Walter, retour en résistance : le passé revient au présent !


Rédigé par Cinéma Parlant - Angers, le Dimanche 15 Novembre 2009 à 21:33


Vendredi 13 novembre, aux 400 coups, le cinéaste Gilles Perret nous a permis de faire la connaissance de Walter Bassan, ancien résistant et déporté, un homme attachant qui a gardé toute sa capacité d’indignation : un rappel de l'actualité des grands messages de la résistance.



Le réalisateur Gilles Perret
Le réalisateur Gilles Perret
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Ce film sensible a su nous toucher. Nous y découvrons un personnage de haut savoyard, à la fois jovial et grave, souriant, étonnamment jeune à plus de 80 ans, mais qui n'a rien oublié de ce qu'il a dû affronter : 11 mois de camp de concentration, la gamelle de soupe dont chacun prélève quelques cuillères pour en donner à ceux qui n'en ont pas, des camarades qui meurent autour de soi ; terrible épreuve, qui marque à jamais : l'émotion est palpable quand il fait visiter à des jeunes un camp de concentration, et qu'il leur montre un four crématoire, qu'il évoque les cris des SS à 4 h. du matin, ou la privation de nourriture, les souffrances, l'angoisse de la mort.

Mais cette expérience donne aussi un autre regard sur le monde actuel, avec par exemple des questions fondamentales : pourquoi ce qui était possible à la fin de la guerre, dans un pays dévasté, est déclaré par certains ne plus être envisageable de nos jours ? Le Conseil National de la Résistance avait élaboré tout un programme, dans une union très large allant des communistes aux gaullistes, programme que le gouvernement de l'époque a effectivement mis en œuvre : création de la sécurité sociale, des retraites par répartition, d’un large secteur public de l'énergie et des banques, liberté et indépendance de la presse. Pourquoi tout cela devrait-il être remis en cause ? le public est beaucoup intervenu dans le débat qui a suivi la projection, donnant de nombreux exemples d’indignation face à la destruction progressive des acquis de cette époque, face aussi à l’attitude du pouvoir à l’égard des étrangers.

Ce questionnement apparaît insupportable à certains : le Président de l'Assemblée Nationale, interviewé sur l'actualité du programme du CNR et la politique présente du gouvernement, parle d'amalgame, demande que son interview ne soit pas utilisée, et écrit en ce sens au réalisateur.

Un tel documentaire décidément nous interpelle : au moment où beaucoup veulent nous faire croire qu’avec la crise, il n’y a pas le choix, ces grandes figures de la résistance, Walter Bassan, ou Stéphane Hessel (il apparaît aussi dans le film, un « être de lumière », disait un spectateur) font entendre une autre voix, bien nécessaire pour retrouver des raisons d’espérer.











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