Une bulle de rêve au THV !


Rédigé par - Angers, le Mercredi 17 Octobre 2012 à 20:00


La saison suit son cours au THV de Saint-Barthélémy-d'Anjou et le premier spectacle de danse, pour petits et grands, a offert aux spectateurs présents ce soir là, un moment d'une grande intensité.



© Jeff Rabillon.
© Jeff Rabillon.
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Ils sont rares ces spectacles dit « jeune public » qui arrivent à émerveiller enfants et adultes de la même façon...

«Les princesses aussi ont des faims de loup», de la Cie Osteorock, en fait partie et la salle comble venu assister à cette représentation n'a pas un instant regretté de s’être déplacer.

Après avoir longtemps dansé seul, Carole Bonneau a relevé le pari de la création collective en s'associant à la chanteuse lyrique Mathilde Piffeteau et à la danseuse Hélène Maillou. Les trois femmes ont choisi de nous entrainer au cœur de notre imaginaire collectif, en revisitant avec brio l'univers des contes enfantins. Dans un scénographie dépouillée mais très originale, faite de papier bulle (tout comme les costumes), elles font un magnifique pied de nez aux histoires à dormir debout.

Dans toute conte de fées, il y a une Reine !

© Jeff Rabillon.
© Jeff Rabillon.
Rarement idéales, plutôt tyranniques et souvent seules, les reines sont indissociables de l'univers évoqué; la notre n'échappe pas à la règle, sauf qu'elle a une voix d'or... et qu'elle n'hésite pas à l'utiliser dans des moments pour le moins incongrus.

Et c'est dans une scène bien inspirée (expirée?) qu'elle met au monde deux charmantes petites princesses, tout en nous faisant profiter des vibrations de son organe. Mathilde Piffeteau avait l'envie de casser le sérieux inhérent au lyrisme... Elle y parvient. Cette scène d'accouchement provoque de nombreux rires, invitant le spectateur à s'affranchir du convenu.

Mais déjà nos princesses se mettent à danser... Hésitantes premières évolutions mais, sous le regard maternel, l'apprentissage de la vie se fait vite.

Une Reine peut en cacher une autre...

© Jeff Rabillon.
© Jeff Rabillon.
Si vite, que les voilà transformées en petits pages, dévoués corps et âme à Madame. Mais quand la Reine n'est pas là nos «petits rats» dansent... Espiègles, curieuses devant cette liberté jusque là inconnue, elles entreprennent l'exploration du palais rutilant qui leur sert de prison. Mais jouer aux "grands", c'est prendre le risque de chuter.

Ce sont surtout les objets symbolisant le pouvoir, l'interdit qui attirent nos princesses. L'apparente candeur qui, au début, les animait laisse place, petit à petit, à des "jeux" moins innocents, à des rapports plus féroces, prétextes à de magnifiques moments dansés : ce jeu de chaises musicales ou chacune tente de monter sur le trône ou cet autre, où l'union de leurs corps fait naitre une chimère délicieusement monstrueuse à quatre pieds et deux talons...

On aurait bien aimé regarder indéfiniment ce ballet, mais la Reine refait son apparition. Trop belle pour être qualifiée de maléfique, disons... malicieuse... Et quand celle-ci ose se mettre les doigts dans le nez (si, si, je vous assure et je n’en reviens d'ailleurs toujours pas !), on comprend très vite quelle partie va se jouer.

Rassurez vous, la dérision des auteurs n'a pas tué la morale. Et ce sont encore une fois les gentils que le sort récompense... Accessible et profond à la fois, c'est bien là le pari réussi de ce spectacle soigné, intelligent et plein d'humour. Une sorte de "danse-théâtre" d'une beauté ludique.

Pour prolonger le plaisir

Regardez quelques photos du spectacle prises par l'infatiguable Jeff Rabillon.

Ecoutez Carole Bonneau vous en parler sur les ondes de Radio G...

Voir ou revoir "Les princesses aussi ont des faims de loup" à Segré le 7 novembre.
© Jeff Rabillon.
© Jeff Rabillon.



Mathieu Vautrin
"Scenoscopie" s'intéresse au spectacle vivant sous toutes ses formes. Si vous êtes curieux,... En savoir plus sur cet auteur








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