Le blog de la section cinéma-audiovisuel du lycée Auguste et Jean Renoir à Angers


Pour son premier long-métrage, nominé six fois aux derniers Oscars, le réalisateur australien Garth Davis s’empare de l’histoire vraie de Saroo Brierley, un jeune Indien adopté en quête de ses racines. Une épopée mélodramatique très réussie.


Saroo (Sunny Pawar) et son grand frère Guddu (Abhishek Bharate) rapportent du lait à leur famille. © Mark Rogers
Saroo (Sunny Pawar) et son grand frère Guddu (Abhishek Bharate) rapportent du lait à leur famille. © Mark Rogers
Perdu dans un train, à la recherche de sa mère et de son frère Guddu, Saroo, 5 ans, a fait plus de 1 600 km pour se retrouver dans la région du Bengale à Calcutta. Il va errer pendant plusieurs mois dans les rues de la ville, échapper à de nombreux problèmes puis se retrouver dans un orphelinat. Il est ensuite adopté par un couple australien interprété par Nicole Kidman, nominée meilleure actrice dans un second rôle aux Oscars, et David Wenham. Une vingtaine d’années plus tard Saroo va partir à la recherche de ses origines avec pour outil Google Map. Et il nous emmène avec lui. 

A travers cette fabuleuse épopée mélodramatique, nous nous retrouvons bouleversés par cette histoire vraie de Saroo Brierley. Pour un premier long-métrage, le réalisateur approche de la perfection technique. En effet, chaque image est travaillée, et la netteté reste sur le visage des acteurs, même lors de l’utilisation des courtes focales. Chaque mouvement de caméra suit avec fluidité le jeune Saroo durant ses épopées, aux paysages indiens sublimes. La musique, composée par Hauschka et Dustin O’Halloran, porte l’émotion à son paroxysme. Il est difficile de ne pas succomber aux larmes. 

Le film est porté par de merveilleux acteurs comme Dev Patel et Nicole Kidman qui en sont les têtes d’affiches. Cependant l’acteur qui joue Saroo à 5 ans est une révélation dans le film. En effet, Sunny Pawar est d’un naturel déconcertant, il fait passer une palette d’émotions à travers cet hymne au courage de Saroo. 

Lion adopte pratiquement tout le temps du film le point de vue de Saroo. C'est particulièrement poignant pendant toute la première partie en Inde. La caméra est à hauteur du petit de 5 ans. Nous sommes à sa place, et affrontons avec lui les dangers qui se dressent immanquablement devant lui. C’est un choix important du réalisateur qu'il explique : « On a décidé de rester au plus près de Saroo, sans jamais sortir et sans avoir recours à des plans d'exposition. Avec Greig (directeur de la photographie), on a beaucoup discuté pour savoir comment placer la caméra à la hauteur d'un enfant de 5 ans. En général, l'axe de la caméra est plus bas ou plus haut et c'était donc un choix d'angle de prise de vue inhabituel. C'était un vrai défi technique et on a donc dû adapter le matériel pour qu'il soit opérationnel » (Allociné).

Il faut savoir qu’en plaçant l’adoption en Australie comme dans l’histoire originale, le film a perdu de nombreux producteurs américains, ce qui n’est pas plus mal. Le film ne porte aucune lourdeur Hollywoodienne, qui ferait basculer le film dans un mélo épique.

Lion est l’aboutissement de 4 années de travail acharné pour trouver des moyens et des acteurs. Les conditions de tournage ont été compliquées, particulièrement en Inde ou l’équipe a dû faire face à la chaleur, la pollution, et la forte densité de population. Les six semaines de tournage en Inde nous auront valu de sublimes images sur les paysages et décors indiens. Certaines images me donnent encore des frissons. 

C’est une pure réussite, et un véritable coup de coeur ! Lion échappe au pathos que lui rapprochent les critiques, qui semblent-il, n’ont pas supporté d’être emportés par leurs émotions. Ils sont nombreux à considérer le film comme une simple adaptation larmoyante. Mais n’ont-ils pas oublié que le premier but d’un film est de faire passer des émotions à travers une histoire ? Un but qui a été largement relevé pour Lion !

Orysia, terminale spécialité cinéma-audiovisuel.



Rédigé par cinéma-audiovisuel Lycée Renoir le Mercredi 15 Mars 2017 | Commentaires (0)

Nous le sommes le 22 novembre 1963. John F. Kennedy, 35ème président des Etats-Unis, est abattu de deux balles, alors qu’il est en visite à Dallas avec sa compagne, Jacqueline, dite Jackie, Kennedy. Mais comment, en plus de faire face à la mort de son mari, peut-on gérer une mort aussi médiatisée que celle de ce président ? C’est la question que pose le long-métrage Jackie, septième film réalisé par Pablo Larrain.


Jackie ©Bac Films
Jackie ©Bac Films
Le meurtre de Kennedy en 1963 attire une grande partie de la sphère du journalisme et de la presse. Derrière le grand président se cache pourtant sa femme, Jackie, qui tente tant bien que mal de rendre hommage à son mari, tout en essayant de garder la face devant le monde entier.

Ce long-métrage dresse tout d’abord le portrait d’une femme mentalement brisée, un portrait psychologique profond, mais qui reste cependant paradoxalement en surface. Jackie Kennedy est digne, lisse, froide, d’une beauté frappante et glaciale qui impressionne. Ce film nous plonge dans une maison blanche en deuil, sans pour autant nous apprendre à déchiffrer ce personnage emblématique impénétrable.

