« Y’a d’la joie » : le remède anti-crise de Nicolas Briançon

Festival d'Anjou 2013


Rédigé par - Angers, le 12/06/2013 - 08:28 / modifié le 12/06/2013 - 20:09


Le directeur artistique du Festival d’Anjou, Nicolas Briançon, aurait-il pété un câble ou souhaite-t-il se saborder pour quitter au plus vite un poste pour lequel certains lui ont déjà trouvé un remplaçant ? Une chose est sûre, que l’on aime ou pas, sa dernière création présentée en ouverture mardi soir n’a pas laissé indifférent le public angevin.



11 comédiens, chanteurs, danseurs et musiciens sur scène pour un spectacle haut en couleurs, irrévérencieux, fou et déjanté
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Serait-ce la dernière édition du Festival d’Anjou pour Nicolas Briançon ? Au bout de 10 années à la direction artistique du premier événement théâtral du Grand Ouest, et du second en plein air par le nombre de spectateurs (26 200 l’an dernier), le comédien et metteur en scène aurait envie de tourner la page comme il nous le confiait dernièrement .

« J'y pense en effet. J'ai vécu des moments merveilleux durant ces 10 ans et je crois qu'il est temps de passer à autre chose », déclarait Nicolas Briançon, lequel « se donne encore un an pour restructurer le festival et proposer de nouvelles collaborations ». Certains lui ont même déjà trouvé un remplaçant en la personne de Françis Huster, selon notre confrère Ouest France.

Mais Nicolas Briançon, qui est apparu fatigué, lassé de la scène du Plessis-Macé (c’était pour les besoins de son spectacle), devrait au moins assurer la direction de la 65e édition si l'on en croit ses propos.

Ce n’est donc pas pour se saborder qu’il a monté « Y’a d’la joie ! … Quand même ! », mais bien pour s’amuser et tenter de faire rire le public de notables locaux invité comme chaque année, à la première du festival. « En montant ce spectacle, j’ai beaucoup ri », déclare Nicolas Briançon. « L’humour a toujours été important dans ma vie et quand j’étais enfant, je hurlais de rire en écoutant Pierre Dac et Françis Blanche ».

Amuser la galerie en créant une revue cabaret loufoque et déjantée, voici un registre qu’on ne lui connaissait pas vraiment, tout au moins devant le public un tantinet sage de l’Anjou. Mais pourquoi pas. Il avait déjà tenté le coup en faisant venir Jérôme Savary, un spécialiste du genre, au château de Brissac en 2009 et ça avait plutôt bien fonctionné.

Dans le genre, ça passe ou ça casse. Et le public angevin s’est montré partagé sur le sujet, certains riant aux larmes, d’autres appréciant moyennement, les « grossièretés » lâchées à leur intention par une troupe qui n’en rate pas une pour se moquer « de ceux qui ne payent pas ou qui sont largement subventionnés ». Pas sûr que tout le public du Plessis-Macé ait apprécié la chanson paillarde du curé de Camaret ou La Digue du Cul, les allusions au sexe ou à l’homosexualité, surtout dans une région très partagée sur le sujet.

Mais après tout, détourner des chansons du répertoire français, fort bien interprétées, pour faire allusion aux plaisirs charnels n’a rien de choquant. « Ça change des pièces du répertoire classique que nous avons l’habitude de voir dans ce festival. J’ai beaucoup ri », disait une spectatrice en quittant le spectacle. « Je n’ai pas aimé du tout », tranche un autre. « Briançon nous a habitué à mieux. Même Le Songe d’une Nuit d’Eté de l’an dernier, que je trouvais déjà osé, était beaucoup mieux ». Preuve qu’il en faut pour tous les goûts et que le Festival d’Anjou est encore capable de procurer de l’émotion, du rire et des larmes, même sous un ciel plombé, sans pluie, comme hier soir.

Nicolas Briançon qui renoue avec la tradition du burlesque, de l’irrévérencieux et de la liberté de ton, chère à deux monstres sacrés de la scène parisienne, Francis Blanche et Jérôme Savary, veut par ce spectacle combattre la morosité ambiante et amener sa contribution à la lutte contre la crise.

Si l'on s'en tient aux rires et aux applaudissements, il a réussi son examen de passage. Et si ce n’est pas toujours d’un grand niveau intellectuel, ça fait du bien quand même.




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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