Angers submergée par le cinéma

Festival Premiers Plans 2011


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 30/01/2011 - 10:05 / modifié le 30/01/2011 - 22:33


Alors que d’aucuns prédisent avec internet, le numérique et la 3D, la fin imminente du cinéma, le Festival Européen Premiers Plans d’Angers démontre le contraire. Une fois de plus la production cinématographique venue des quatre coins de la vieille Europe s’est montrée très riche, permettant au Festival de terminer avec une note d’espoir pour la jeune génération.



Le russe Andrey Stempkovsky lors de l'attribution de son prix
Le russe Andrey Stempkovsky lors de l'attribution de son prix
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Avec plus de 130 films projetés dans les salles d’Angers, du Centre de Congrès, en passant par les salles des 400 coups, des Variétés, du complexe Gaumont et le Quai, la ville d’Angers s’est fait submerger, pendant 10 jours, par une vague cinématographique. Et ce n’est pas le public angevin qui s’en plaindra, puisqu’avec 69 000 entrées annoncées par les organisateurs (65 000 l'an dernier), le Festival Premiers Plans a connu, une fois de plus le succès.

Outre les rétrospectives et hommages : Barbet Schroeder, Isabelle Carré, Bruno Ganz, Garry Bardine, le burlesque, entre guerre et paix, dont les films ont enthousiasmé le public lequel a pu voir ou revoir les plus grands chefs d’œuvres du cinéma, la compétition a, elle aussi, intéressé des spectateurs avides de cinéma frais.

Le Jury des longs métrages, présidé par le réalisateur et producteur Robert Guédiguian a attribué cette année sept prix au lieu des cinq habituels, c'est-à-dire deux ex-aequo, tellement la difficulté de les départager était grande : « Nous avons vu des films à l’esthétique très différente voire opposée, du burlesque à la chronique politique, nous voulions marquer par là notre opposition à tout formatage, toute standardisation, tout ce qui menace et réduit le cinéma. Nous voulons dire que le cinéma est irréductible ».

Le deux prix du jury du long métrage ont donc été attribués cette année à un film russe d’Andrey Stempkovsky : « Obratnoe Dvizhenie », un film sur une mère dont le fils serait mort en zone de guerre et qui reporte sa relation sur un sans abri qu’elle recueille, décidant de donner malgré cette disparition un sens à sa vie de mère. Mais contrairement à ce qu’on lui a dit son fils n’est pas mort …

« Je félicite le festival pour avoir réussi à attirer autant de spectateurs de bon cinéma. Merci pour ce chaleureux accueil dans tous les sens du mot, il fait beau à Angers, on se croirait au printemps alors qu’à Moscou il fait très froid, nous avons donc décidé de rester une semaine » dira Andrey Stempkovsky en recevant son prix et en remerciant son équipe.

Le second prix ex-æquo a été attribué à un film turc Seren Yüce : « Cogunluk », un film sur la relation entre un jeune turque d’Istanbul et une jeune Kurde venue de l’Est de la Turquie, à laquelle les parents du jeune homme s’oppose. La dure réalité d’un pays très divisé sur le plan ethnique. « Je remercie les membres de mon équipe qui sont aussi les propriétaires de ce prix, mais aussi le public qui nous permet de vivre ce moment d’émotion, mais aussi pour tous les peuples qui subissent une oppression », dira à son tour Seren Yüce .

Ce premier prix ex-aequo aura donc démontré, si besoin était, que le jeune cinéma européen se porte plutôt bien. Le festival Premiers Plans qui s’en fait chaque année le porte parole, a donc de bons jours devant lui. Quant au public qui ne partageait pas tout à fait le même avis que le jury de professionnels du cinéma, il a attribué le prix à Feo Aladag (Allemagne) pour son film « Die Fremde ».

Voir tout le palmarès du 23ème festival Premiers Plans d'Angers




Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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