Anna Karina, la muse de Jean-Luc Godard

Premiers Plans Angers 2012


Rédigé par Coralie Ganivet - Angers, le 24/01/2012 - 18:41 / modifié le 25/01/2012 - 07:49


Dans le cadre de la rétrospective consacrée à Jean-Luc Godard, la célèbre comédienne présentait aujourd’hui « Bande à part », l’un des sept films qu’ils ont tournés ensemble. Acclamée par une salle comble, Anna Karina s’est dite « très émue par cette scène magnifique ». Rencontre.



Anna Karina, rayonnante.
Anna Karina, rayonnante.
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Quels souvenirs gardez-vous de votre rencontre avec Jean-Luc Godard ?

Anna Karina : « Il m’avait repérée dans un film publicitaire alors que j’étais encore mineure avant de me proposer un petit rôle dans « A bout de souffle ». Seulement, il fallait que je me déshabille alors je lui ai répondu : « Moi Monsieur, je ne me déshabille pas ! » Plus tard, il m’a proposé le premier rôle dans « Le petit soldat ». Je ne me souvenais pas bien de lui mais le souvenir est revenu : mal rasé, lunette noire, c’est Jean-Luc Godard ».

Vous avez tourné dans sept de ses films. Peut-on dire que vous étiez sa muse ?
« S’il a fait autant de films avec moi, et si différents les uns des autres, c’est que je devais l’inspirer. A l’époque, les femmes n’avaient pas grand-chose à dire mais il y avait quand même des metteurs en scène qui s’inspiraient de leurs actrices. Il m’a offert de très beaux rôles. Ce sont des cadeaux, je me suis éclatée à jouer tous ces personnages. Et puis on a vécu une très belle histoire d’amour ensemble. C’est lui qui a d’ailleurs fait le premier pas. Il m’a écrit « Je vous aime. Je vous attend à minuit au café de la paix à Genève ». Quand je suis arrivée il a dit « Bon, vous êtes là, on y va ! » Le lendemain, il m’a offerte une belle robe blanche que je porte dans « Le petit soldat ». Elle était vraiment à ma taille, comme quoi, les mecs ils ont l’œil ! »

Dans la vie, comment était-il ?
« Tout le monde croit que c’était un homme un peu triste mais en réalité c’était quelqu’un qui aimait beaucoup déconner. Plus c’était bête, plus ça le faisait rire. Et dans le travail c’était pareil. On dit toujours qu’avec Jean-Luc tout se faisait comme ça, sur l’instant. Mais c’est faux. Pour « Bande à part », on a beaucoup répété la scène où l’on danse le madison mine de rien (bande annonce du festival de cette année). Pendant 3 semaines ont s’est retrouvés tous les soirs dans une boîte de nuit pour que ça fonctionne bien ».

Vous avez eu une très belle carrière. Avez-vous le sentiment d’avoir accomplie tous vos rêves ?
« Ma carrière, c’est un cadeau du ciel ! D’où je viens, je n’avais pas tellement de chances de devenir celle que je suis devenue. Mais quand on est jeune, on a peur de rien, on se lance. Aujourd’hui c’est plus pareil, j’ai même peur de descendre les escaliers. Alors que c’est dans la tête tout ça. Si je voulais, je pourrais les descendre en courant ! »



















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