Vins bios : « On a prouvé que c’était possible »

La conquête du bio (3/5)


Rédigé par Patrick TOUCHAIS - Angers, le 29/06/2016 - 07:30 / modifié le 28/06/2016 - 23:12


Ils étaient une poignée – un peu marginaux – il y a une vingtaine d’années. Les vignerons bio font désormais largement partie du paysage d’Anjou. Rencontre intergénérationnelle au cœur du vignoble entre des pionniers, Catherine et Philippe Delesvaux et un jeune installé, Adrien de Mello.



Catherine et Philippe Delesvaux (à droite) en grande discussion sur la viticulture bio avec Adrien de Mello à Saint-Aubin de Luigné.
Catherine et Philippe Delesvaux (à droite) en grande discussion sur la viticulture bio avec Adrien de Mello à Saint-Aubin de Luigné.
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« Comme tout le monde, on a fait de la chimie ». Parisien d’origine, Philippe Delesvaux arrive en Anjou en 1978 pour s’installer comme agriculteur, après une formation idoine. A Saint-Aubin de Luigné, sur les hauts de la Corniche angevine, il partage son temps entre trois hectares de vignes et un élevage de vaches jusqu’en 1982, où il décide de se spécialiser en vignes. Une décennie plus tard, chemin faisant, il s’interroge sur ses pratiques. Son épouse, Catherine, enseignante, n’y est pas étrangère. Adepte de « naturel, d’homéopathie », elle le rejoindra sur le domaine viticole en 1997.

« C’est une évolution lente. Il faut faire les bons choix. On était un peu des pionniers. La question était simple : est-ce que c’était techniquement possible ? Après 3 ou 4 ans de préparation, on est passé en bio en 2000 », raconte Philippe. 

Face à lui, en ce matin de mai, Adrien de Mello, tout jeune vigneron bio, installé dans le même village sur 3,5 ha, depuis un an. Les deux hommes se connaissent bien. A deux années de la retraite, Philippe parraine le jeune Breton, arrivé tout droit de Châteauneuf-du-Pape, où il a acquis une partie de son expérience. « Avec Mark Angeli, un autre pionnier de la viticulture bio en Anjou, on essaye d’accompagner les jeunes », raconte Philippe. « C’est génial ce système. Quand tu arrives, tu ne connais personne. Tu as envie de rencontrer d’autres vignerons, d’échanger. C’est précieux », insiste Adrien.

« Je casse tous les mythes sur le vigneron bio. Le côté sympa, cool, la nature, l’envie de faire son vin... Oui, mais tout cela, c’est avant tout beaucoup, beaucoup de travail." Philippe Delesvaux
Mais, pas question de brasser du rêve. « Je casse tous les mythes sur le vigneron bio. Le côté sympa, cool, la nature, l’envie de faire son vin... Oui, mais tout cela, c’est avant tout beaucoup, beaucoup de travail. Tu te lèves tôt, tu bosses toute la journée dans les vignes, à la cave. Y compris les week-ends, les vacances… ». Adrien acquiesce. Et quand, ils lâchent la vigne ou la cave, ils s’attachent à vendre leur vin, et à gérer l’entreprise. « Vigneron, c’est quatre métiers en un : agriculteur, vinificateur, commerçant, et gestionnaire », rappellent Catherine et Philippe en cœur. Attention aux fantasmes… « Il faut compter 10 ans avant de commencer à en vivre », lâche Philippe, qui a vu passer des échecs : « manque de rigueur, manque de travail, manque de technique » et encore plus de projets avortés.

Mais, l’Anjou reste une terre attractive pour les néo-vignerons bio. Ici, le prix de la vigne reste abordable, et les aînés (Mosse, Baudouin, Pithon, Angeli, Delesvaux, Ménard) ont tracé les sillons. Deux ou trois jeunes s’installent chaque année. « On a montré l’exemple. On a prouvé que c’était possible », résume Catherine, qui se souvient aussi « des débuts et des sarcasmes  de certains collègues ». Depuis, la tendance bio a pris racine, des domaines historiques ont converti leurs vignes, et les maisons de négoce ou les coopératives proposent des cuvées bio (Ackerman, Gratien-Meyer, la Cave de Saumur…). En 2015, les surfaces vignes en bio s’établissent à quelques 1 750 ha en Anjou, soit 9 % de la surface globale.

« Vous avez ouvert des portes », souligne, reconnaissant, Adrien, à ses aînés. « Il y a une dynamique bio, mais ça se développe dans toute la France. Les cavistes sont très sollicités », souligne le jeune homme, de retour d’une tournée de prospection à Paris. "Je vais plutôt travailler l’export et les particuliers en direct dans les salons ». Pour Philippe et Catherine, le marché n’est plus vraiment un souci. Régulièrement, ils manquent de vin…

La question qui fâche
Bio, biodynamie, vins naturels : comment s'y retrouver ?
Les adjectifs pour qualifier les vins, dits sans chimie, voire sans intrants, peuvent perdre un peu le consommateur. Si le label bio (AB) est identifiable facilement, celui de la biodynamie (Demeter) est moins connu. Les deux sont régis par des cahiers des charges stricts et engendrent des contrôles chez les vignerons. Les vins naturels répondent à une simple charte de bonnes pratiques. L’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) travaille à une définition cadrée de ce type de vin devenu tendance chez certains cavistes.
Au-delà de ces textes, la règle en matière de vins, c’est avant tout le plaisir du consommateur. « Un vin, ça doit d’abord être bon. Et ça c’est le travail du vigneron », insiste Philippe Delesvaux. Bio et bon ne s’accordent pas toujours aussi simplement. Surtout, face à l’épreuve du temps… 









1.Posté par Samuel le 29/06/2016 11:26 | Alerter
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Bonjour.
Un petit docu sympa pour mieux comprendre la biodynamie, avec des vignerons locaux:
Vaillant, Leroy, De Pondbriand, Joly, Gourdon, Batardière, Angeli.

https://www.youtube.com/watch?v=sdxcAsGfAKI









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