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Samedi 20 Septembre 2014







Université d'Angers, dynamique, performante et... déficitaire


Rédigé par - Le 17/09/2012 - 20:20 / modifié le 18/09/2012 - 15:39


Formations nouvelles, développement de l'apprentissage, guichet numérique, chantiers multiples... Les responsables de l'Université d'Angers viennent de faire le point sur la rentrée, prédisant une stabilisation de ses effectifs autour des 20000 étudiants et ne cachant rien de ses soucis financiers.



Jean-Paul Saint-André, président de l'Université d'Angers : "Sans moyens supplémentaires, nous n'arriverons pas à faire face à la situation"
Jean-Paul Saint-André, président de l'Université d'Angers : "Sans moyens supplémentaires, nous n'arriverons pas à faire face à la situation"
Au 10 septembre, 10274 étudiants étaient inscrits à l'Université d'Angers. En légère progression (+1,38%) par rapport à l'an passé à la même époque, cette comptabilité ne prendra véritablement son sens qu'à sa clôture le 15 janvier prochain, date de la transmission au ministère des effectifs complets, appelés bien évidemment à s'étoffer, d'ici là, selon les filières.

"On sera entre 19000 et 20000 étudiants" prédit Jean-Paul Saint-André, le nouveau président de l'université publique, satisfait de voir ses effectifs se stabiliser. Stable aussi, la part des primo-entrants qui devraient se situer autour de 3500 étudiants.

Taux de réussite excellent

Pour tous ces frais bacheliers et ses autres nouveaux venus, l'Université d'Angers dispose aujourd'hui d'un atout de confiance imparable : son taux de réussite en licence en trois ans, près de 59% soit 16 points de mieux que la moyenne nationale. C'est tout simplement le meilleur de France !

Au delà de la qualité de l'enseignement, ses responsables rapprochent cette réussite de tous les efforts menés ces dernières années pour accueillir et accompagner les étudiants : visite du campus en classe de première, réseau d'ambassadeurs, tutorat d'accueil, double entretien annuel avec un enseignant référent... "C'est l'ensemble de l'offre qui fait son originalité" estime Christian Roblédo, son vice-président.

De nouvelles formations

Licence en deux ans en Sciences
Parmi les nouveautés du portefeuille de formations, celle-ci pourrait bien satisfaire certains choix d'orientation. La Faculté des sciences propose désormais une 1ere année de licence en deux ans. Pour permettre une remise au niveau de la Terminale S dans certains disciplines (mathématiques, physique, chimie...) aux étudiants n'ayant pas précisément suivi ce cycle.

Licence Sciences économiques et de gestion
Les licences AES et "Économie, gestion" sont regroupées en une même licence, proposant une première année d'enseignement commun et un choix à l'issue de celle-ci, parmi trois options : gestion, économie ou administrations.

Licence professionnelle chargée de clientèle particuliers
Une nouvelle formation créée par la Faculté de droit, d'économie et de gestion en partenariat avec le Centre de formation de la profession bancaire.

Autres nouveautés, une licence professionnelle Métiers de la comptabilité, destinée aux futurs collaborateurs de cabinet d'expertise comptable, et un Master de sciences pharmaceutiques.

Quatre nouvelle formations seront aussi proposées, sous la forme de l'apprentissage, en lien avec la Région Pays-de-la-Loire : deux licences pro (biologie analytique et expérimentale des micros organismes du végétal et de l'animal, maîtrise de l'énergie et des énergies renouvelables) et deux masters (management qualité, risques et sécurité du secteur de la santé, solutions informatiques libres).

La recherche d'excellence

Plusieurs nouvelles formations, dites d' "excellence", rejoignent aussi l'offre universitaire angevine. Ainsi, un doctorat conjoint en nanomédecine et innovation pharmaceutique est lancé, en partenariat avec d'autres établissements européens (Liège, Louvain, Nantes, Nottingham et Santiago de Compostela), le CHU, des clusters et des entreprises. L'occasion pour 12 étudiants de devenir doctorant, en s'enrichissant d'environnements universitaires différents.

