Café littéraire : ces passions que rien n’arrête


Rédigé par Catherine NEDELEC - Angers, le Mercredi 11 Avril 2012 à 12:15


Les cafés littéraires de "Bibliothèque et culture pour tous", remportent toujours l’adhésion de lecteurs avides de nouveautés, mais aussi de grandes histoires. Au café « Chez toi », la passion a été évoquée à travers le roman de Metin Arditi, "Le Turquetto".



Cécil d'Estienne et Dominique de Ferrière ont choisi le voyage pour leur dernier café littéraire
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"Il existe au musée du Louvre un portrait attribué à Titien, intitulé L'homme au gant, qui présente une curiosité. La signature apposée au bas de la toile, TICIANUS, toute en majuscules, semble peinte de deux couleurs différentes ». Deux couleurs qui pourraient révéler une signature en deux temps. Ce tableau serait-il l’unique œuvre qui nous reste d’une des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne ? C'est du moins le postulat que Metin Arditi a choisi pour se lancer dans l’écriture de son roman. Le Turquetto nous entraine ainsi sur les pas d’un peintre énigmatique, guidé par sa passion de la peinture, qui le conduit à la gloire, mais aussi à sa perte.

Constantinople, 1531. Fils d’un employé du marché aux esclaves, Elie est un jeune garçon juif, possédant un don réel pour le dessin. Il s’exile très jeune à Venise pour y parfaire et pratiquer son art. Il devient apprenti dans l’atelier de Titien. Mais pour accéder à la notoriété, il doit cacher sa judéité et se prétendre chrétien. Il devient alors Ilas Troyanos, surnommé Le Turquetto, très recherché par les amateurs d’Art et les religieux. « A la beauté des couleurs, s’ajoutait la précision du trait. Les personnages étaient, vivants, vibrants, prêts à surgir de la toile ». Grâce à son immense talent, il donne naissance à une œuvre admirable nourrie de tradition biblique, de calligraphie ottomane et d’art sacré byzantin.

Mais c'est ce même mensonge qui après lui avoir donné tous les honneurs, l’entraine dans sa chute. Au sommet de sa gloire, il doit comparaître devant les tribunaux de Venise… « La Cène du Turquetto montrait le vrai christianisme, aussi bien que les fresques d’Assise. Jésus était là, immense, à l’écoute, prêt à serrer chacun dans ses bras et à les consoler. Mais pour ce tableau qui disait l’immense charité, Venise allait se déchirer ».

La quête du savoir

Café littéraire : ces passions que rien n’arrête
Metin Arditi dépeint magnifiquement le foisonnement du Grand Bazar de Constantinople, les révoltes du jeune garçon avide de dessin et surtout, son soudain départ... Le départ justement, condition nécessaire pour Elie qui, pour assouvir sa passion doit coûte que coûte dépasser les nombreuses barrières qui se dressent devant lui, autant de freins dus à sa naissance. Animatrices du café littéraire organisé par Bibliothèque et culture pour tous, Cécile d’Estienne et Dominique de Ferrière ont souhaité mettre en avant la quête du savoir et de l’accomplissement à une époque où le voyage était souvent fondamental.

Un thème d’importance développé dans le livre remarquable de Metin Arditi, mis en parallèle pour l'occasion avec celui de Noah Gordon, Le Médecin d’Ispahan, qui dans un autre domaine, traite de cette même et primordiale volonté d’aboutir. L’histoire : de Londres à Ispahan, au XIème siècle, l'aventure de Rob J. Cole, enflammé d'une passion dévorante: vaincre la mort et la maladie. Pour y arriver, il traversera l'Europe et se fera passer pour un Juif, afin d'accéder aux Universités de Médecine Perses….

Ces deux livres mettent en évidence la force des passions que rien n’arrête, même si le parcours doit être semé d’embuches…

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