérationnel. Ça limiterait la casse, surtout que les trois autres missions du CAUE –sensibilisation, formation et conseil aux particuliers- sont intrinsèques à l’AMO. »
 
Touché, mais pas coulé, le collectif n’a semble-t-il pas dit son dernier mot. « Nous sommes une équipe impliquée. La plupart ont fait le choix d’entrer au CAUE, nous sommes des militants »…




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par SOLIDARITE le 04/08/2015 10:55 | Alerter
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Solidarité avec ces équipes.

Comment peut-on renvoyer chez eux sans ménagement 13 salariés sans essayer de solutions alternatives ?

Comment peut on donner de l'argent pour sauver tel ou telle plante vivace au détriment de l'emploi ?

Les élus publics de ce département font une nouvelle fois étalage de leur très mauvaise gestion. Après Terra Botanica, le CAUE est victime de leur manque de clairvoyance. Le paradoxe c'est que ces élus sont les premiers à crier lorsque des entreprises privées sont...

2.Posté par Roger le 04/08/2015 11:20 | Alerter
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La plante vivace était là bien avant toi et n'a pas besoin de toi pour vivre. laisse là tranquille, c'est d'ailleurs toi qui la détruit avec tes émissions de CO2 et ta surconsommation… Misanthrope et alors?








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