Marc-Antoine Mathieu en quête d'identité
BD. Après "Le Décalage", 6e tome des aventures de Julius Corentin Acquefacques, en 2013, et S.E.N.S  en 2014 (les deux chez son éditeur historique, Delcourt), Marc-Antoine Mathieu publie ces jours-ci "Otto, l'homme réécrit", une fable en forme de huis-clos qui interroge la connaissance de soi, qui l'on croit être et qui l'on devient lorsque le passé s'ingère. Un récit en noir et blanc dense et créatif sur l'identité, notre connexion au réel ou à ce qui apparaît comme tel. 

"Otto", du nom d'un artiste aux représentations prisées et singulières, reçoit en legs de ses parents -dont il est coupé depuis longtemps- une malle remplie de documents écrits, cassettes, vidéos... En fait, les sept premières années de sa vie disséquées dans le cadre d'une expérience scientifique. Des années de construction de soi dont il remonte obstinément le fil : un saut dans l'inconnu, vertigineux, philosophique et, quelque part, onirique. 

Où tout s'efface, les certitudes en premier lieu, pour laisser place à autre chose, bien au-delà de l'absurde. 
  
"Otto, l'homme réécrit", aux éditions Delcourt, 72 pages, 19,50€.
Seymour nous offre encore du Mister
Roman. Dans les médias anglosaxons, Seymour est souvent considéré comme l’égal de John Le Carré : c’est dire l’estime dont il jouit. Réputation justifiée, à la lecture de « Dans son ombre », roman noir quasi-épique dans lequel histoire –peu d’écrivains se sont encore arrêté sur les cendres fumantes des guerres de Yougoslavie- psychologie et aventures forment un ménage addictif. L’histoire : Mister est le roi de la Pègre à Londres, intouchable même pour l’Eglise, un service très particulier des Douanes britanniques. Pourtant, lorsque son ambition le porte à Sarajevo, il n’est qu’un mafieux parmi d’autres. C’est là que Joey Cann, agent sans expérience mais obsessionnel, entend le piéger. On parle souvent de la poudrière des Balkans. Ce roman en est une autre…
 
« Dans son ombre » Gerald Seymour, Sonatine, 23 €
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- écrit par Sébastien Rochard


"Les Arpenteurs" prennent la mesure des barreaux
Roman. John Gload, 77 ans, est un criminel patenté, et passe l’automne de sa vie dans une prison du Montana, loin du monde et des hommes qu’il exècre. De l’autre côté des barreaux, pourtant, Val, le jeune adjoint du shérif, ne tarde pas à retenir son attention. Et un rituel immuable s’installe entre ces deux égarés : chaque nuit de garde, Val se pose sur une chaise, et échange avec John, qui se livre comme il l’entend. Une relation singulière s’installe, quasi initiatique, entre confessions nocturnes et lourds silences, qui fait écho au mal être de Val, perdu dans son couple, hanté par les morts passés et présents. Zupan, pour son premier roman, livre un texte à la fois dense et lyrique, habité du souvenir empirique de sa jeunesse dans le Montana.

« Les arpenteurs » Kim Zupan, Gallmeister, 23,50 €
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- écrit par Sébastien Rochard


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Sébastien Rochard




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