Le blog de la section cinéma-audiovisuel du lycée Auguste et Jean Renoir à Angers


Les fêtes de fin d'année sont pourtant passées mais règne t-il encore un parfum de Noël dans le long métrage de David Frankel ? 10 ans après son adaptation du best-seller "Le diable s'habille en Prada", le réalisateur revient avec "Beauté cachée". Suite à la perte de son enfant, un célèbre publicitaire new-yorkais (Will Smith) sombre dans une profonde dépression. Ses amis conscients de cette situation qui dure maintenant plus de deux ans vont monter un stratagème pour aider Howard à reprendre goût à la vie.


Howard (Will Smith) et ses dominos. © Barry Wetcher.
Howard (Will Smith) et ses dominos. © Barry Wetcher.
A première vue, le casting phénoménal nous promet un chef d'oeuvre : Will Smith, Kate Winslet, Keira Knightley, Helen Mirren...presque tous nominés aux Oscars. Mais, en tant que spectateur nous avons plus l'impression d'assister à un défilé de célébrités tellement celles-ci sont mises en avant : il n'y a qu'à voir la bande annonce ou encore l'affiche. Ce long métrage de 97 minutes n'est décidément pas celui qui marquera l'année. Malgré tout, le jeu de Will Smith se démarque, avec un personnage attachant passant par différentes faces du deuil. « L’amour, le temps et la mort relient chaque être humain sur Terre », affirme Howard c’est le fil rouge même du film.

Une histoire compliquée et une manière de filmer simple: il importe de distinguer le travail du scénariste de celui du réalisateur qui, pour moi, ne se complètent en aucun point. En effet, la manière de filmer n'est pas adaptée au propos même du film. La mise en scène, paraît hésitante : parfois intéressante parfois manquant de subtilités.

Le travail sur les profondeurs de champs – nous devons l'avouer- est remarquable : flou sur le décor et netteté sur les personnages qui entrent en contact avec Howard ( illustration même du décalage du personnage face au monde extérieur). Ensuite, les métaphores ingénieuses se succèdent comme par exemple les dominos qui s'écroulent quant Will Smith prend la fuite face à certaines situations professionnelles. Enfin, le spectateur est emmené en vélo dans un travelling vers la droite subtilement choisi pour montrer l'avancée du personnage dans le deuil.

Mais, dans l'ensemble, les plans se succèdent avec très peu de changements d'échelles et de mouvements de caméras. Les couleurs du décor sont trop claires pour un scénario portant sur la mort. Quant aux répliques et le choix du doublages des voix françaises, il me paraissent douteux. Bref, une déception et l'impression de n'être jamais rassasié !

Pour finir, je voudrais noter que le sujet est particulièrement original. L'idée d'une relation épistolaire avec l'inconnu est très intéressante. La mise en scène, elle, paraît décidément bien fade...

Nina 1ère spécialité cinéma-audiovisuel



Rédigé par cinéma-audiovisuel Lycée Renoir le Vendredi 13 Janvier 2017 | Commentaires (0)

Paterson, dans ce film a trois significations. Tout d’abord, c’est le nom du personnage éponyme, interprété par Adam Driver, un chauffeur de bus poète, observateur et calme. De même, c’est le nom de la ville où habite Paterson. Mais c’est aussi, le nom d’un recueil de poèmes, écrit par William Carlos William, lui-même originaire de Paterson, et dont Paterson (le personnage) aime beaucoup l'œuvre. Pour résumer, Paterson (le personnage) qui habite Paterson (la ville), adore Paterson (le recueil). Paterson adore aussi sa femme, Laura (Golshifteh Farahani), une jeune americo-iranienne, créative et loufoque. Ainsi, le spectateur suit le quotidien, pendant sept jours, de ce couple harmonieux et tendre, dont le rythme quotidien fait ressortir la beauté invisible qui nous entoure.


Paterson (Adam Driver) chauffeur de bus poète, s’inspire de sa ville à travers les vitres du bus qu’il conduit. ©Mary Cybulski
Paterson (Adam Driver) chauffeur de bus poète, s’inspire de sa ville à travers les vitres du bus qu’il conduit. ©Mary Cybulski
Paterson, est aussi le 12ème film, du réalisateur de Dead Man (1995), et plus récemment de Only Lovers Left Alive (2013), Jim Jarmusch. Ce réalisateur épatant, avec ses films tous plus surprenants que les autres, a été en compétition pour Paterson au festival de Cannes.

Il fallait oser faire un film de ce genre, dans lequel il n’y a quasiment aucune péripétie. La seule qui arrive, est dérisoire, mais apparaît comme un cataclysme. Le spectateur, pourrait ainsi s’ennuyer pendant 1h58 de film. Cependant, en regardant, ce long-métrage, j’ai été emportée dans ce monde calme et monotone. L’environnement est rempli de sagesse, de poésie et de douceur. En effet, dans cette tranquille histoire, tout se passe presque toujours bien. C’était un choix audacieux, et c’est réussi ! Mais c’est sans doute aussi, une réponse au cinéma actuel, très (et trop) souvent rempli de violence.

Ainsi, Paterson se balade dans cette ville avec une forte diversité sociale, mais elle est ici idéalisée et harmonieuse. Il transporte les « patersoniens » dans son bus, il rie d'eux et s’inspire sans doute de leurs conversations. Mais observe aussi, ce paysage post-industriel, qui se reflète dans les vitres du bus (comme des yeux) de Paterson. La ville est ainsi, plus médiatisée, plus lumineuse et poétique. La poésie, elle, est partout dans ce long-métrage de Jarmusch, lui-même poète et amateur de cet art.

