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Festival d'Anjou

Une mégère énergique, drôle et musicale


Par - le 4 Juillet 2009 à 18:45

Vendredi soir, dans le cadre du prix des compagnies du festival d’Anjou 2009, le château de la Perrière, à Avrillé, accueillait La mégère à peu près apprivoisée, mise en scène par Alexis Michalik et interprétée avec rythme par la jeune compagnie Los Figaros.



La délicate Bianca, entourée de Lucentio et son fidèle ami, Tranio
La délicate Bianca, entourée de Lucentio et son fidèle ami, Tranio
Avant même le début de la représentation, les comédiens prennent place sur scène, attendant patiemment que les spectateurs soient installés. D’entrée de jeu, ils annoncent la couleur au public. Cette pièce, inspirée de La mégère apprivoisée, écrite par William Shakespeare entre 1593 et 1594, est une adaptation « chantée, dansée et interprétée de la mégère à peu près apprivoisée », d’à peu près William Shakespeare.

L’histoire
Dans cette adaptation, l’histoire se déroule de nos jours, sur la plage de Padoue, en Italie.
Battista a deux filles. L’une, Bianca, est douce et délicate, courtisée par trois gentilshommes. Tandis que l’autre, Katarina, est méchante et indomptable, voulant toujours avoir le dernier mot. Devant le mauvais caractère de Katarina, Battista annonce que Bianca ne se mariera pas tant que son autre fille n’aura pas trouvé un époux.

De son côté, fraîchement arrivé de Vérone, Petruccio a pour seul objectif d’épouser une femme riche. Il décide donc de courtiser Katarina, malgré la méchanceté et le mauvais caractère de la jeune femme. Il parvient finalement à obtenir sa main, l’épouser et la maîtriser, pour le plus grand bonheur de Battista.

Pendant ce temps, Bianca et Lucentio, tombés éperdument amoureux l’un de l’autre, se marient en secret. Et telle une pièce de Beaumarchais, tout fini en chanson, autour de l’ensemble de la troupe !

Une comédie musicale
Transposée au XXIème siècle, les clins d’œil musicaux de cette comédie déjantée sont divers et variés, allant du Disco au French Cancan, en passant par un numéro de claquettes à la Fred Astaire. Reprenant un célèbre pas du roi de la pop, le personnage de Grumio offre même un petit clin d’œil hommage à Mickaël Jackson.

Les comédiens ont une énergie folle et le spectateur assiste à un véritable show de music hall, ponctué de joutes verbales entre les différents protagonistes et leurs problèmes respectifs. Bianca « rêve de trouver un mari », alors qu’en écho Katarina (alias Katy la cata), « rêve de tuer » son « époux ». Pourtant, Katy ne se définie pas comme une mégère, mais se sent plutôt comme une femme libre et légère, ayant certainement peur de se faire dominer par un homme.

Tranio, Petruccio et Battista
Tranio, Petruccio et Battista
Complicité avec le public
Ne se prenant surtout pas au sérieux, ayant pour seul but de faire rire le public, les comédiens ont plus d’un tour dans leur sac : pirouettes verbales, surprises scéniques à l’image de Petruccio arrivant du haut de la tribune, enfourchant un manche en bois à tête de cheval.

Ou encore de ce personnage en manque de câlins, rejeté par les autres sur scène, se réfugiant dans les bras du public pour une bonne démonstration d’affection gratuite, sous le regard amusé des spectateurs, plongés au cœur de l’histoire.

Evoquant le personnage de Bianca, « Ca, c’est une femme », annoncent ses prétendants, avant de désigner le personnage de Katarina, et d’ajouter : « ça, c’est infâme ».

Les jeux de mots et références burlesques fusent. L’humour est décalé, déjanté, ponctué de quelques interventions publicitaires, intégrées à l’histoire.

A la moitié de la pièce, Battista, habillé en prêtre, annonce : « Et Jésus dit à ses apôtres : allez voir la mégère à Paris en septembre ».

Donc que ceux qui auraient raté la représentation de vendredi dernier, au festival d’Anjou, se rassurent, ils pourront retrouver Los Figaros, à Paris, au Vingtième théâtre, à partir du mois de septembre. Autre possibilité, surfez sur le site Internet de la compagnie : www.losfigaros.com




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