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Festival d'Anjou

Une hilarante Nuit des Rois


Par - le 22 Juin 2010 à 22:51

Encore auréolée de ses sept nominations aux Molières, la Nuit des Rois de William Shakespeare, une création du Festival d’Anjou et de Nicolas Briançon, était présentée hier soir, pour la seconde année consécutive, sur la scène du Plessis-Macé, non loin d’Angers. Comme l’année précédente les comédiens ont joué à guichets fermés, certains revenant pour la seconde fois avec toujours autant de plaisir.



Feste (Arié Elmaleh) et Olivia (Chloé Lambert)
Feste (Arié Elmaleh) et Olivia (Chloé Lambert)
Le théâtre c’est comme le bon vin, ça se bonifie avec le temps. Après une saison au « théâtre Comedia » à Paris, devant un public conquis, plusieurs nominations et deux Molières plus tard, la Nuit des Rois a, une fois de plus, enthousiasmé le public angevin. « On a été surpris, émerveillé, par l’accueil qui a été fait à Shakespeare tous les soirs par ceux qui ont écouté cette pièce. Fort de ce succès, j’ai le tract ce soir car je suis très émus de retrouver la Nuit des Rois », disait Nicolas Briançon en présentant le spectacle.

Shakespeare, on aime ou on n’aime pas. Habituellement, les longues tirades shakespeariennes sont pesantes pour qui n’a pas la fibre théâtrale, mais quand c’est revu par le Directeur Artistique du Festival d’Anjou, ça prend une autre dimension au point de donner presque dans le vaudeville. Le public ne s’y est pas trompé, puisque hier soir il riait à gorges déployée des facéties des comédiens. C’est joué juste, encore mieux que l’an dernier, c’est frais au moins autant que la nuit angevine, c’est authentique, presque jouissif, on ne s’en lasse pas.

L'intrigue est simple. Elle se déroule en Illyrie, un royaume des rives orientales de l’Adriatique où règne le duc Orsino (Yannis Baraban), amoureux de la belle et riche comtesse Olivia (Chloé Lambert), laquelle repousse ses avances. Deux jumeaux, Viola (Sara Giraudeau) et Sébastien, se ressemblant trait pour trait s’échouent en des points différents de la côte d’Illyrie, suite au naufrage du bateau qui les transporte. Chacun croit avoir perdu son jumeau. Viola se déguise et se fait appeler Césario, lequel devient le page du Duc d’Orsino. Il est chargé par ce dernier de faire part de ses sentiments à la belle Olivia. Cette dernière tombe amoureuse de Césario jusqu’au jour où arrive son frère jumeau Sébastien. Le Duc épouse Viola et Olivia épouse Sébastien. Tout est bien qui finit bien.

Cette comédie anglo-saxonne n’est pas tout à fait comme les autres œuvres de Shakespeare. Servie par une Sara Giraudeau (Violia-Césario) convaincante et énergique, cette comédie est drôle, spontanée, généreuse, réjouissante, irrésistible, rappelant au passage que Shakespeare savait aussi être amusant. Le rythme tient aussi un quatuor de comiques qui n’engendrent pas la mélancolie, loin s’en faut : Maria (Emilie Cazenave) la suivante machiavélique d’Olivia, l’alcoolique et génial Sir Toby (Yves Pignot) et l’imbécile sir Andrew (Jean-Paul Bordes), Feste (Arié Elmaleh) le bouffon complètement déjanté et surtout Malvolio (Henri Courseaux) l’intendant imbu de sa personne que les autres ridiculiseront en public. Ce dernier, au mieux de sa forme, a obtenu un Molière pour sa performance.

Enfin, Nicolas Briançon à pris la liberté de situer la scène dans l’Angleterre du siècle dernier, avec des costumes modernes et des décors très dépouillés. Dans cette pièce menée tambour battant pendant 2h30, on ne se rend même plus compte du temps qui passe, même si la température qui descend au fur et à mesure que la nuit s’avance, est là pour nous le rappeler. Et lorsque la fin arrive on en redemanderait presque une troisième fois. Bravo, Monsieur Briançon, vous nous avez redonné envie d’aller au théâtre.




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