Angers : s’engager pour agir ensemble


Rédigé par - Angers, le 09/10/2013 - 16:18 / modifié le 09/10/2013 - 16:18


Tout ce qu’Angers compte de citoyens engagés bénévolement dans des actions de cohésion sociale s’était donné rendez-vous ce mardi, au Centre de Congrès, pour la journée « Agir ensemble ». Organisée par le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS), cette journée riche d’informations et de témoignages a rempli ses objectifs de valorisation du bénévolat solidaire.



La foule dans le village des solidarités installé toute la journée dans les halls du centre de congrès d'Angers. Ce village accueillait les structures partenaires du CCAS
La foule dans le village des solidarités installé toute la journée dans les halls du centre de congrès d'Angers. Ce village accueillait les structures partenaires du CCAS
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Je me suis engagé dans le bénévolat pour rester actif et solidaire », déclarait hier Olivier Bellard. Ancien maitre d’hôtel, retraité depuis 5 ans et engagé dans des actions auprès des publics âgés, ce dernier avoue avoir pris du bon temps avant de se rendre compte qu’il perdait progressivement ses repères. « Au bout de 8 mois, c’était le désert. Je suis passé au CCAS et depuis j’apporte un peu de chaleur aux autres. Ça m’a permis de recréer le lien social qui me manquait ».

Et c’est bien la peur de perdre l’identité sociale qui était la leur lorsqu’ils étaient en activité, qui pousse ces seniors à reprendre du service et pourquoi pas dans le champ de la cohésion sociale et de la solidarité. « L’envie de se rendre utile à la société..., tout en gardant tout de même un peu de temps pour soi-même », confirmeront d’autres participants au premier débat organisé le matin.

Proposée par le Centre Communal d’Action Sociale d’Angers et ses différents partenaires, pour la troisième année consécutive, cette journée avait pour objectif d’offrir un moment de réflexion et de partage d’expériences destinées à ceux qui hésitent à s’engager, principalement les seniors disponibles, mais aussi les plus jeunes, très nombreux, notamment l’après-midi.

L’engagement solidaire, le ton de la journée était donné et le CCAS qui se charge, par le biais de son Service Animation et vie Sociale, d’accueillir, guider, accompagner et même former les seniors en cessation d’activité dans leur choix d’utilité sociale connaît le sujet. « Nous proposons tout au long de l’année un accompagnement des retraités qui leur permet de trouver une place qui correspond à leurs ambitions et leurs valeurs », expliquait Peggy Latour, animatrice au CCAS. « Nous apportons un soutien qui contribue à leur épanouissement personnel et qui leur permet de ne pas se replier sur eux-mêmes ».

Le besoin d’être ensemble donne du sens à notre société

Martin Hirsch, le président de l'Agence du Service civique
Martin Hirsch, le président de l'Agence du Service civique
« Nous devons donner les moyens à ceux qui veulent s’impliquer, afin de lutter efficacement contre la crise et construire une société où chacun trouve sa place », déclarait le maire d’Angers, Frédéric Béaste, présent à la plupart des débats organisés au cours de la journée. « Les élus sont garants de la cohésion sociale, je revendique le choix de porter assistance aux personnes les plus fragiles », ajoutant « que ce n’est pas l’action publique qui coute cher, mais l’inaction. Ne rien faire aujourd’hui c’est se condamner à faire plus demain ».

Pour mettre en exergue cette notion d’engagement bénévole et son utilité, tant pour les personnes disponibles que pour les personnes fragiles et isolées, plusieurs intervenants de marque, tels que Martin Hirsch, l’ex haut-commissaire aux solidarités actives sous le gouvernement Fillon, aujourd’hui président de l’Agence Nationale du service civique, le sociologue Serge Paugam et le secrétaire général de l’association des Petits Frères de Pauvres, Jean François Serres, sont venus enrichir de leur expérience dans le monde du bénévolat et de l'entraide, les tables rondes et débats organisés au cours de la journée.

« L’engagement c’est être dans l’investissement et la relation à l’autre, le besoin d’être ensemble donnant du sens à notre société », affirmait Jean François Serres lors du débat public organisé en fin de journée. Mais cet engagement dont il fut question tout au long de cette journée n’est pas réservé aux plus âgés comme le confirmait Martin Hirsch. « Les jeunes ont eux aussi la volonté de s’engager pour changer la société, car l’homme a naturellement envie de s’engager. Mais il y a une inégalité des chances dans l’engagement bénévole des jeunes. Ceux dont les parents s’investissent déjà étant plus enclins à le faire ».

« On se découvre une identité en agissant », ajoutait également le sociologue Serge Paugam, lequel avait animé en début d’après-midi une conférence sur la manière de « repenser la solidarité face à un contexte socio-économique fragilisé ».

Décortiquant cette notion d’engagement, autour d’expériences locales innovantes à l’exemple du Restobus des Restos du Cœurs ou du tutorat solidaire pour le permis de conduire d’Afodil (auto école associative), les intervenants des différents débats se sont attaché à valoriser l’action des bénévoles qu’ils soient en recherche de lien social comme les retraités ou, animés de la volonté de rendre la société plus juste, pour les plus jeunes.

Jean-François Serres, Secrétaire général de l'association des Petits Frères des Pauvres, invité de plusieurs débats
Jean-François Serres, Secrétaire général de l'association des Petits Frères des Pauvres, invité de plusieurs débats




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur








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