WE Network, pivot d'une ambition électronique régionale

Electronique, l’heure du renouveau pour Angers ? #2


Rédigé par - Angers, le 02/06/2015 - 07:45 / modifié le 02/06/2015 - 21:44


Depuis Angers, c'est elle qui porte la stratégie collective de développement de l'industrie électronique professionnelle du Grand Ouest. Issue d'un premier regroupement en 2008 d'acteurs du secteur, l'association WE Network fédère depuis deux ans près de 200 entreprises, laboratoires de recherches, établissements d'enseignement supérieur et partenaires institutionnels autour d'une ambition commune. Sébastien Rospide, son directeur, répond à nos questions.



Sébastien Rospide, directeur de WE Network.
Sébastien Rospide, directeur de WE Network.
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Pouvez-nous préciser ce qu'est WE Network ?

"WE Network est un cluster (groupe) d'entreprises de l'électronique et du numérique du Grand Ouest dont le but est de fédérer tous ses acteurs et de développer des projets d'envergure, dans une logique de filière. Nous œuvrons à partir d'Angers qui se trouve au centre d'un écosystème assez riche dans le Grand Ouest sur ce secteur."

Pourquoi est-il nécessaire de se fédérer et de dialoguer quand on agit dans les secteurs électroniques et numériques ?

"Parce qu'aujourd'hui la recherche de taille critique et de visibilité au niveau interrégional et international est fondamentale. On a un tissu d'industriels relativement dense mais qui n'a de poids et de force à l'échelle internationale que s'il est regroupé, visible et coordonné. C'est le principe du "chasser en meute" : activer les compétences des uns et des autres au service d'un projet qui dépasse chaque entité. C'est le sens même du nom West Electronic et applications Network : on fait ensemble, on coopère, on se met en réseau."

Dans ce vaste monde de l'électronique, est-ce que tout le monde procède de la même manière ? Avez-vous une singularité ?

"La singularité que l'on défend dans le Grand Ouest, c'est plutôt de cibler un type d'activités particulier dans l'industrie électronique et numérique, à savoir la fabrication des objets et systèmes intelligents. D'autres réseaux d'entreprises existent, à commencer par la Sillicon Valley, bien connue du grand public, mais aussi à Dresde en Allemagne ou Eindhoven aux Pays-Bas, mais aucun ne concentre comme ici dans le Grand Ouest, toute une catégorie d'entreprises qui sont spécialisées dans la conception et la production d'objets et de systèmes électroniques. En terme de bassin d'emploi, ça représente près de 50 000 personnes pour la région dont la moitié en Pays-de-la-Loire, en particulier autour d'Angers."
"On a un tissu d'industriels relativement dense mais qui n'a de poids et et de force à l'échelle internationale que s'il est regroupé, visible et coordonné."

Quelles priorités vous-êtes vous données ?

"Nous développons plusieurs projets sur trois axes fondamentaux : la recherche, la formation et l'innovation. Tous ces projets regroupent un certain nombres d'acteurs, académiques, universitaires, écoles, instituts de transferts technologiques, laboratoires de recherche et, bien entendu, industriels. Un contrat-cadre, signé récemment, les réunit autour d'objectifs ambitieux jusqu'à l'horizon 2020, pour faire des Pays-de-la-Loire une région d'excellence et d'expertise en matière de conception de production d'objets et systèmes intelligents. Par système intelligents, on entend objets connectés, capteurs intelligents, smartpower -c'est à dire l'électronique pour l'énergie et l'énergie pour l'électronique-, donc de nouvelles formes de matériaux aussi pour parvenir aux objectifs que nous nous sommes fixés."

Un exemple ?

"En matière industrielle, nous avons lancé un projet de coopération d'envergure, baptisé Pleïade, pour faire de l'innovation sur des procédés de production. Et nous avons d'autres projets, pour le moment confidentiels, qui vont faire l'objet de développement dans les prochains mois et prochaines années. La Cité de l'objet connecté, qui est un projet complètement privé, s'inscrit aussi dans cette dynamique."

Il était question il y a peu encore du lancement d'un Technocampus sur le site de l'ESEO (1). Qu'en est-il aujourd'hui ?

"Nous ne sommes plus dans une logique de réaménagement des Hauts-de-Saint-Aubin autour du campus de l'ESEO. On a privilégié celle d'une concentration autour d'un bâtiment acquis récemment par l'agglomération d'Angers pour héberger la Cité de l'objet connecté (l'ex-site Radio comptoir de l'Ouest près du Parc des expositions) et une partie des projets que je viens de mentionner. On est plutôt sur une convergence de projets dans un seul et même lieu qui pourra s'agrandir puisqu'il y a des terrains constructibles autour."
"C'est vecteur de développement économique, de création d'emplois. Et ça remet au goût du jour les activités industrielles de production, ce qui est fondamental."

