"Le quatrième mur" fait voler en éclats les certitudes
Roman. Quel plus beau théâtre que la guerre pour une trêve ? "Le quatrième mur", c'est le rêve fou de Samuel, juif et grec torturé par les Colonels, exilé en France et rempli d'espoir : le metteur en scène veut monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth, au début des années 80. Ses comédiens : des amateurs, recrutés dans chaque camp, pour une représentation unique et oecuménique. La maladie va l'empêcher de mener à bien son projet ; qu'importe, il le confie à Georges, jeune théâtreux militant revenu des violences de sa jeunesse maoïste.
Lui va porter à Beyrouth, au carrefour de haines profondes, ce rêve fou. Il va souffrir puis saigner pour lui, plonger à corps perdu dans la guerre et entrer dans Sabra et Chatila un matin de septembre 82, les canons israëliens fumant encore de leurs atrocités.
"Le quatrième mur" raconte la mort, les larmes, le coeur d'un homme face à la guerre. Il raconte aussi l'espoir, ses timides étincelles. Il trouble, émerveille, choque ou sidère. Il témoigne. Saisissant.

Sorj Chalandon, Grasset, 19 €
( Lire l'entretien avec Sorj Chalandon ci-dessous )
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- écrit par Sébastien Rochard


Avec "Le quatrième mur", l'écrivain et journaliste Sorj Chalandon signe un roman d'une intensité rare, issu de son expérience de jeune homme puis de reporter de guerre dans le Liban à feu et à sang du début des années 80. Entretien.


Prix Albert-Londres pour ses reportages sur l'Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie, Sorj Chalandon est l'auteur de six romans, dont "Une promesse" (Grasset), prix Médicis en 2006.
Prix Albert-Londres pour ses reportages sur l'Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie, Sorj Chalandon est l'auteur de six romans, dont "Une promesse" (Grasset), prix Médicis en 2006.
Sorj Chalandon, le "quatrième mur", de quoi s'agit-il exactement ?
 
Si l'on considère juste la définition théâtrale, c'est le mur imaginaire édifié par l'acteur pour créer son personnage et préserver, vis-à-vis du public, le caractère fictif de son travail.
Dans le roman, c'est aussi tout simplement ce qui sépare la vie de la mort. Et c'est enfin le moment où j'ai décidé de faire de Georges, mon personnage principal, un emmuré.
 
Georges, c'est votre deuxième prénom, mais c'est aussi tout simplement vous. Ce roman est presque autobiographique ?
 
C'est mon travail le plus intime. J'y ai mis en scène l'orphelin d'idéologie, mon engagement maoïste, ma rancoeur, ma rencontre avec la guerre, la mort, mon dégoût de la paix. Mais pour comprendre qui j'étais, il faut aussi considérer les autres personnages du roman, où je revendique le droit d'incarner mes contradictions.
Je suis Georges, qui fonce, croit et va se perdre, mais je suis aussi Sam, dans sa part de lumière, son recul et Marwan, le chauffeur druze, qui me remet les pieds sur terre. Il était impératif que je ferme à travers ceux-là la personne que j'étais.
 
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- écrit par Sébastien Rochard


"Au revoir là-haut", l'arnaque aux morts... pour rester en vie
Roman. On le connaissait maître ès policier, on le retrouve aux commandes d'un des plus étonnants romans de la rentrée. Avec "Au revoir là-haut", Pierre Lemaître s'attaque aux travers de la Grande Guerre. Vu et revu ? Certainement pas. S'appuyant sur les travaux historiques actuels -et notamment sur ceux de Bruno Cabanes, longtemps professeur d'histoire contemporaine à la Catho d'Angers- l'écrivain s'intéresse à l'immédiate après-guerre, celle d'un état français qui glorifie ses morts et oublie ses survivants sans visage et sans médaille. C'est sur cette perverse vertu de patriotisme qu'Edouard et Albert, deux de ces vivants trop encombrants, décident de construire une arnaque aux monuments aux morts aussi audacieuse qu'immorale. Un roman original, engagé et nécessaire.
Pierre Lemaître, Albin Michel, 22,50 €
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- écrit par Sébastien Rochard


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