Champ libre


Avec Facebook, je sais tout sur vous !

Vendredi 14 Août 2015

Pour certains c’est devenu compulsif, surtout avec les mobiles. Sorties arrosées, vacances à l’autre bout de la planète, opinion politique, photos de leurs jeunes enfants, achats dans les boutiques de luxe, c’est plus fort qu’eux ils aiment étaler leur vie privée sur les réseaux sociaux. Une mine d’information pour les recruteurs, les pervers en tous genres, les employeurs, les agents du fisc et surtout les cambrioleurs.


Ils crient haro sur « Big Brother » qui, selon eux, espionne le monde entier sur la toile, mais ils publient leur quotidien sur Facebook. Si  pour certains ces informations peuvent paraître anodines, ce n’est pas le cas de tout le monde.

En tout premier lieu les recruteurs qui étudient à la loupe vos sorties le samedi soir, parfois un peu trop débridées, vos relations, vos opinions politiques. Pas besoin d’un CV bien formaté, avant même de vous rencontrer ils savent déjà tout sur vous. Il en est de même pour les employeurs qui peuvent contrôler les arrêts maladie de leurs salariés.

Ensuite les pervers sexuels qui aiment bien les photos de vos petites filles, d’autant plus facile pour eux que vous postez aussi les photos d’école, leur lieu de vacances et même votre localisation. Ils n’ont plus qu’à attendre au coin du bois.

Intéressant pour les agents du fisc de vous voir à la terrasse d’un restaurant chic, le cigare à la bouche, au volant d’une Porsche, dans une résidence cossue aux Antilles ou une Rollex au poignet. Surtout si en y regardant de près vous déclarez des revenus de smicard.  Demandez aux époux Balkany. À trop s’exposer, ils ont fini par attirer la foudre.

Les plus actifs sur les réseaux sociaux restent les cambrioleurs. Ils sont ravis d’apprendre que vous avez déserté votre maison pendant un mois pour une ile paradisiaque à l’autre bout du monde, ou pour une soirée au restaurant de la ville voisine. Ils sont d’autant plus intéressés que précédemment vous aviez publié des photos de votre maison, de votre intérieur, de votre jardin, dont vous êtes si fier. Mieux qu’un repérage ils ont tout, avec en prime la géolocalisation de vos photos. Une recherche sur Google Map et le tour est joué.
 

Mais ce sont mes amis et mon profil n’est pas public
À moins d’accepter un cercle restreint d’amis, c'est-à-dire ceux que vous connaissez de longue date et que vous aviez perdus de vue (quoique, ils sont peut-être devenus escrocs), votre famille, vos proches, Facebook est un champ d’investigation inépuisable pour les personnes malveillantes ou pour ceux qui veulent tout savoir sur vous. Selon une étude Facebook, 7% de nos contacts sont purement virtuels. En d'autres mots, on ne les a jamais rencontrés. Mais pour élargir le cercle, nous avons tendance à accepter parmi nos contacts les amis de nos amis ... mais qui ne sont pas forcément de vrais amis.
 
Et pour ces gens mal intentionnés, même s’ils ne sont pas nombreux dans notre liste d’amis, rien de plus facile puisque  Marc Zunkerberg, le fondateur de l’incontournable média social, ne leur demande pas leur pièce d’identité pour créer un compte. Et puis, l’objectif de ce réseau c’est bien de se faire de nouveaux amis, des gens que vous ne connaissez pas et qui vous semblent bien sympathiques, comme ce brave monsieur qui aborde vos enfants vus sur votre profil.
 

Il est très facile de se créer un faux profil…
Faites l’expérience, je viens de le faire. Commencez par créer une adresse mail, sur Gmail par exemple. Là c’est Google. Mais pas mieux, on ne vous demandera rien, tout juste un numéro de portable pour fiabiliser votre connexion. Mais ce pas une obligation. Créez un profil bidon du style « Jean Bonvoisin ». Remplissez les informations (fausses bien sûr) sur votre date et lieu de naissance, vos études, votre travail, tout ce qu’il faut pour que l’on croie que vous êtes quelqu’un de bien, mais n’en faites pas trop. Ajoutez une photo récupérée dans une banque de données publique et miracle vous êtes un petit nouveau sur le réseau social.
 
Ensuite il vous suffit de relayer quelques informations, sur l’actualité de préférence, d’aimer quelques pages auxquelles adhèrent des cibles potentielles, pour se fondre dans la masse et montrer que vous êtes « monsieur tout le monde ». La procédure d’approche est simple : demandez à devenir amis de l’entourage de la cible si elle est identifiée. Il y en aura bien plusieurs qui accepteront. Ensuite la cible ne se méfiera pas puisqu’elle verra certains de ses amis dans la liste de vos propres amis. Dès lors le poisson est pris dans les filets.

A voir, pour comprendre, l'expérience menée auprès de jeunes ados par le "Youtuber" Coby Persin
 
Et le cercle grandissant, en dehors de la cible identifiée, il y en a bien un parmi les nouveaux amis qui donnera des informations intéressantes pour l’escroc. De quoi le faire vivre longtemps.
 
Tout ça me rappelle une relation qui trouvait amusant de géolocaliser tous ses déplacements sur Twitter,  un média social dont il faut se méfier autant que Facebook. J’ai pu le tracer et voir qu’en fin de journée il était seul, à plus de 200 km de chez lui. Je me suis empressé de lui envoyer un tweet : « Merci et bon voyage, je suis chez toi, à diner avec ta femme ». Piégé, il n’a jamais recommencé.
 
Pour autant, il ne s’agit pas de tomber dans la paranoïa. Si Facebook reste un excellant média pour échanger des informations, parler de ses hobbies ou faire la promotion de son activité, il suffit de rester prudent et par exemple de publier ses photos de vacances, une fois rentré à la maison, pas quand vous êtes à l’autre bout du monde. Enfin, verrouillez les systèmes de confidentialité de Facebook au plus haut niveau, celui de vos amis certifiés.
 
Pourquoi ne pas publier le contraire de ce que vous êtes réellement. Faire croire que l’on est pauvre alors que l’on est à l’aise financièrement, plutôt que céder à la tentation d’exposer votre statut de nouveau riche, vous verrez ce n’est pas désagréable…
 





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