Café Solidaire : pour favoriser le lien social


Rédigé par - Angers, le 07/12/2013 - 17:52 / modifié le 08/12/2013 - 16:21


Prendre un café et en payer un second pour une personne en situation de précarité, c’est le principe du « café en attente ». Originaire d’Italie, le concept fonctionne dans plusieurs villes de France. A Angers, il s’installe timidement sous le nom de « café solidaire ». Et ce n’est pas gagné !



Le Cofee's Cup, la première enseigne ayant accepté, "sur le bout des lèvres ", le café solidaire
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« Un café solidaire, s'il vous plaît ! » C’est peut-être ce que l’on pourra entendre dans les bars d’Angers si chacun y met du sien, les gérants de bars comme les clients. Car en période de crise, à Angers, comme ailleurs, la solidarité, ça commence par soi-même. Pour l’instant deux bars du centre d’Angers ont accepté de jouer le jeu de la générosité : le Cofee’s Cup, rue Saint-Georges et le Bar du Centre, rue Saint Laud. Le restaurant rapide « Version Française », boulevard Foch, pourrait leur emboiter le pas avec une soupe solidaire.

Cette action solidaire qui consiste à acheter un café et en payer deux, le second étant mis en attente sur une ardoise pour une personne qui ne peut pas se l’offrir, est une vieille tradition napolitaine baptisée « caffè sospeso » en Italie. La plupart des cafés de Naples proposent le « café suspendu ».

« Le principe n’est pas facile à mettre en place, certains propriétaires voyant d’un mauvais l’œil l’arrivée de « pauvres » dans leur établissement », explique Jean-Michel, l’un des initiateurs du « projet café solidaire » à Angers.

« Ils ont l’impression qu’ils vont voir débouler tous les SDF du quartier ». Le principe du café solidaire qui consiste à acheter deux cafés, l’un pour soi et un autre, réservé, pour la personne nécessiteuse qui en fera la demande, peut intéresser un étudiant, une personne isolée, un vieillard, toutes personnes à faibles revenus. « Il s’agit surtout de créer du lien social pour des personnes qui, du fait de leurs faibles ressources, risquent de le perdre ». Et à ce point de vue, un bar, une boulangerie de quartier ou un petit resto sont des endroits appropriés.

« Il faudrait que tous les cafetiers adoptent ce principe »

« L’idée est sympathique, mais pour l’instant personne ne nous a demandé un café solidaire (à part la personne qui est venue leurs « vendre » le concept : NDLR), et nous ne pouvons pas l’imposer à nos clients », expliquent Serge et Maryline les patrons du Cofee’s Cup, une échoppe qui propose du café et des boissons à base de café. « Ici les gens n’ont pas la culture du café. Et puis nous ne voulons pas que les « zonards » viennent squatter notre salle avec leurs chiens ». Le ton est donné. Le café solidaire, oui, mais pas pour n’importe qui.

Serge et Maryline ont trouvé la solution, ils proposent « le café solidaire à emporter ». Ce qui évitera de faire fuir la clientèle qui fréquente leur établissement.

Au Bar du Centre, situé à deux pas, rue Saint Laud, un bar qui accueille étudiants et clients bobo, on affirme « être au courant, mais ne pas avoir commencé ». Le patron attend que ce soit les initiateurs du concept qui s’en occupent. En clair qu’ils gèrent les cafés en attente. Ce n’est donc pas gagné, même si le patron avoue « qu’il faudrait que tous les cafetiers adhèrent au principe ».

Si dans certaines villes comme Rennes ou Nantes le principe fonctionne bien, ce n’est pas encore le cas à Angers. « C’est amusant comme principe, mais le café est assez cher comme ça », affirment des jeunes rencontrés dans un bar et qui ne connaissaient pas encore les cafés en attente.

Jean Michel et Matthieu, deux des « citoyens engagés » qui ont décidé d’implanter le concept à Angers, reconnaissent que ce ne sera pas facile. Mais pour eux le « café en attente » est avant tout un remède anti-crise qui, outre l’aide apportée à quelques démunis, est vecteur de lien social. Alors ils multiplient les actions sur les réseaux sociaux, recherchant aussi « des boulangeries, pour le même principe avec une baguette ou des sandwichs ». La solidarité au quotidien, un principe simple, mais pas facile à faire entrer dans les mœurs. Et Angers, ce n’est pas Naples.

Pour en savoir plus : cafesolidaireangers.blogspot.fr




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Tonton Flingueur le 07/12/2013 20:52 | Alerter
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dans ce domaine comme dans les autres, tout ce qui est nouveau à Angers, on le sait bien, a besoin de plusieurs années avant d'être abordé sans peur...

2.Posté par Pedro le 08/12/2013 16:08 | Alerter
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Concept intéressant, à faire partager.

3.Posté par Serge pasquelin le 09/12/2013 19:00 | Alerter
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Les zonards ont droit au Cafe solidaire a emporter sans problème.
Les places étant restreintes dans notre établissement nous ne pouvons recevoir ces personnes .
Cordialement
Serge et maryline








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