Valéo abuse-t-il du travail intérimaire ?


Rédigé par - Angers, le 04/03/2016 - 12:15 / modifié le 04/03/2016 - 15:58


La question ne se pose plus pour la CGT, qui vient de saisir l'Inspection du travail. Selon le syndicat, 30% des agents qui produisaient en janvier les systèmes d'éclairage du site Valéo d'Angers-Ecouflant, étaient intérimaires. Une pratique "institutionnalisée", dénonce-t-il. Un "recours structurel", se défend la direction du groupe.



Gilles Mapelli, délégué syndical CGT, Aurélie Sagna, secrétaire du CHSCT, Didier Testu (Union locale CGT), Sophie Augereau, secrétaire- adjointe CHSCT, David Olivier, élu au comité d'entreprise. Tous dénoncent le recours abusif au travail intérimaire, pratiqué chez Valéo à Angers.
Gilles Mapelli, délégué syndical CGT, Aurélie Sagna, secrétaire du CHSCT, Didier Testu (Union locale CGT), Sophie Augereau, secrétaire- adjointe CHSCT, David Olivier, élu au comité d'entreprise. Tous dénoncent le recours abusif au travail intérimaire, pratiqué chez Valéo à Angers.
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C'est un pavé que la CGT vient de jeter dans la mare du premier employeur industriel privé de l'agglomération d'Angers (environ 1100 salariés). Et un intéressant cas d'école que l'organisation syndicale a choisi de soulever à l'heure où opposants et partisans de la loi de réforme du travail fourbissent leurs arguments.

Selon la CGT, majoritaire au sein du site de production angevin de Valéo Vision (lire plus bas), 235 employés intérimaires ont travaillé en janvier sur les chaînes de production du site d'Ecouflant, aux côtés des 525 agents titulaires, soit 30% de l'effectif total de la production. Une proportion qui "dépasse tous les cadres légaux", dénonce le syndicat. "Le problème, c'est que ça ne date pas d'hier. La part des intérimaires au sein de la production est régulièrement au dessus des 20 à 30% sur le site, ce qui ne correspond plus au surcroît d'activité mais à un principe organisé" pointent de concert, Gilles Mapelli, délégué CGT, et Didier Testu, de l'Union locale CGT d'Angers.

A l'appui de leurs propos, ils rappellent les condamnations dont à fait l'objet par le passé Valéo, déjà sur ces questions d'usage abusif de salariés intérimaires, en 2000, 2003 et 2007. Ils pointent aussi la présence physique sur le site même d'Ecouflant de représentants de deux agences d'intérim et dénoncent "une rotation organisée" des recrutements : "Valéo évite que les intérimaires restent plus de 15 mois, pour ne pas s'exposer à la loi." 
"Chaque site de Valéo doit s'adapter au quotidien, à la demande de ses clients constructeurs et être capable de livrer en temps et en heure." Valéo

Du côté du service de communication du groupe Vaélo, on évoque un recours "très structurel, propre à notre industrie automobile qui nécessite une grande flexibilité. Chaque site de Valéo doit s'adapter au quotidien, à la demande de ses clients constructeurs et être capable de livrer en temps et en heure." Des arguments qui, selon Didier Testu de la CGT, ne peuvent pas suffire à justifier ce qu'il qualifie de "travail illicite". Car au fond, interroge la CGT, pourquoi Valéo n'embauche-t-il pas ?

"Entre 2012 et 2015, le chiffre d'affaires d'Ecouflant a progressé de 60 millions d'euros , les performances industrielles du site sont bonnes et il a reçu 7,5 millions d'euros de crédits d'impôts (1)... et pourtant aucun plan de recrutement n'a été réalisé depuis 2011" souligne David Olivier, élu au comité d'entreprise. Les transferts d'emploi du site de production d'alternateurs de la Roseraie, fermé n'ont concerné qu'une trentaine de salariés et n'ont pas réduit le recours aux intérimaires. Et Valéo n'hésite pas à confier des heures supplémentaires à ces derniers : "1075 en janvier pour un total de 4678 heures supplémentaires sur le mois" ajoute David Olivier. 

Aussi la CGT pose-t-elle deux revendications : la réduction du taux d'intérim entre 15 et 17% et l'embauche de 150 personnes, "ce qui réduirait le nombre d'intérimaire une centaine de personnes" précisent ses responsables. Des revendications qu'elle double d'une menace :  la saisie, en sus de l'Inspection du travail, des prud'hommes, voire du Tribunal de grande instance. Comme il y a quelques années. "C'est là où notre crainte rejoint le débat national, appuie Didier Testu, On a le sentiment que Valéo voudrait voir se mettre en place un CDI-intérim pour gérer comme il l'entend ses heures supplémentaires."

Un site stratégique du groupe Valéo
Premier employeur industriel de la région angevine, l'usine Valeo Eclairage d'Ecouflant produit des projecteurs et systèmes d'éclairage automobile, notamment pour les marques Peugeot, Renault. Land Rover, Jaguar, Mercedes, Porsche... Elle est l'une des principales unités du pôle "systèmes de visibilité" de l'équipementier automobile, lequel pôle pèse, avec 4,4 milliards d'euros, plus du 1/4 du chiffre d'affaires du groupe. Le site angevin dispose notamment d'un site de Recherche et Développement reconnu (plus de 300 salariés), lequel a été conforté ces dernières années avec plusieurs dizaines d'emplois créés.




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