Une nouvelle saison pour le feuilleton Notre-Dame-des-Landes


Rédigé par - Angers, le 31/10/2015 - 10:08 / modifié le 28/05/2016 - 09:32


Va-t-on voir les engins de démolition réinvestir le site de l’aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes (44). Oui, si on en croit l’annonce faite vendredi par la préfecture de la Loire Atlantique. À la veille des régionales, cette annonce risque de raviver les tensions sur place.



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La préfecture de la Loire-Atlantique l’a annoncé vendredi 30 octobre : « l’État a décidé d’engager la reprise des travaux de l’aéroport du Grand Ouest ». Suspendus depuis l’automne 2012 les travaux de cet équipement très contesté, devraient donc reprendre en début d’année prochaine selon la publication lundi dernier, au Bulletin officiel des annonces des marchés publics (BOAMP), d’un appel d’offres pour des travaux de débroussaillage, de rétablissements d’accès et de clôtures de la desserte routière de l’aéroport du Grand Ouest. Ces travaux concerneront surtout la réalisation de la voie d’accès  (4 voies) à l’aéroport depuis les RN137 (Nantes-Rennes) et RN165 (Nantes-Lorient).
 
À un peu plus d’un mois des élections régionales, cette annonce risque de raviver les tensions, même si les principaux candidats sont favorables à la construction de ce nouvel équipement, à l’exemple du Vendéen Bruno Retailleau (LR) qui n’a pas tardé à commenter la décision gouvernementale. « C'est une excellente nouvelle. Cela signifie que l’État de droit pourrait bientôt être enfin de retour à Notre-Dame-des-Landes ». Et de poursuivre « J'appelle désormais le gouvernement à faire preuve de courage et de fermeté en faisant évacuer la ZAD dans les plus brefs délais, si les zadistes s'opposent au lancement du chantier ».
 
Christophe Clergeau (PS), soutenu par Corinne Lepage, présidente de Cap 21 et opposante au projet d’aéroport, n’a pas fait de commentaire, mais a indiqué, lors de son meeting des Ponts de Cé (Maine-et-Loire) qu’il était favorable à la construction de cet aéroport.
 
Quant à l’eurodéputé EELV Yannick Jadot, invité politique d’Europe 1 ce matin, qui demande « une évaluation de l’actuel aéroport de Nantes dont l’amélioration serait certainement moins couteuse », il  estime que « l’État n’est pas dans son bon droit, puisqu’il s’était engagé  à reprendre les travaux lorsque tous les recours seraient épuisés et ils ne le sont pas ». Pour ce dernier « ce projet n’est plus adapté, il y a beaucoup mieux à faire en matière de transports collectifs ».
 
« Un passage en force et une hypocrisie à la veille de la COP 21 » estiment les opposants

Cette décision de reprise fait suite au rejet par le tribunal administratif de Nantes, le 17 juillet, des recours déposés contre les arrêtés préfectoraux qui autorisaient le lancement des travaux. Les opposants avaient fait appel, mais celui-ci n’est pas suspensif. Alors trois mois après c’est le Premier ministre Manuel Valls qui a finalement annoncé l’intention du gouvernement de « poursuivre un projet en parfaite conformité au droit ».
 
« Ce qui me met hors de moi, c’est la stratégie du gouvernement, qui ne répond pas aux arguments de fond, leur oppose un silence opaque et, pire, pratique la rétention d’informations et même le mensonge », déclarait hier soir à l'AFP,  Françoise Verchère, présidente du Cédpa  (Collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ). « L’État de droit n’existe plus dans notre pays ». La dernière grosse manifestation des anti-aéroport a eu lieu en février 2014 à Nantes. Elle avait rassemblé de 20.000 à 60.000 personnes, selon la police et les manifestants. Plusieurs centaines de manifestants radicaux avaient causé d'importants dégâts dans le centre ville
 
Les « zadistes (occupants de la zone à défendre) » dont certains n'ont toujours pas quitté le site, malgré quelques interventions musclées des forces de police, dénoncent la « volonté gouvernementale de passer en force et une forme d’hypocrisie à l’heure où  la France s’apprête à recevoir la COP21 ».  L'un de leurs porte-paroles a déclaré à l’AFP qu’ils entendaient bien « s’opposer à toute tentative de reprise des travaux ». Les opposants soulignent qu’ils ont également adressé un courrier à la commission européenne pour l’alerter des intentions du gouvernement. Avec cette annonce, un nouveau bras de fer risque bien de s’engager dans le bocage nantais. Le feuilleton n’est peut-être pas terminé.
 




Yannick Sourisseau
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