Vertige de la mort pour Alain Bashung


Rédigé par yannick Sourisseau - Angers, le Dimanche 15 Mars 2009 à 15:30


Il en fallait du courage, alors qu’il était rongé par la maladie, pour chanter comme il l’a fait aux Victoires de la Musique, il y a quinze jours. Alain BASHUNG se savait condamné, mais il a tenu à cet au revoir à l’ensemble du milieu musical avant de se laisser emporter par la mort. Ceux qui l’appréciait, garderont cet image d’un homme affaibli, mais toujours debout, quoique il arrive.



Alain BASHUNG, lors de son dernier concert, aux 24ème Victoires de la Musique.
Alain BASHUNG, lors de son dernier concert, aux 24ème Victoires de la Musique.
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« Ca réchauffe le cœur » disait Alain BASHUNG en soulevant avec peine l’un des trois trophées, dont celui d’interprète de l’année, pour son album « Bleu Pétrole », lors des 24ème Victoires de la Musique. Tous savaient que leur ami était à l’article de la mort. Ils ont tenu à lui rendre cet hommage appuyé, avant qu’il parte définitivement, faisant de lui le chanteur le plus titré de cette cérémonie.

C’était un grand moment d’émotion, que l’artiste, s’il avait pu, aurait aimé mettre en chanson. Malheureusement, la vie trop courte, ne lui en a pas laissé le temps. Lui qui chantait « Vertige de l’amour » l’un de ses plus beaux succès, nous a quitté, hier 14 Mars en fin d’après midi, à l’âge de 61 ans. Il était atteint d’un cancer d’un cancer du poumon depuis l’automne 2007.

Né le 1er décembre 1947 d'un père qu'il n'a pas connu et d'une mère ouvrière, Alain BASHUNG, vivait dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris. Ceux qui le connaissaient parlent de lui comme d’un homme simple, facilement abordable qui n’avait rien d’une vedette du showbiz. Perfecto et jean moulant du temps de Gaby, un autre titre à succès, BASHUNG, était un enfant du rock inspiré par Elvis Presley, Gene Vincent ou encore Buddy Holly. Il avait su marier avec délice, le rock et la chanson française, ce qui n’était pas une mince affaire.

BASHUNG occupait depuis plusieurs années, la place enviée de Serge GAINSBOURG, celle d’un poète excentrique et solitaire qui savait séduire le grand public comme les amateurs de bonne musique.

Plusieurs tubes ont jalonné la carrière de cet artiste inclassable qui n’a jamais cédé à la facilité commerciale: Gaby, Vertige de l'amour (1981) Osez Joséphine (1991), Ma petite entreprise (1994), La nuit je mens (1998) et dernièrement Résidents de la République (2008).

Mais BASHUNG était aussi un passionné de cinéma. Il a tourné plusieurs films sous la direction de Fernando Arrabal ou Patrice Leconte. Il aimait beaucoup les films noirs et transposait cette ambiance dans ses concerts, où il apparaissait souvent vêtu de sombre, les lunettes noires sur le nez. Alain BASHUNG a été fait chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur en janvier 2009.

La dernière venue d’Alain BASHUNG à Angers date de Novembre 2006 où il était venu chanter, avec d’autres artistes dans le cadre d’un concert de soutien pour la reconstruction de villages endommagés par la guerre au Liban.











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