Le film présente une mise en scène peu commune. Jackie Kennedy trône toujours au milieu de l’écran, que ce soit de dos ou de face, en plan moyen ou en gros plan. Tout le décor semble changer en fonction d’elle, et pas de l’histoire. Le montage du film, bien que compliqué, est cependant très compréhensible. Plusieurs moments se mélangent aléatoirement, entre le jour du meurtre, les jours suivant le meurtre, l’interview que Jackie donne à un journaliste et sa discussion avec un prêtre. On arrive pourtant à s’y retrouver et à suivre le fil de l’histoire sans problème. Le réalisateur, Pablo Larrain, a décidé de tourner ce film en pellicule 16mm, afin de donner un aspect plus brut de Jackie, plus réaliste.

Le décor a engendré un travail colossal. En effet, la Maison Blanche a été reconstituée en France, à partir de documentaires et de descriptions, par le chef décorateur Jean Rabasse.

Natalie Portman révèle un jeu d’acteur impressionnant dans le rôle d’une icône des Etats-Unis des années 1960, beauté froide impénétrable et insondable. Elle garde une distance étudiée avec le spectateur, en lui révélant une part d’intimité qui n’avait jamais été vue par le public. On peut aussi assister à des scènes que l’on voit très peu au cinéma : des pleurs qui semblent, pour une fois, réels. Effectivement, alors que dans beaucoup de films, les acteurs semblent toujours beaux même lorsqu’ils pleurent, Natalie Portman arbore à quelques reprises un visage et des yeux rouges baignés de larmes qui frappent par la vérité de ce qu'ils dévoilent.

La musique, composée par Mica Levi, est exclusivement orchestrale lorsqu’elle est « off », et réutilisée à plusieurs reprises lors de différents passages. Elle a un caractère très lourd et pesant, qui semble accompagner la douleur du deuil éprouvée par Jackie.

Jackie, tout en étant un biopic qui semble réaliste et qui arrive à trouver un milieu entre distance et intimité, parlera cependant plus aux personnes dont le personnage de Jackie a fait partie du quotidien, que ce soit à la télé ou dans les médias en général. On peut tout de même passer un agréable moment en regardant ce film, puisque l’histoire est bien menée et que le film ne contient pas de longueurs.

Bertille, 1ère spécialité cinéma-audiovisuel



Rédigé par cinéma-audiovisuel Lycée Renoir le Dimanche 19 Février 2017 | Commentaires (0)

Regards critiques





Barry Jenkyns a réalisé un film très humain, sur la vie d'un Afro-Américain, Chyron, vivant dans les quartiers pauvres de Miami, et découvrant son homosexualité.


Avec ce regard caméra, Chyron lance un appel au secours. © David Bornfriend
Avec ce regard caméra, Chyron lance un appel au secours. © David Bornfriend
Nous suivrons la vie de Chyron à travers trois chapitres: «Little» alors qu'il est enfant. «Chyron» lorsqu'il est adolescent, et «Black» à l'âge adulte. Suivre le personnage par des moments charnières de sa vie, est un vrai plus pour le film. Nous faisons des sauts de dix ans à chaque fois, ce qui nous permet d'observer son évolution physique, mais surtout mentale. Le film nous pose beaucoup de questions, sur la découverte de soi, et comment assumer ces différences. De plus dans son quartier, Liberty City, la drogue, la prostitution et la pauvreté règnent. Ce qui n'est pas le milieu adapté pour Chyron, quelqu'un de fragile ne cherchant pas les problèmes. Il vit dans le rejet, par ses camarades, par le quartier et même par sa mère, qui le rejette à cause de son homosexualité. Heureusement dans le film tout n'est pas tragique pour notre héros qui va rencontrer Juan et Teresa, un jeune couple qui l'aidera dans son quotidien et servira de famille d'accueil pour «Little».

Le film cherche à déjouer les préjugés. Les personnages ne sont pas bons ou mauvais, ils possèdent une part de chaque. Juan est un dealer, ce qui au premier abord ne présage rien de bon, mais finalement on découvrira un homme au grand cœur, qui servira de figure paternelle pour Chyron. Juan est un personnage très attachant, interprété à merveille par Mahershala Ali, nominé pour l'Oscar du meilleur second rôle masculin. Le personnage de la mère est lui aussi complètement opposé à ce qu'on voit d'habitude. Naomie Harris joue une maman toxicomane, ne s'occupant pas de son fils, et le rejetant pour ce qu'il est.

La lumière est le point fort du film au niveau de la mise en scène. Avec des séquences de nuit très bleutées, la couleur de peau des personnages noirs ressort très bien. Les lumières jaunes de la ville éclatent et nous donnent un mélangent bleu/jaune très appréciables à voir. Il y a un énorme jeu de lumières dans la maison de Chyron, les néons blancs, avec une lumière verdâtre, nous font ressentir un malaise: on n'est pas à l'aise dans cette maison, tout comme notre héros. On pénètre dans l'intimité des personnages grâce à des plans très proches d'eux, les gros plans sont très utilisés. Souvent avec une caméra portée à l'épaule, ce qui nous donne l'impression de suivre Chyron, et nous aide à ressentir ces émotions.

Malheureusement ce film restera dans l'ombre de La La Landde Damien Chazelle, que ce soit en salle ou lors des Oscars. Il mérite pourtant le même nombre d'entrées (si ce n'est plus). MoonLight est un film fabuleux, sur un sujet qui est rarement traité au cinéma: l'homosexualité dans un milieu pauvre, avec comme véritable héros, un homme noir. Je ne peux que vous conseillez d'aller le voir en salle. On ne peut rater un chef d’œuvre.


Ronan, 1ère spécialité cinéma-audiovisuel



Rédigé par cinéma-audiovisuel Lycée Renoir le Jeudi 9 Février 2017 | Commentaires (1)

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