Vitalité, soutien et création : le théâtre en questions... (1/2)

Festival d'Anjou : J-6


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Mercredi 8 Juin 2016 à 07:45


Vitrine institutionnelle du théâtre ligérien, le Festival d'Anjou n'en est pourtant pas l'alpha et l'omega. Sur le territoire, de nombreuses compagnies font ainsi vivre la scène locale. Etat des lieux avec plusieurs de ses acteurs, dont le directeur artistique du Théâtre régional des Pays de la Loire, Patrick Pelloquet.



Le TRPL donnera "L'Affaire de la rue Lourcine", le 15 juin au château du Plessis-Macé. Crédit photo : Etienne LIZAMBARD
Le TRPL donnera "L'Affaire de la rue Lourcine", le 15 juin au château du Plessis-Macé. Crédit photo : Etienne LIZAMBARD
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Toujours plus de compagnies…
 
Le metteur en scène et comédien Patrick Pelloquet, directeur artistique du Théâtre régional des Pays de la Loire (TRPL), basé à Cholet depuis 2001, l’affirme : « Le nombre de compagnies augmente chaque année, ici dans notre région mais aussi ailleurs dans toute la France. Faut-il s’en réjouir ? Je crois que oui. Cela témoigne d’une belle vitalité, d’une envie des jeunes de faire du théâtre et de l’efficacité des diverses écoles de formation. Mais ce foisonnement a aussi un handicap qui renvoie à la capacité de production et de diffusion. Tout le monde sollicite les mêmes réseaux. Ce problème de diffusion est général et il faudrait trouver des solutions au plan national. En attendant, chacun essaie de trouver des réponses. Il y a eu des efforts, et notamment dans la région, pour construire des équipements culturels ; le réseau des lieux de diffusion s’est agrandi. Certes, la situation de la Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire diffère de celles de la Sarthe, la Mayenne et de la Vendée, pour de simples questions de démographie. Mais, de manière générale, trop peu de moyens sont accordés en terme d’équipe et de budget de programmation. Certains espaces ne sont pas suffisamment utilisés et ne peuvent proposer une saison à la hauteur de ce qu’ils sont ».

Patrick Pelloquet.
Patrick Pelloquet.
… de disparités et de transdisciplinarité
 
Toutes les compagnies sollicitent donc ces lieux anciens ou fraîchement créés. À ce petit jeu non théâtral, beaucoup de demandes et peu d’élus, et ce « Quelle que soit la volonté des directeurs. Certains spectacles se jouent trois ou quatre fois et d’autres cinq fois plus. L’injustice se creuse de plus en plus ».
Patrick Pelloquet a constaté un phénomène nouveau depuis quelques années : la naissance de collectifs. « Ce sont des groupes pluridisciplinaires qui mêlent des écritures croisées (danse, théâtre, vidéo…). Parfois, on se réunit autour d’un thème, on crée un spectacle et puis le groupe éclate. Je pense qu’il s’agit d’une envie de revendiquer une certaine forme de liberté : on ne s’installe pas, on ne se sédentarise pas. De toute façon, le concept de troupe permanente n’existe plus. Il n’y a plus que la Comédie-Française et quelques autres troupes peut-être ».
Une chose est sûre : de plus en plus de jeunes souhaitent embrasser les métiers du spectacle, et ce malgré les difficultés financières et la fragilité du statut. « C’est une démarche risquée mais c’est une réalité qui s’amplifie si l’on compare à celle des générations précédentes. Et de nouvelles formes pour être artiste vont émaner grâce aux nouvelles technologies ».

Et le Festival d’Anjou dans tout ça ?
 
  • Un jeu sur plusieurs tableaux
Dans la continuité de sa réflexion, Patrick Pelloquet estime essentiels que les grands festivals de théâtre soient attentifs aux difficultés que rencontrent les compagnies. Nicolas Briançon, l’actuel directeur artistique du Festival d’Anjou, fait tout pour, selon lui : « Il inscrit le festival dans sa tradition - à savoir concentrer des productions nationales le temps d’un été - ce qui est normal. Mais il travaille également sur des axes qui me semblent correspondent aux problématiques que j’exposais précédemment : il ouvre le festival aux jeunes troupes via le Concours des compagnies et il est attentif aux productions régionales, et notamment celles pour le jeune public. Il permet aussi à des compagnies récentes d’intégrer la programmation et, de ce fait, d’accroître leur visibilité ».
 
  • La nécessité de créer
Patrick Pelloquet soutient sans nuance la démarche de Nicolas Briançon. « La création, c’est la vitalité d’un festival. C’est d’ailleurs pour moi l’une des missions d’une manifestation comme le Festival d’Anjou. Avignon a acquis sa renommée par la qualité de ses créations. Et il ne faut jamais oublier que Jean Vilar était un metteur en scène avant d’être un directeur de festival. Il faut absolument sauvegarder cette mission ».












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