Comprendre les vitraux de la cathédrale d'Angers


Rédigé par Catherine Nedelec - Angers, le Lundi 31 Janvier 2011 à 10:27


Edité par le Comité des Travaux Historiques et Scientifiques (CTHS), le dernier livre de Karine Boulanger est entièrement consacré à l’un des plus beaux monuments de la ville d’Angers. Pour cette étude, l’auteur a effectué un lourd travail de recherche sur le point le plus obscur de la cathédrale : ses vitraux.



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Comprendre les vitraux de la cathédrale d'Angers
Louis de Farcy, Jane Hayward et Gloria Gilmore-House sont les seuls chercheurs avant Karine Boulanger ayant publié une thèse sur la vitrerie de la cathédrale d’Angers. Avec Les Vitraux de la cathédrale d’Angers, l’auteur s’est penché à son tour sur une particularité du grand édifice : certains points n’avaient jamais été élucidés jusqu’alors. Aussi, après un lourd travail de recherche, elle apporte des éléments nouveaux sur les créations et leurs datations, ainsi que sur la production de chaque atelier depuis les années 1190 jusqu’au deuxième quart du XIIIe siècle. Retour dans le savoir-faire des maîtres verriers et dans l’histoire de la cathédrale d’Angers.

Karine Boulanger est déjà auteur de nombreuses études sur le vitrail au Moyen Age, notamment Le vitrail et les traités du Moyen Age à nos jours (Actes du XXIIIe colloque international du Corpus Vitrearum) et L'art du vitrail vers 1400 (CTHS, 2008). C’est avec le pleine connaissance de son sujet que l’auteur a analysé le rébus des œuvres restaurées, déplacées ou recomposées et souvent mal compris, afin de redonner aux vitraux d’Angers leur place dans l’histoire de l’Art.

Une entreprise délicate au regard de l’histoire même de la cathédrale. Elle a ainsi fait appel aux responsables des archives de Maine et Loire et des manuscrits de la bibliothèque municipale d’Angers, de la conservation des antiquités et objets d’arts, des archives diocésaines et du musée, entre-autres. La mise à plat des données historiques, matérielles et techniques mais aussi l’expertise des pièces par les restaurateurs contemporains fut aussi une aide précieuse pour l’auteur dans la compréhension même de l’iconographie.

Retrouver les emplacements d’origine

Ce n’est qu’après la reconstitution de l’histoire de l’édifice marquée notamment par les incendies de 1451 et de 1533, les destructions du XVIIIe siècle, la première restauration de 1858 et la bombe qui explosa tout près en 1944, sans omettre les déplacements de panneaux, que Karine Boulanger a pu analyser l’ensemble des décors vitrés. Grâce aux archives, aux fonds graphiques et iconographiques et par l’observation des œuvres, l’auteur a retrouvé l’emplacement d’origine d’un certain nombre de panneaux de la fin du XIIe siècle et de la première moitié du XIIIe siècle.

Elle nous révèle que les évêques et le chapitre ont beaucoup investi dans la création des vitraux de la cathédrale. Ils sont Hugues de Semblançay dont le don permis la fabrication de la presque totalité des vitraux de la nef à la fin du XIIe siècle, Raoul de Beaumont, à qui on doit les chefs-d’œuvre les plus célèbres du XIIIe siècle, Guillaume de Beaumont, son neveu ou Richard de Tosny. L’auteur nous renseigne aussi sur les conditions de fabrication des vitraux et de leur entretien, ainsi que sur le métier de peintre-verrier et sur le fonctionnement de la fabrique, mise en place dès le début du XIIIe siècle. Un livre dense qui vaut aussi pour sa partie iconographique de qualité, facilitant une meilleure compréhension de l’étude.












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