Volpone : la cupidité des hommes n’a pas de limites

Festival d'Anjou 2013


Rédigé par - Angers, le 28/06/2013 - 17:21 / modifié le 01/07/2013 - 17:44


Mise en scène par Nicolas Briançon, « Volpone » de Ben Jonson, un contemporain et rival de William Shakespeare, est une satire sociale toujours d’actualité, qui rappelle quelques récentes affaires et notamment celles de l’héritage Bettencourt. Comme quoi le monde ne change pas et les hommes perdent leur âme dès qu’il est question d’argent.



Volpone (Roland Bertin), Mosca (Nicolas Briançon) et la Saumure (Anne Charrier) sur la scène des Arènes de Doué la Fontaine
Volpone (Roland Bertin), Mosca (Nicolas Briançon) et la Saumure (Anne Charrier) sur la scène des Arènes de Doué la Fontaine
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Présentée hier soir aux Arènes de Doué-la-Fontaine, dans le cadre du 64e Festival d’Anjou, par Nicolas Briançon, metteur en scène, mais aussi l’un des protagonistes de cette pièce en cinq actes et en vers, Volpone n’a pas attiré les foules. Avec seulement 500 spectateurs sur les 1200 que peut contenir ce théâtre romain, ça faisait un peu vide. Et c’est bien dommage, ceux qui ne sont pas venus ont manqué un grand moment de théâtre, plus contemporain que jamais.

L’intrigue de « Volpone ou le renard », de l’auteur anglais Ben Jonson, se déroule à Venise au XVIIe siècle à une époque où la république est en plein déclin, tant économique que social, rongée par la corruption et la soif de pouvoir. Un moment de l’histoire italienne qui n’est pas sans rappeler des faits récents.

Volpone que ses proches surnomment « le renard » (Roland Bertin), est à la tête d’une fortune acquise sans travailler. Célibataire et donc sans héritier direct il attire tous ceux qui convoitent sa fortune. Sur les conseils avisés de Mosca (Nicolas Briançon), son fidèle et rusé serviteur, il feint d’être à l’article de la mort lorsque les faux amis défilent à son chevet. Véritables oiseaux de proie, prêts à fondre sur leur victime, on voit arriver l’avocat Voltore, le vautour (Pascal Elso), Corbaccio, la corneille nécrophage (Yves Gasc), le vieux Corvino, le corbeau(Grégoire Bonnet), ainsi que la Saumure, une fille de petite vertu « qui se ferait bien un vieux fortuné » (Anne Charrier).

Habile organisateur d’intrigues, Mosca encourage chaque visiteur à faire un cadeau de valeur afin de s’attirer les faveurs de Volpone. « Vous êtes l’héritier désigné sur son testament. Vous êtes son préféré », dit Mosca à chacun . L’un d’eux, Corbaccio, lui confie même sa jeune épouse. L’avocat tente de l’empoisonner avec des biscuits. Tout est bon pour se retrouver sur le testament de Volpone qui, cyniquement, en abuse. Mais la fin ne sera pas à son avantage, mais à celui de Mosca, encore plus rusé que son maître.

Cette pièce aux allures de farce qui amuse et fait rire le public, n’est pas sans rappeler la récente affaire de Liliane Bettencourt et de son fidèle serviteur François-Marie Banier, lequel était accusé d’avoir trop aimé les millions de l’Oréal. Pas besoin de changer le texte, il suffit de quelques caricatures appuyées, un décor fait de coffres forts, pour faire passer l’image de l’Italie décadente vers la France d’aujourd’hui avec ses symboles de la corruption et de soif de pouvoir.

Nicolas Briançon, la mouche, le parasite, dans cette pièce élisabéthaine, s’est taillé un rôle sur mesure, encore plus cynique que son maître. Sous prétexte de l’aider, de le protéger, c’est lui qui réussira à le dépouiller après avoir réussi à faire inscrire son nom sur le testament de Volpone.

Bien sûr chacun ricane des mésaventures des différents protagonistes, oubliant un peu trop tôt que dans de nombreuses familles de Franche, riches et moins riches, chaque jour on se dispute l’héritage sur la dépouille encore fumante d’un parent. L’homme devient fou devant tout ce qui brille, et sa cupidité est sans limites. Cette pièce fort bien interprétée, dans laquelle Philippe Laudenbach (le juge) fait une brève apparition est d’un réalisme saisissant. On ne s’en lasse pas.




Yannick Sourisseau
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