Zenzile au Chabada : Berlin dub refoundation


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le Mardi 28 Janvier 2014 à 07:37


Quatre ans après "Caligari", les cinq compères angevins de Zenzile ont présenté vendredi au Chabada leur nouvelle expérience mêlant zic et cinoche. "Berlin: la symphonie d'une grande ville", un docu teuton de 1927 offre au groupe de se régénérer, de se recréer. L'occasion de confirmer la porosité des genres. Et de consolider l'amitié franco-allemande !



Zenzile au Chabada : Berlin dub refoundation
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Depuis quelques temps, dans la cervelle souvent en ébullition des chroniqueurs pop-rock-éléctro-rap-zoumba, une question revient souvent. Limite obsessionnelle. Mais en rien préoccupante. Cette interrogation, vendredi aux alentours de 21h45, nous est revenue en pleine face lorsque les Zenzile ont entamé leur concert-ciné.

Au rythme où vont les choses, à l'heure de l'über démocratisation des réseaux sociaux, à une époque où l'aspect pyramidal des événements, où la notion de chef, de sauveur vole en éclats- un peu comme si on ôtait propositions principale et subordonnée (on imagine un déferlante de bonnets violets), et maintenant que les styles artistiques se jouxtent voire, contrairement à certains, ne font plus chambre à part, comment va-t'on évoquer ce qui apparaît comme un live lambda ?

idem sûrement s'agissant du spectateur. Qualifier l'honorable prestation de Zenzile de simple expérience ne convient plus. "Dépassez les bornes, y a plus de limites", vous vous souvenez ? C'était le titre de l'excellente émission france interienne de Gérard Lefort vers la fin des nineties. Aujourd'hui, ça y est, enfin, les frontières ont fini par être abolies. Et le critique, comme le public, vont devoir s'émanciper une bonne fois pour toutes de grilles de lecture confortables mais vermoulues.

Vendredi, Zenzile nous proposait un concert-ciné autour de "Berlin: la symphonie d'une grande ville". Nous avons assisté à bien plus. A un rapprochement. Et, mieux: à la chute d'un mur. Celui du communautarisme et des étiquettes faciles, paresseuses et tellement fatigantes.

Mercredi dernier, déjà, avec le "Moonwatchers" des Black Dead Fish à la Collégiale, cette mitoyenneté des genres avait été sublimée, image et son ne faisant plus qu'un. Une saine consanguinité raffermie par les cinq gars de Zenzile au Chabada. Sur scène, ils sont disposés en arc de cercle. Derrière eux, un écran sur lequel défile donc le fabuleux documentaire allemand "Berlin: la symphonie d'une grande ville".

Réalisé en 1927, " ce film, nous dit le flyer, est un hymne d'une extraordinaire beauté à la métropole des années 20, alors en plein essor et qui relate sa vitalité de l'aube à la nuit, en créant une véritable symphonie visuelle".

Et de fait, pendant une heure, des images, des scènes, des visages, des figures nous informent sur cette période folle. On est ébloui par une narration où s'enchevêtre une myriade de trouvailles formelles. Ainsi, à l'image, des trains ou des métros, régulièrement, pénètrent dans les tunnels, comme papa dans maman. Toujours cette idée de fécondation. Et de circulation. De manière récurrente également, des portes s'ouvrent. Encore et encore. On pense à des malles ou des trappes magiques. Sûr que Kubrick, Lucas et Abrams, chantres des plans de couloirs et des énigmes labyrinthiques, ont vu ce pur et fertile exercice visuel signé Walther Ruttmann.

En oublie-t'on pour autant les compositions qui rythment ces séquences menées tambour-battants? Non. Non seulement, les premières habillent élégamment - fashion week oblige - les secondes. Mais plus fort encore, elles puisent dans ce gouffre d'inventivité pour elles-mêmes se renouveler. Se repenser. Ainsi, on fut étonné vendredi par le côté plus posé, moins frénétique des morceaux de Zenzile, créés pour l'occasion. Eux qui, habituellement, ne laissent guère de répit répit à leurs fans, se sont pour l'occasion apaisés. Le dub originel, limite sous Lexo, invitant souvent post-rock, touche expérimentale, aérienne et un brin floydeienne à le rejoindre. Une atmosphère musicalo-cinématographique, ou l'inverse, tranquille, pré-années 30. Zen, reposante, sans chaos. Ni fureur gratuite. Et sans Führer à l'horizon...











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