We need to talk about Kevin : un film qui fait parler !


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Dimanche 9 Octobre 2011 à 08:46


Le récit d’une femme, Eva, mère d’un fils meurtrier, qui s’interroge sur ses responsabilités et essaie de comprendre les actes de son fils en se remémorant le passé : un passé douloureux, marqué par une haine entre mère et fils, dès la naissance de celui-ci.



Eva (Tilda Swinton ) arrive sur les lieux du drame, et découvre les atrocités commises par son fils, Kevin (Ezra Miller).
Eva (Tilda Swinton ) arrive sur les lieux du drame, et découvre les atrocités commises par son fils, Kevin (Ezra Miller).
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Eva Khatchadourian (Tilda Swinton), jeune femme ambitieuse, abandonne sa carrière pour mettre au monde avec son mari Franklin (John C. Reilly ), leur fils Kevin (joué successivement par Jasper Newell puis Ezra Miller). Mais c’est malgré elle qu’elle élève cet enfant, qu’elle tient pour responsable de sa nouvelle vie où elle ne se sent pas à l’aise. Dès lors, une relation de conflit lie les deux êtres, une relation qui empire au fil des années, à mesure que Kevin grandit. Ils ne se parlent pas, ne se comprennent pas, et surtout : ne s’aiment pas.

Franklin, le père, photographe, travaille toute la journée et ne voit de son fils que la partie souriante et chaleureuse qu’il montre lors de son arrivée. Il ne comprend pas ce qu’Eva lui reproche. Les deux hommes s’entendent très bien et Franklin contribue à assouvir la passion de son fils, le tir à l’arc. Mise à l’écart, Eva porte son amour sur Celia, la petite sœur de Kevin, née quelques années plus tard.

Les quatre personnages évoluent dans une ambiance pesante, jusqu’au jour où l’impensable se produit. Kevin, alors âgé de 16 ans, commet un acte irréparable, qui va changer à jamais la vie d’Eva.
Après cet accident, nous assistons à la vie d’Eva, une vie solitaire et triste, dans sa tentative de retrouver goût à la vie et de comprendre comment son fils en est arrivé là.

Dès le début du film, lors de la Tomatina de Bunol en Espagne, on comprend que la couleur rouge va avoir un rôle symbolique dans ce film. En effet, omniprésente dans beaucoup de scènes par l’intermédiaire d’une voiture, de la peinture sur la maison d’Eva, de boîtes de conserve, de vêtements, d’appareils électroménagers, d’une peluche ... elle symbolise le sang, la violence, et donc les agissements de Kevin, qui hantent encore Eva dans son présent. Le film alterne subtilement entre le passé et le présent, grâce au rouge, mais aussi aux sons (par exemple : le bruit d’un outil lui rappelant les pleurs de Kevin), ou aux lumières floues, qui rappellent les ambulances.

On entre dans l’intimité des personnages de Kevin et Eva grâce à des gros plans réussis, notamment celui où la pupille de l’œil de Kevin se transforme en cible. On peut également noter un très beau montage, quand les visages d’Eva et Kevin se confondent dans l’eau du robinet.

Dans ce film présenté en compétition au festival de Cannes 2011, les cadres sont superbes et toujours pensés jusqu’au plus petit détail. Les performances des acteurs sont remarquables, notamment Tilda Swinton dans le rôle de la mère désemparée. Le film s’intéresse beaucoup aux actes des personnages, à leurs émotions, et donc les dialogues ne sont pas toujours présents. Il y a quand même certaines phrases qui marquent, comme Eva disant à son fils : « Kevin, tu sais que maman était heureuse avant que tu n’arrives. »

Un film dont on ressort émotionnellement et psychologiquement remué, mais qui, par sa réalisation et ses jeux d’acteurs, mérite d’être vu !

Justine.












Angers Mag