Violons élyséens pour l’ONPL


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Lundi 24 Novembre 2014 à 12:00


L’Orchestre national des Pays de la Loire s’est produit le 20 novembre dernier dans le magnifique Théâtre des Champs-Élysées. Il accompagnait les cinq violonistes finalistes du prestigieux concours international Long-Thibaud-Crespin.



Violons élyséens pour l’ONPL
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C’est une belle vitrine pour l’orchestre. C’est important d’aller jouer ailleurs, et d’autant plus dans une salle aussi prestigieuse. Et je suis heureux et fier de voir que tous les musiciens se sont complètement investis dans ce programme ». Le chef Pascal Rophé ne boude pas son plaisir, à quelques heures de se produire au Théâtre des Champs-Élysées, devant un public averti et qui compte en ses rangs la maître du violon, Ivry Gitlis, venu « en simple spectateur et non en critique ».

Le marathon musical pour l’orchestre, son chef et pour les cinq jeunes violonistes ayant accédé à la finale a commencé la veille, le mercredi, avec la première répétition. Auparavant, l’Allemande Fredericke Starkloff (24 ans), la Française Hildegarde Fesneau (19 ans), le Russe Aylen Pritchin (27 ans), la Japonaise Naoka Aoki (22 ans) et la Sud-Coréenne Kyung Ji Min (19 ans) auront dû convaincre un jury de grande classe présidé par le violoniste italien Salvatore Accardo. Le défi : mémoriser dix-sept œuvres pour s’extirper d’une liste de 151 postulants du monde entier réduite à quarante-trois puis donc à cinq. « Cela peut paraître impressionnant mais le musicien de talent fonctionne comme un sportif de haut niveau. Il s’entraîne dix heures par jour » explique un Pascal Rophé qui a placé l’exigence au cœur de toutes ses missions et notamment celle avec l’ONPL.

Pour les musiciens de l’orchestre, le travail n’est pas moins harassant. Il faut enchaîner cinq concertos (dont deux « Concertos » de Sibelius, choix de la Française et de la Japonaise), après deux jours de répétition et un troisième en amont, à Nantes, sans les solistes. « Ils ont assez de métier pour pouvoir gérer leurs efforts. Vous savez, il y a certains musiciens qui enchaînent chaque soir six à sept heures dans la fosse pour certains opéras »… le prix de l’excellence et du prestige.

"Emmener le public un peu plus loin" (Pascal Rophé)

À voir les cinq jeunes corps vibrer, de manière plus ou moins ostentatoire, avec leur instrument, on imagine les sacrifices consentis. Au final, Aylen Pritchin, auteur d’une prestation à couper le souffle, avec une œuvre d’une hallucinante difficulté (le « Concerto pour violon n° 1 » de Chostakovitch), remporte les 25 000 € de prime et tous les engagements qui vont avec. La fougue un peu brutale de Hildegarde Fesneau, la grâce un peu lointaine de Fredericke Starkloff, la placidité de Naoka Aoki et l’alliance force-douceur de Kyung Ji Min n’auront pas suffi. Mais l’on atteint ici de tels niveaux de maîtrise et d’expressivité qu’il paraît vain de parler de « perdants ».

Le premier violon de l’ONPL, Julien Szulmann, a connu le stress de cette finale. C’était en 2005, à la Maison de la Radio, avec l’Orchestre national de France. « C’est le plus prestigieux des concours en France donc cela compte dans une carrière. Et d’autant plus peut-être quand on est Français. J’avais dix-neuf ans et je n’étais pas habitué à cette pression de la compétition. Le plus dur, c’est l’accumulation des épreuves. Mais j’en garde des souvenirs forts. Et puis le violon est un instrument tellement difficile : il faut sans  cesse parfaire sa qualité violonistique et musicale ». Et comment se situe-t-on par rapport à ces jeunes solistes en devenir ? « Ce sont des concertos que l’on connaît bien. Il faut juste être à l’écoute de ce que le soliste fait, et sentir ce qu’il va faire. Pour l’ONPL, c’est aussi une question de crédibilité. Mais ce côté mini-tournée apporte une fraîcheur réjouissante ».

L’Orchestre national des Pays de la Loire conforte donc un peu plus son aura nationale et internationale. Et hors de question pour le chef Rophé de voir son orchestre s’installer dans une certaine routine. « Cette routine est normale mais il faut que l’on ait tous une ambition commune ». À l’heure où l’avenir des orchestres est menacé, Pascal Rophé se refuse à la victimisation. « C’est à nous de nous rendre indispensable auprès du public. Nous proposons un art si exigent et si largement subventionné ! Mais je crois en l’exigence et en la curiosité des gens. Mon but est d’emmener le public un peu plus loin, dans des territoires qu’il ne connaît pas forcément. Cela se joue aussi bien au niveau des œuvres que des chefs et des solistes invités. Mais pour cela, il faut de l’argent. Je cherche juste les moyens de faire mon travail correctement ».

Nouvelle étape de cet ancrage de l’ONPL dans le paysage musical français haut de gamme, le 29 mars 2015 : l’orchestre se produira dans la toute nouvelle Philharmonie de Paris.

Le concours Long-Thibaud-Crespin
Fondé en 1943 par le violoniste Jacques Thibaud et la pianiste Marguerite Long, ce concours s’est ouvert au chant, en 2010, en ajoutant le nom de la cantatrice Régine Crespin. Il est placé sous le haut patronage du Président de la République et sous la présidence d’honneur du Premier ministre. À noter que la soirée du 20 novembre était retransmise en direct sur Radio Classique.












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