"Xenia" fait sa Féta la morosité


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le Dimanche 29 Juin 2014 à 08:06


La 30e Fête du cinéma, c'est à partir de ce dimanche et jusqu'à mercredi un tarif unique à 3,50€ la séance partout. L'occasion de revoir des chefs d'œuvres ou de découvrir des films récemment sortis. Comme "Xénia" du grec Panos Koutras, ou l'art de faire sa féta la morosité, armé d'une frivolité pour tous publics. Bientôt juré à Premiers Plans, Koutras ?



"Xenia" fait sa Féta la morosité
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"Avec "Xenia", je voulais prendre ma revanche sur "L'Attaque de la moussaka géante"". C'est en ces termes que, lors de sa venue aux 400 Coups il y a peu, Panos Koutras, cinéaste hellénique au charme mutin, s'est exprimé. Flashback : en 1999, avant de quitter la France et une capitale où, en filigrane, on devine que le gus s'est correctement diverti, sort ce long-métrage dont tout le sérail cinéphilique causait.

L'été étant propice aux écarts de conduite et aux plaisirs coupables, nombreux sont alors allés voir la chose. Résultat : un objet totalement kikoulol, à faire passer l'intégrale de Max Pécas pour une plaisanterie-cinquième partie de soirée cathodique. Koutras a-t'il souffert de ce bagage roboratif, de "ce navet" un peu relou, pas spécialement distingué malgré un substrat politique sous-jacent ? La réponse est dans cette "revanche" soft.

Revanche et non revenge, vengeance en çaifran dans le texte. Et pourtant, la tentation put être grande de balancer un 4ème film en forme de doigt d'honneur. Dans le collimateur d'une extrême droite néo-nazie, ce proche du défunt et palmé d'or 98 Théo Angelopoullos - "avec qui j'ai eu quelques différends lors de la sortie de "Strella" (1) en 2009 mais contrairement à lui, "je ne suis ni politique ni un militant" - , Koutras ne semble pas avoir de stigmates.

Signe d'une notoriété croissante après son passage à Cannes et le succès surprise de "Xenia", c'est Claude-Eric Poiroux, le patron des 400 Coups et de Premiers Plans himself qui, avant le rituel des questions-réponses, s'est fendu d'une belle sollicitation : devenir juré, voire d'un prochain Premiers Plans. Ce qui constituerait un excellent coup et instillerait un peu d'indolente perversité dans les délibérations et le palmarès.

De Haneke à Ozon

Car, corrobore, le sourire en coin, celui d'un ado mutant, Panos Koutras : "je suis un pervers". A l'image de cette scène de Xénia hallucinante d'inventivité formelle frôlant le génie - portable et revolver de face, en pleine tronche, soient deux violences réunies, celle d'une télé-réalité qui broie et celle d'un flingue aux abois prêt à dégommer le vrai ou faux paternel - qui n'est pas sans rappeler Haneke. "L'issue frontale en moins".

Car "Xenia", sans avoir mis sous le tapis les provocations d'antan, réinvente le logiciel d'un cinéaste gourmet et polymorphe. Dans l'itinéraire tracée par Danny et son frère Odysséas vers la Théssalonique où ils comptent bien retrouver leur daron grec afin qu'il les reconnaisse officiellement, il y a comme une géographie ciné ultra référencée qui évite le copier-coller.

Ici, Haneke via "Funny games" et le simulacre, cette attirance pour le mensonge propre au septième art, cette aptitude à nous la mettre joyeusement à l'envers - le coup du lapin est à cet égard très habile. Là, Ozon, "dont je n'ai vu aucun film", ce dont on doute, et sa fantaisie chorégraphique de "goutte d'eau sur pierre brûlante". Il y a même du "Glee" saison 2, confère cette adorable séquence où, tels Blayne et Kurt, Danny emballe tendrement, passionnément un bogoss prétendant au "Pop Idol" local.

Dans sa tentative réussie de pacifier son travail et son rapport au monde, de se rendre plus accessible sans se renier ou volonté stérile de choquer le bourgeois, Koutras insuffle une charge poétique à son film. Conséquence évidente d'un tournage, marque de fabrique, avec des non-professionnels trouvés à l'issue d'un an et demi de casting. "A travers eux, tranche le cinéaste, c'est la crise permanente". Celle incandescente et universelle de l'adolescence, d'un amour fraternel abonné aux esclandres mais "qui m'a redonné une envie folle d'entamer une nouvelle partie de ma vie". Et ce malgré le chaos qui régit un pays natal "en proie à la débrouille".

Oui, chez Panos Koutras, aucune velléité de vengeance mais une patente quête de quiétude. A l'image de ces deux frangins qui vont finir par s'apprivoiser. A l'instar de cet hôtel décati où, en diérèse narrative comme une respiration, ils se parlent. Enfin. Dans ce Xanadu à la grecque*, en friches, baptisé... "Xenia". "Ca signifie hospitalité", indique Koutras. Bienvenu chez lui.

"Xénia" de Panos H. Koutras. Au 400 Coups, séances à 15h30 - 22h10. Séance supplémentaire dimanche à 11h00.

1) Un récit mêlant inceste et transsexualité que Koutras a retiré de la Biennale de Venise pour protester alors contre la politique de financement du cinéma grec.












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