Toujours dans le domaine de la santé, le Réseau des écoles de management et d'ingénierie de la santé (Remis) est relancé à la faveur des investissements d'avenir. Il propose des formations allant de la licence au master.

L'accueil des étudiants étrangers repensé

Le bureau d'accueil des étudiants étrangers a vu son champ d'actions élargi, afin de devenir un interlocuteur quasi unique pour ceux-ci. Plus de 2300 étudiants sont concernés. Des effectifs que les responsables universitaires souhaitent voir grandir encore. A noter que le Centre d'études français pour l'étranger (CEFE) est désormais dirigé par le Pr Julien Kilanga, ancien recteur de l'université de Lubumbashi (République démocratique du Congo) et ancien cadre de l'Organisation international de la francophonie, dont il est une figure reconnue.

Un guichet numérique unique

Développé "en interne", l'environnement numérique de travail a été lui aussi repensé pour offrir plus de confort de recherche aux étudiants, chercheurs et enseignants. Courrier électronique, emplois du temps, e-pédagogie (via la plateforme Moodle), vie culturelle de l'université... Les services apparaissent désormais, classés par rubrique, sans menu déroulant. Et il est possible d'y accéder via son smartphone.

60 millions d'euros de travaux

Sept opérations immobilières, programmées dans le cadre des contrats Etat-Régions, seront menées ou engagées cette année, portant à terme le parc immobilier universitaire de 168000 m2 à 180000 m2. Citons la restructuration de l'IUT d'Angers et la construction d'un nouveau département génie informatique industrielle (11,82M€), la restructuration de la Faculté de médecine (4,86M€), l'extension de l'ISTIA (1,85M€), la remise aux normes du secteur ingénierie-santé de l'UFR Pharmacie et la construction, à plus long terme, de l'Institut du Végétal.

Une situation financière très tendue

L'argent, parlons-en ! C'est le gros problème de l'Université d'Angers. Et ses responsables ne s'en cachent pas le moins du monde. "La situation est extrèmement préoccupante. Il nous manque 300 postes et 5 millions d'euros chaque année sur un budget global de 140 millions" résume Jean-Paul Saint-André. Le déficit court depuis trois ans. En cause, l'identité même de l'université, petite parmi les grandes de l'Ouest, donc moins dotée alors même qu'elle s'est spécialisée dans certaines formations (végétales, santé, pharmacie...) coûteuses en investissement et en fonctionnement.

Pour faire face à l'urgence, rappelons qu'un plan d'économie portant sur la suppression de 25 postes à été mis en œuvre. Un crève-cœur à écouter Jean-Paul Saint-André qui escompte bien "réactiver" l'ensemble des postes au 1er janvier prochain. "C'est très tendu dans certains services et il ne faudrait pas que ça provoque de la démotivation."

Le ministère a été alerté à plusieurs reprises. Pour le moment, deux inspecteurs des finances assistent les gestionnaires de l'université. "Sans moyen supplémentaire, nous n'arriveront pas à faire face à la situation. Nous ne pouvons aller au delà en terme d'économie et je me refuse à couper dans les budgets de recherche" insiste le président de l'université.

Une demande de rendez-vous a été formulée en haut lieu. Mais la réponse n'est pas arrivée. Seul motif d'espoir, les intentions ministérielles affichées ces dernières semaines, évoquant la nécessité de soutenir en priorité les universités les moins bien dotées.



Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Anthony le 18/09/2012 20:39 | Alerter
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La Région trouve sans doute normal qu'une université (dont le but premier est d'assurer un avenir à nos jeunes) doivent attendre pour entreprendre 60 M€ de travaux.

Par contre pour construire un gigantesque aéroport inutile de 560 M€ il y a urgence..!!

Tout ça est d'une implacable logique et pourtant....

2.Posté par podz le 19/09/2012 11:57 | Alerter
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la région préfère investir dans un tramway et un tunnel pour assouvir les désirs des amis fortunés de la municipalité plutôt que de s'occuper de l'éducation... un gâchis financier qui aurait pu contribuer à l'essor de l'université d’Angers et lui assurer une meilleure visibilité nationale voire plus.
Mais bon réjouissons nous de pouvoir aller de la roseraie à Avrillé sans prendre notre voiture... arf
























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