Conférence : Michel Zink à la bibliothèque municipale


Rédigé par Catherine Nedelec - Angers, le Mardi 17 Novembre 2009 à 22:06


Samedi 14 novembre, Michel Zink Professeur de littérature médiévale au Collège de France, a commenté les œuvres de René d’Anjou et notamment « Le Mortifiement de vaine plaisance », paru aux Presses Universitaires de France et pour lequel il a écrit une substantielle préface. Une conférence qui a permis de mieux comprendre la personnalité de ce monarque brillant, passionné des arts et lui-même véritable écrivain.



Michel Zink - Photo bibliothèque municipale d'Angers
Michel Zink - Photo bibliothèque municipale d'Angers
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Le Mortifiement de vaine plaisance ou mortification de plaisir vain, ne s’accorde pas à l’idée que l’on se fait de ce monarque aimé de ses sujets, appréciant les fêtes et les tournois, protecteur des arts et lui-même auteurs de trois ouvrages Le livre des tournois, Le livre du cœur d’amour épris et le Mortifiement de vaine plaisance, qu’en roi malgré tout dévot, il compose en 1455, année de son deuxième mariage avec Jeanne de Laval. Pour Michel Zink « René d’Anjou fait partie des princes régnant qui sont aussi des écrivains, ce qui était fréquent au Moyen-Âge, mais beaucoup étaient des poètes lyriques, auteurs d’une seule œuvre. René d’Anjou lui avait un réel besoin d’écrire ».

Le livre des tournois, traitant le cérémonial d’un tournoi, sorte de manuel des bonnes manières est pourtant bien une œuvre, René d’Anjou y racontant un tournoi fictif mais vraisemblable. Le Mortifiement de vaine plaisance et plus tard, Le livre du cœur d’amour épris sont des romans du cœur. Trois œuvres différentes mais liées par la qualité des illustrations et des textes. Auteur, commanditaire et mécène, il impose son goût très sûr, même aux peintres le plus doués, confiant la copie et l’illustration de ses œuvres à Barthélemy d’Eyck et Jean Colombe.

Un traité de spiritualité

Un livre aux enluminures exceptionnelles
Un livre aux enluminures exceptionnelles
Le Mortifiement de vaine plaisance, histoire d’un cœur crucifié, rend René d’Anjou témoin d’une aventure exemplaire et édifiante de l’âme qui doit mortifier son cœur mondain. « Un traité sur l’âme dévote et le cœur plein de vanité ou en proie aux désirs de monde, entrainant une méditation sur la passion du Sauveur qui nous a racheté ». René d’Anjou n’est pas théologien et veut être lu par les gens simples. Pour lui « la vie de l’homme sur terre n’est que tentation », version déformée de la citation de Job. L’auteur entend la plainte de l’âme, s’approche pour se rendre compte et en fait son profit. Il étaye d’histoires du quotidien, exposant les péchés auxquels s’exposent les puissants.

« Avec l’âme et le cœur, René d’Anjou crée la réunion du divin et de l’affectivité. Le cœur, objet, incarne les pulsions mauvaises de l’homme charnel et n’a pas de raison Celles-ci est du côté de l’âme ». Les mécanismes de la tentation sont donc expliqués et illustrés, adoucissant ce qu’il y a d’insupportable dans le récit, directement liés au talent de l’illustrateur : René dort, l’âme est absente, le désir est ailleurs, illustrant un détachement malgré les crucifixions. On retrouve cette forme dans l’ensemble de son œuvre « difficile à saisir, qui paraît hétéroclite mais qui est toujours la même, qui parle de René d’Anjou uniquement, ouvrages dont il s’évade, dont il est constamment absent ».

280 pages – 27 €
En librairie












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