D’ailleurs, le film est presque construit comme un poème, avec une strophe pour chaque jour. Jim Jarmusch dit ainsi, dans un entretien avec les Cahiers du cinéma : « Chaque jour de la semaine présente une légère variation par rapport à la veille et au lendemain. » Cette structure, sous forme de poésie narrative, fixe ainsi des repères pour le spectateur, comme pour le protagoniste. Mais elle montre aussi que ce rythme quotidien permet à Paterson de laisser son esprit vagabonder, être libre, sans avoir à penser à des tâches futiles (comme sortir le chien, ou récupérer le courrier). Jarmusch déclare ainsi son amour à la poésie. Il fait de nombreuses références aux poètes qu’il adore, et en particulier, William Carlos William. Il nous parle de cette beauté rare, présente dans la ville et le quotidien, mais aussi, plus largement, de cette inspiration qui naît pour chaque artiste. Ces images pourraient ainsi devenir des vers pour le film-poème. Ce rapport intime à la poésie est important dans le cinéma de Jarmusch. Son cinéma est poésie, par ses dialogues, mais aussi la manière de filmer.

Le réalisateur new yorkais nous plonge dans ce quotidien mélodieux, également grâce à une musique lente et envoûtante, composée par lui-même. Elle contribue à la poésie du film et s’intègre dans ce paysage autant que Paterson. La musique vient rejoindre l'humour léger avec lequel le réalisateur regarde ses personnages, souvent touchants, y compris leur chien, Marvin. Il est à la fois un témoin observateur de la vie des deux protagonistes, mais joue aussi un rôle comique, par ses gags. Le rythme lent du film, accentué par les plans fixes et les longs mouvements de caméras (par exemple, un sublime travelling compensé) nous permet d’encore plus d’admirer et nous émouvoir devant ces magnifiques dialogues et images.

Paterson nous fait toujours voir le verre à moitié plein, comme lorsqu’il regarde le sien dans le bar où il va tous les jours. Il sublime les détails du quotidien, et s'opposent aux personnages secondaires, qui représentent beaucoup plus les ennuis et quiproquos de tous les jours.

Ce havre de paix cinématographique s’oppose aux films actuels violents et souvent tristes. Il sort du lot, et nous en sortons plus heureux et apaisés.



Rédigé par Maële, élève de 1ère spécialité cinéma-audiovisuel au lycée Renoir le Mercredi 21 Décembre 2016 | Commentaires (0)

Max et Léon sont deux jeunes hommes qui vivent dans un village tranquille, loin des zones occupées de la guerre. Malheureusement une lettre de mobilisation vient perturber le calme qui règne dans cette petite ville de province. Bien-sûr, la guerre ne les enchante pas et ils comptent bien en réchapper. Pourtant, se baladant de situations cocasses en situations cocasses, ils pourraient bien finir par changer les choses...


Léon (Grégoire Ludig) et Max (David Marsais) en action © Studio Canal 2016
Léon (Grégoire Ludig) et Max (David Marsais) en action © Studio Canal 2016
La folle histoire de Max et Léon, film réalisé par Jonathan Barré, est une comédie qui correspond à tous les âges et à toutes formes d’humour. Les deux acteurs principaux font d’ailleurs partie des humoristes préférés des français puisqu’il s’agit de David Marsais et Grégoire Ludig qui présentent leurs sketchs du «PalmaShow», anciennement «Very Bad Blagues», sur leur chaîne YouTube ainsi que sur la chaîne de télévision Direct 8 depuis 2011.

Le film traite donc du thème de la seconde guerre mondiale. C’est une assez grosse prise de risque, puisque c’est un sujet qui est assez développé au cinéma. De plus, l’équipe qui a réalisé le film a décidé d’y insérer de l’humour, ce qui n’est pas forcément le plus évident. Le film peut nous faire penser à certains Indiana Jones ou encore à La grande vadrouille, avec le duo plus que célèbre de Bourvil et de Funès.

Certaines personnes, qui connaissent le PalmaShow, pourraient se dire que, comme c’est un groupe venant d’internet, le réalisateur aurait pu être tenté de ne proposer qu'une succession de purs sketchs, en plans fixes, mais ce n’est pas le cas. Le réalisateur a travaillé la mise en scène comme le montre cette scène en travelling d’accompagnement, lorsque les deux protagonistes sont sur leur side-car, ou encore la scène de poursuite, en slow motion, pour donner une dimension assez épique aux personnages. On sent d’ailleurs avec certaines de ces scènes que le réalisateur s’est appliqué pour ce premier long métrage, notamment avec quelques effets spéciaux bien gérés, comme des explosions lors de scènes de batailles. Le réalisateur nous fait aussi voyager, que ce soit de l’autre côté de la Manche ou en Syrie.

Jonathan Barré a ainsi réussi son pari en adaptant son propre style d’écriture au film historique, tout en gardant un rythme comique à son récit. Un comique notamment maintenu par la ponctuation comique des publicités de la milice allemande qui apparaissent à certains moments du film. La construction narrative est très réussie puisque tout au long du film nous suivons les deux protagonistes dans leur voyage, en gardant le fil rouge d'un malentendu. De plus, peu importe dans quelle scène on se trouve, il se passera toujours un gag en arrière plan, de quoi nous faire rire ou sourire encore plus. Sans compter les caméos de certains acteurs ou comédiens d’internet, dont celui du réputé Monsieur Poulpe, dans son rôle de milicien.

Le film montre aussi que le web peut faire sa place dans le cinéma d’aujourd’hui avec de bons films, comme Les dissociés, de Suricate (Raphaël Descraque et Julien Josselin), ou cette Folle histoire de Max et Léon. Internet a un avenir au cinéma.


Marine, 1ère spécialité cinéma-audiovisuel



Rédigé par cinéma-audiovisuel Lycée Renoir le Samedi 3 Décembre 2016 | Commentaires (0)

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