Vol au dessus d’un nid de coucou : l’internationale des déglingués du cerveau


Rédigé par - Angers, le 29/06/2011 - 18:53 / modifié le 29/06/2011 - 19:06


Qui n’a pas déjà vu, au cinéma ou au théâtre, « vol au dessus d’un nid de coucou » ? On ne s’en lasse pas. Hier soir, dans le cadre du Concours des Compagnies, Stéphane Daurat qui présentait sa version avec la compagnie Caravane, a fait cloître comble au Ronceray. Le public a apprécié, nous aussi.



Les malades de la compagnie Caravane, dans leur salle de loisirs
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Monter une pièce tirée d’un film à succès comme « Vol au dessus d’un nid de coucou », n’est pas chose aisée. Stéphane Daurat a relevé le défi pour s’en sortir avec brio grâce à la spontanéité et au ton juste des comédiens. Résultat le public s’émeut, rie parfois, prend presque partie pour ces pauvres malades lesquels ont conservé dans les tréfonds de leur cerveau meurtri, une part d’humanité.

Présenté la première fois en 2010 au Festival d’Avignon, la pièce de Stéphane Daurat n’est pas une pale copie du film Miloš Forman dans lequel le rôle principal du film était tenu par Jack Nicholson, même si l’on retrouve les mêmes personnages. Directement inspiré du roman de Ken Kesey, paru en 1962, le film aussi d’ailleurs, l’histoire de cet hôpital où sévit une infirmière chef, Miss Ratched, véritable adjudant de compagnie, est raconté au travers du chef indien Bromden. Ce dernier, interné pour schizophrénie, s’est muré dans le silence en présence des autres pensionnaires. « Inutile de lui parler, il est sourd et muet » disent les autres pensionnaires.

Randle P. McMurphy, un voyou, se fait interner pour échapper à la prison. Touché par la détresse et la solitude des patients, pour la plupart internés depuis des années, et la dureté de Miss Ratched, laquelle impose des règles strictes, il décide de ne pas se laisser contraindre et semer la zizanie dans l’hôpital. Dans son film réalisé en 1975, Miloš Forman voulait surtout dénoncer une société conformiste et normalisatrice.

Stéphane Daurat, le metteur en scène de la Compagnie Caravane, a surtout voulu amener le spectateur à s’interroger sur cette société qui veut imposer des règles partout et laisse peu de place à l’improvisation et à la création. Pour le metteur en scène toute la question n’est pas de savoir si le personnage principal (Mc Murphy) est vraiment fou, mais bien si l’équipe médicale et notamment Miss Ratched, est bien normale.

Et l’œuvre est tellement bien cadrée, soignée jusque dans les moindres détails que l’on prend partie pour ces malades qui, sous l’influence de Mc Murphy, reçoivent une thérapie bien plus efficace que celle dispensée par le corps médical. Un peu d’air et les malades se libèrent peu à peu, au risque de rendre Miss Ratched, complètement folle.

Mais ceux qui nous gouvernent arrivent toujours à leur fin, par tous les moyens, même quand ils sont au bord du gouffre. Lobotomisé, Mc Murphy, à l’état végétatif aura perdu toute possibilité de se défendre et de poursuivre son action salvatrice au sein de l’hôpital.

Seul le chef indien Bromden, réussira à se sortir de ce carcan et à fuir vers les grands espaces de ses ancêtres. Avec des petits moyens et un décor très dépouillé, mais suffisamment réaliste, Stéphane Daurat réussi là une œuvre qui ne laisse pas indifférente sur notre condition de pauvre humain. En ces moments où l’on parle de résistance par rapport à ceux qui nous gouvernent cette pièce trouve un écho favorable et peut-être le premier prix de ce concours des compagnies. Réponse samedi prochain.




Yannick Sourisseau
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