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Décoration

Vous en prendrez bien un brin ?


Rédigé par - le 1 Mai 2010 à 16:15


C’est une tradition : le jour du premier Mai on offre un joli brin de muguet à celle qu’on aime en guise de porte bonheur. Cette fleur délicate, avec ses petites clochettes blanches, qui sent bon l’arrivée du printemps et surtout des chaleurs estivales, est censée apporter joie et bonheur pour l’année durant.



Un vendeur de muguet dans les rues d'Angers
Un vendeur de muguet dans les rues d'Angers
Cette année encore ils étaient à tous les coins de rue d’Angers, les petits vendeurs de brins de muguet. Enfants désireux de se faire un peu d’argent de poche avec les brins récupérés dans le jardin de leur grand-mère, associations caritatives ou scolaires, personnes sans revenus, chaque année, le jour du 1er Mai, ils installent leur panier remplis de fleurs à l’attention de ceux qui sont à la recherche du fameux porte-bonheur. Et ça marche plutôt bien. Vendu 2 € le brin, en une journée, les vendeurs bien placés, récupèrent une somme rondelette.

Du nom savant de « convallaria maïalis » ou lis des vallées, la plupart du muguet vendu en France, dans les rues et chez les fleuristes, provient de la région nantaise. Cultivé de façon intensive, tout le travail des horticulteurs locaux réside dans le fait que la fameuse fleur doit arriver à maturité, juste pour le 1er Mai, ni trop tôt, ni trop tard. Le muguet est ensuite acheminé vers les marchés d’intérêt nationaux, sur lesquels s’approvisionnent les vendeurs de rue. Pour ce 1er Mai, c’est une véritable économie parallèle qui s’organise, chacun cherchant à se faire le maximum de recette, le plus souvent sans taxes particulières. Cette pratique est tolérée par les services fiscaux, dès lors qu’elle est exceptionnelle.

Seul inconvénient, c’est que ce muguet « forcé », sur lequel on pulvérise la plupart du temps un parfum pour le rendre encore plus odorant, a une durée de vie très limitée. Même s’il est vendu dans de petits vases censés lui rafraichir la tige, le séjour au soleil du premier jour de Mai, fait rapidement tourner les clochettes, leur donnant une couleur légèrement jaune. C’est pour cela qu’il vaut mieux préférer celui que l’on cueille dans son jardin, d’autant que la plante n’est pas très difficile à cultiver. Par contre, à moins d’être un jardiner hors pair, la floraison juste pour la date fatidique, n’est pas assurée. Il suffit de planter un rhizome de muguet et celui-ci sortira sans crier gare dès la fin des premières gelées. Et il prolifère tellement qu’il deviendra vite envahissant.

La tradition du muguet du premier Mai remonte à l’époque Renaissance, en 1561 quand le roi Charles IX en offrit à toutes les dames de sa cour, en guise de porte bonheur. Par contre, la fête du travail est plus récente puisqu’elle fut créée en 1889 et associée au premier Mai pendant la seconde guerre mondiale, sous le gouvernement de Vichy. La vente du muguet dans les rues remonte à l’année 1936 lors des premiers congés payés.

Attention, si le muguet possède une fleur au demeurant sympathique, il convient de ne pas le porter à la bouche comme une simple fleur des champs en été. En effet le muguet dont la toxicité est reconnue, contient un principe actif ayant pour effet de ralentir le rythme cardiaque et d’augmenter la pression artérielle. Toutefois, à l’exclusion des enfants, il faut en ingérer une quantité importante pour être intoxiqué. Fleur, feuille, tige et même eau dans laquelle a séjourné un brin de muguet, sont toxiques. Il faut donc éloigner le muguet des enfants et en particulier des bébés qui ont tendance à tout porter à la bouche. En cas de doute il faut prévenir le centre anti-poison le plus proche.



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