Une ou deux cantines numériques à Angers ?


Rédigé par - Angers, le 19/04/2012 - 08:16 / modifié le 19/04/2012 - 10:35


L'ouverture à Angers d'un lieu permettant aux acteurs du secteur numérique, souvent isolés, de se rencontrer, échanger des idées et travailler sur des projets communs, le fondement même d’une Cantine Numérique, commence à intéresser les entreprises locales. Pour preuve une seconde association : Angers Numérique, porteuse d’un nouveau projet de Cantine Numérique, vient de voir le jour.



Réunion de présentation d'Angers Numérique à l'EEGP d'Angers
Réunion de présentation d'Angers Numérique à l'EEGP d'Angers
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C’est parce que nous ne nous retrouvons pas dans le projet initié par l’association Maine Labs et que la Cantine d’Angers tarde à se créer que nous avons eu l’idée, avec quelques entreprises de créer notre propre association et pourquoi pas de se faire labelliser Cantine Numérique », lançait hier soir Mickaël ESNAULT, le bouillonnant patron « d’Esnault Participation », un groupe d’entreprises du secteur numérique, installées à Angers, et François REY de VAUCOURT, ex responsable d’un agence de communication, devant un parterre d’une trentaine de personnes réunies à l’EEGP (Ecole Européenne de Graphisme Publicitaire) d’Angers.

Tous les deux ont suivi de près l’évolution de l’association Maine Labs, porteuse du premier projet de Cantine Numérique à Angers, avec le soutien d'Angers Loire Métropole. Même si l’ouverture des locaux est prévue en juin 2012, les deux compères ont la nette impression que le projet piétine, en tout cas ils n’y trouvent pas un réel intérêt. L'avis est partagé par quelques entrepreneurs de leur cercle d’amis.

Convaincus qu’ils pouvaient aller plus vite puisqu’ils n’avaient pas à attendre d’éventuelles décisions des collectivités, les deux chefs d’entreprise ont décidé de créer leur propre structure, sous forme d’association et de présenter leur projet. Leur objectif : avoir un dossier suffisamment abouti pour pouvoir revendiquer la labellisation Cantine Numérique. Mais pour l’heure il faut trouver des locaux en centre-ville, des financements et surtout des adhérents. Même si le projet avance à grands pas, rien n’est acquis pour autant du côté d’Angers Numérique, dont l'avantage, et non des moindres, est de ne dépendre de personne. Mais cette nouvelle structure possède un autre argument : un carnet d’adresse conséquent et des relations de niveau international.

« Il y a déjà un projet en cours, avec Maine Labs. Pourquoi n’avez-vous pas cherché à rapprocher vos idées plutôt que créer une seconde association », lance l’un des invités à la réunion, lequel a vraisemblablement participé aux réunions de l’autre structure. « Nous ne sommes pas concurrents, mais le projet de Maine Labs peine à se concrétiser et nous pensons que nous avons les moyens de faire autre chose », répond Mickaël ESNAULT, dont le projet est en tous points identique à celui de Maine Labs, à la différence près que le sien est plus tourné vers le monde des affaires alors que celui de Maine Labs, serait orienté vers la culture et la création. Deux projets qui pourraient être complémentaires en quelque sorte.

Le risque de semer la confusion et de faire douter

« Nous suivons avec intérêt le projet d’Angers Numérique. A ce jour, à part l’idée que nous connaissions, il n’y avait pas de structure derrière. Aujourd’hui l’association existe et nous sommes plusieurs à penser qu’une rencontre est possible entre les deux structures et qu’un rapprochement doit être étudié », expose le secrétaire de l’association Maine Labs, présent dans l’assemblée. « Nous sommes aidés par les collectivités locales et même si le projet est ficelé, les décisions sont parfois longues à prendre », qui plus est en période électorale majeure.

Une chose est acquise désormais sur les bords de la Maine, le marché du numérique s’installe et commence à intéresser de plus en plus de monde, d’autant que comme le souligne Mickaël ESNAULT : « nous avons besoin de talents dans ce secteur en pleine croissance et il faut tout faire pour qu’ils viennent à Angers et qu’ils y restent ».

Reste que les personnes intéressées pourraient, si plusieurs structures similaires se créent, ne plus savoir à quel saint se vouer et finir par ne plus s’y intéresser du tout. « Je suis venu pour m’informer, car je connais le projet de Maine Labs, mais je ne vois pas en quoi celui d’Angers Numérique est différent si je m’en réfère au contenu de leur site web », disait un participant en arrivant.

Du coté de Maine Labs, on ne semble pas inquiet pour autant, le projet se poursuit, les commandes sont en cours de passation pour les travaux d’aménagement des locaux de l’ancienne maison du tramway et le recrutement de l’animateur de la Cantine devrait être clos début Mai. Il faut peut-être rappeler aux initiateurs d’Angers Numérique le proverbe très connu : « rien ne sert de courir, il faut partir à point ». Mais les informations binaires se propageant à la vitesse de la lumière sur l’ensemble de la terre, nombreux sont ceux qui voudraient raccourcir les délais. Dans tous les cas, il n’y aura pas deux structures labellisées Cantine Numérique à Angers…




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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