Pour tous ceux qui sont loin du monde des objets connectés, pas si simple de se dire que c'est ici que se joue une partie de l'avenir économique du territoire...

"Pour ne citer ne serait-ce qu'un distributeur, lorsque vous vous rendez devant la vitrine des objets connectés de la FNAC, vous percevez bien tout ce qui est en train d'émerger. Je pense à la balance connectée qui permet autour de la simple mesure du poids, de proposer toute une gamme de services de bien être, en lien avec la santé. Beaucoup d'autres projets, destinés au grand public, voient le jour. Et tous ces nouveaux dispositifs nécessitent un certain nombre de compétences techniques et d'intégration, de miniaturisation dont on dispose sur le territoire et que l'on veut développer, enrichir, sécuriser et, surtout, faire connaître. Mais il faut aussi imaginer, pour le grand public, qu'il existe tout un tas d'applications pour ces capteurs intelligents, également dans les marchés professionnels qui représentent sans doute une majeure partie du business. D'où la nécessité pour WE Network de se positionner. C'est vecteur de développement économique, de création d'emplois. Et ça remet au goût du jour les activités industrielles de production, ce qui est fondamental."

Ces marchés, ce sont aussi de grandes compétitions économiques. Dans quel état d'esprit êtes-vous à dix jours de l'inauguration de la Cité de l'objet connecté ?

"On est conquérants ! Les lumières se tournent vers la place d'Angers pour parler d'autre chose que de fermetures de sites industriels, qui étaient positionnés sur des marchés qui n'existaient plus en France, et qui, au contraire, se positionnent sur des marchés porteurs, dynamiques et sur lesquels les investissements se développent. Nous sommes donc résolument confiants.

Pour en savoir plus : www.we-n.eu
Lire aussi :
#1 Electronique, l'heure du renouveau pour Angers

(1) Ecole supérieure d'électronique de l'Ouest

Constance Nebulla et Jean-Pierre Bernheim (majorité municipale), le député socialiste Luc Belot, le maire UMP d'Angers Christophe Béchu, le directeur d'Octave Michel Perrinet, le directeur général de la CCI Cyrille Laheurte, Paul Raguin et Thierry Sachot (Eolane et la Cité de l'objet connecté).
Constance Nebulla et Jean-Pierre Bernheim (majorité municipale), le député socialiste Luc Belot, le maire UMP d'Angers Christophe Béchu, le directeur d'Octave Michel Perrinet, le directeur général de la CCI Cyrille Laheurte, Paul Raguin et Thierry Sachot (Eolane et la Cité de l'objet connecté).
Un label French Tech pour Angers et sa métropole ?
Devant l'enthousiasme et l'œcuménisme affichés lundi après-midi en conférence de presse dans les locaux de We Forge, le point d'interrogation est-il de rigueur ? Oui, car l'annonce faite de concert par le maire d'Angers, Christophe Béchu (UMP) et le député de la 1re circonscription du Maine-et-Loire, le socialiste Luc Belot -"les couleurs politiques doivent s'effacer devant l'intérêt général" (C. Béchu)- concerne pour l'heure l'acte de candidature que va déposer la ville d'Angers pour obtenir le label Métropole French Tech.
S'il est retenu, le territoire intègrera la seconde vague de labellisation et rejoindra les 9 autres métropoles françaises déjà distinguées.

Autour de la table, on chasse en meute : les deux politiques sont entourés des élus concernés, mais également du directeur général de la CCI, Cyrille Laheurte, du patron d'Octave et référent de la candidature angevine, Michel Perrinet et... de deux acteurs majeurs de l'électronique : le patron d'Eolane, président de We Network, Paul Raguin et du président de la Cité de l'objet connecté (COC), Thierry Sachot, également directeur d'Eolane. Une présence comme un symbole : c'est bien l'inauguration prochaine et en grandes pompes de la COC qui a convaincu les élus du territoire de se lancer dans l'aventure French Tech. "Le totem dont on avait besoin", mais qui ne concentre pas à lui tout seul la légitimité d'Angers au label. C'est bien "l'écosystème" évoqué dans l'interview de Sébastien Rospide qui donne au territoire "la taille critique du numérique" pour être reconnu. 

La French Tech (la réponse est attendue à la rentrée), pour quoi faire ? En gros, pour "faire savoir" le "savoir faire" d'Angers en la matière. Pour être "un accélérateur de l'accélérateur qu'est la Cité de l'objet connecté", aussi. Et mettre en lumière encore un peu plus une filière qui porte (seule, avec le végétal ?) les espoirs économiques du territoire.




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