Yédélé : bâtir des ponts entre les cultures


Rédigé par Vincent FAURE - Angers, le Jeudi 24 Novembre 2016 à 11:55


Etablie aux Ponts-de-Cé, l'association Yedélé invite ses adhérents à découvrir et pratiquer les arts d'Afrique de l'Ouest. A travers des stages, des cours et des séjours au Bénin. Elle fête ses 10 ans ces 25 et 26 novembre.



Yédélé : bâtir des ponts entre les cultures
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Dix ans déjà. Une décennie passée à militer sereinement, à travers la musique, la danse et le chant, pour le métissage des cultures. « Quand je parle de traditions africaines aux gens d'ici, je m'appuie à la fois sur mon expérience de la vie au Bénin et de la vie en France. » La voix posée, le débit assuré, Falila Taïrou est professeure de danse. Elle fonde l'association Yédélé en 2006, à Bouchemaine, pour inviter à la découverte et à la pratique des disciplines artistiques d'Afrique de l'Ouest.

Falila est née en France il y a 42 ans, d'un père béninois et d'une mère française. Elle passe une partie de son adolescence près de Porto Novo, dans le sud-est du Bénin. Une double appartenance qui ne sera pas sans influencer son approche de la danse. Formée au conservatoire régional d'Angers, puis au Centre national de danse contemporaine, elle intègre ensuite des compagnies professionnelles.
 
​Danse afro contemporaine
Mais dès que possible, Falila retourne en Afrique afin d'enrichir sa conception de la chorégraphie. « Les deux cultures se rejoignent dans la danse afro-contemporaine, avec d'un côté une esthétique issue de la tradition africaine, et de l'autre une qualité de mouvement propre à la danse contemporaine », analyse la jeune femme. 

Yédélé : bâtir des ponts entre les cultures
​Yédélé, qui signifie où vas-tu ? en dialecte béninois kotokoli, est le fruit de cette évolution artistique. A travers son association, Falila Taïrou confesse aussi avoir voulu suivre les traces de ses oncle et tante, Gérard Moreau et Michèle Barrault : « Ils ont cofondé le festival angevin Cinémas et cultures d'Afrique. Petite, je passais mes journées sur la manifestation. » Yédélé compte aujourd'hui une centaine d'adhérents. En majorité des femmes. L'activité de la structure, implantée au centre culturel Vincent Malandrin des Ponts-de-Cé depuis 2013, s'organise autour de trois pôles.
 
Une association, trois pôles
Un pôle « transmission », avec notamment les cours et stages de danse animés par Falila Taïrou ; les cours et stages de percussions et instruments à cordes traditionnels (n'goni...) assurés par le musicien professionnel Stéphane Guyon ; les stages de chants béninois, sous l'égide de Falila. 

Un pôle « ouverture culturelle », qui propose aux adhérents de prolonger ces activités par des ateliers de cuisine, des projections de films, et des séjours découverte au Bénin – dans le village natal du père de Falila. « Attention, ce n'est pas du tourisme, il s'agit vraiment d'une immersion dans le quotidien des agriculteurs locaux », souligne la jeune femme.

Un pôle « création », qui témoigne du dynamisme de la danse africaine et afro-contemporaine. « Les artistes africains sont constamment en train de créer », rappelle Falila. Et de citer « Baldescal », un spectacle créé en 2008 sur la base d'une instrumentation ancestrale : kora (harpe-luth malien), cloches, djembés et autres percussions, pour communiquer au public une envie irrépressible de faire la fête. La dernière création de la Franco-Béninoise, intitulée « Lam'kidim », est une variation dansée sur des chants traditionnels kotokoli.  

La Fanfare Kafi, l'un des invités des 10 ans de Yédélé.
La Fanfare Kafi, l'un des invités des 10 ans de Yédélé.
Festivités d'anniversaire
Eriger des ponts entre les cultures, c'est l'ambition de Falila Taïrou. « Lorsqu'on se retrouve ensemble, ni tout-à-fait les mêmes, ni tout-à-fait différents, ça produit quoi ? », interroge la jeune femme. Un éloge du partage qu'elle invite chacun, adhérent ou non à l'association, à venir célébrer à l'occasion des festivités marquant les 10 ans de Yédélé, les 25 et 26 novembre prochains aux Ponts-de-Cé.

En tête d'affiche, samedi soir, les concerts de Kafi, la fanfare afro venue de Nantes, et du combo Forts Rêveurs (trio balafon – percussions – guitare électrique).  Le vendredi, c'est une causerie-conférence sur les métissages et la construction de l'identité tout au long de la vie qui donnera le coup d'envoi de l'événement. Elle sera animée par l'ethnopsychologue Charles Di, et sera suivie d'un spectacle de danse conçu par Falila Taïrou en partenariat avec le THV de St-Barthélémy-d'Anjou. « Il y a de l'émulation, du plaisir à préparer cet anniversaire, s'enthousiasme la jeune femme. C'est une vrai réjouissance que de fêter ces 10 ans de résistance aux replis sur soi, de curiosité et d'ouverture à l'autre. » 











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