Une petite annonce en catimini pour vendre Technicolor Angers


Rédigé par - Angers, le 24/05/2012 - 17:13 / modifié le 25/05/2012 - 13:37


De mémoire de syndicat, c’est du jamais vu. Les salariés de Thomson SAS Angers (Technicolor) ont appris par la presse que leur site de production était à vendre, une petite annonce diffusée dans le journal économique les Echos ayant retenu leur attention. Une douche froide pour les 340 employés qui se trouvent relégués au rang de simple objet dont on cherche à se débarrasser.



Une petite annonce en catimini pour vendre Technicolor Angers
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A défaut de déménager leur site de production comme certains employeurs voyous l’ont fait pendant les vacances, le groupe d’équipements électroniques et audiovisuels Technicolor qui exploite le site industriel de Thomson Angers est passé discrètement par les petites annonces.

« Spécialiste de la fabrication d’équipements électroniques et audiovisuels reconnu pour la polyvalence et la qualité de sa production, société implanté à Angers (Maine et Loire), 340 salariés, recherche un ou plusieurs industriels intéressés par la reprise partielle, des activités du site dans le cadre d’une stratégie produits renouvelée », peut-on lire sur l’annonce diffusée sur le journal Les Échos.

« Ils se fichent de nous. On n'a pas l'impression de valoir quelque chose, on est moins que rien », déclarait une des salariés de l'usine Thomson SAS, un des fleurons français de la fabrication de téléviseurs et autres produits audiovisuels, au micro d’Europe 1. « Être mis comme ça dans des petites annonces c'est comme un peu comme un vieux véhicule qu'on met en vente. On n'est plus du tout considéré »

Même si la direction de Thomson Angers assure de son côté qu'il s'agissait juste d'un moyen d’élargir la recherche de candidats, la méthode a de quoi faire frémir, surtout quand les employés, principaux concernés par cette reprise ne sont pas informés. Se savoir vendu comme du simple bétail n’est pas du meilleur effet auprès de salariés déjà largement traumatisés par la mort annoncée de leur outil de travail.

Pour les syndicats de l’usine Thomson Angers qui comptait plus de 2000 salariés au plus fort de sa production industrielle, dans les années 90, il s’agit avant tout d’une méthode délibérée des responsables de Technicolor pour mettre en faillite l’entreprise, tout en faisant croire qu’ils cherchent une solution pour assurer sa pérennité.

« Technicolor a organisé cette situation afin de faire entendre au tribunal de Nanterre une cessation de paiement permettant de faire l'économie de ce qu'ils doivent aux 340 salariés. Ils veulent se débarrasser de nous sans que ça leur coûte un sou », affirmait Martine Guilbert de la CGT sur Europe 1.

Depuis le début de la semaine, les élus de droite, comme de gauche se mobilisent et en appelle au ministre du Redressement productif, Arnaud MONTEBOURG, afin qu’il prenne les choses en main. Ce dernier qui reçoit tous les jours des annonces (pas petites) de plans de licenciement va avoir du pain sur la planche pour se sortir de ces dossiers. Les élus veulent surtout que le ministre impose un moratoire au groupe Thomsom Technicolor afin de trouver, avec d’autres entreprises du secteur électronique de la région des Pays de la Loire, le temps d’étudier une solution acceptable.




Jacques FINOT
Web journaliste aux grandes oreilles, dont l'essentiel du travail consiste à écouter et relever les... En savoir plus sur cet auteur















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