David Foenkinos : douleur bienfaisante


Rédigé par Catherine NEDELEC - Angers, le Dimanche 14 Avril 2013 à 13:29


Samedi après-midi, David Foenkinos est venu présenter son dernier roman dans le cadre des "rencontres" de la librairie Richer. « Je vais mieux » (Gallimard) raconte le bouleversement total de la vie d’un homme dont le destin semble tracé par ses propres exigences. Pourtant, un événement important en modifie le cours…



David Foenkinos interviewé par Antoine Boussin
David Foenkinos interviewé par Antoine Boussin
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Antoine Boussin, Directeur de la librairie Richer, ne cachait pas son plaisir de recevoir David Foenkinos. Auteur prolifique - Entre les oreilles (2002), Le potentiel érotique de ma femme (2004), En cas de bonheur (2005), Qui se souvient de David Foenkinos ? (2007), Nos séparations (2008), Les souvenirs (2011) – il se fait particulièrement remarqué avec l’adaptation, en 2011, de La délicatesse, qui réunit les acteurs Audrey Tautou et François Damiens.

L’amour, encore, est au centre de son dernier roman Je vais mieux, bilan de la vie d’un homme à l’âge de la maturité. « J’aimais planifier, prévenir, prévoir » avoue t-il et longtemps se fourvoie sur son bonheur. On entre dans sa vie : femme, enfants, amis sincères, un métier qu’il aime et qui le fait vivre, pourtant il reconnaitra plus tard : « Ma vie entière était fondée sur des mensonges qui me poussaient à ne rien changer ».

La douleur psychologique

Tout commence avec un mal de dos « comme de légères morsures », que rien ne parvient à calmer. L’inquiétude s’installe, l’imagination fait le reste. Du médecin : « Il avait une façon si angoissante de ne pas finir ses phrases, de laisser des points de suspension entre ses mots, ça signifiait forcément quelques chose ». Pourtant, la raison n’est pas médicale. Commence alors une longue enquête depuis l’enfance, des traumatismes, des relations conflictuelles, des peines, des frustrations, afin de trouver les clefs qui ouvriront les portes vers la guérison.

David Foenkinos signe ici avec subtilité un sujet qui interpelle le lecteur par son universalité. « L’homme se prend en main car on ne peut plus accepter des situations si le corps refuse, par la douleur ». A travers ce personnage, l’auteur montre que la vie des êtres, quels qu’ils soient, est souvent en décalage avec celle qu’ils souhaiteraient au fond d’eux-mêmes.

S’en rendre compte est beaucoup plus difficile que l’on imagine ; dans ce roman, le personnage parcourt un long chemin vers la connaissance de lui-même. Et comme toutes les histoires, celle-ci a une fin. David Foenkinos nous montre que tous ces efforts ne peuvent être vains : « le personnage est prêt et alors, tout peux arriver ». Je vais mieux : un sujet grave et réel, un récit non dénué d’humour, et un formidable élan d’optimisme.

Editions Gallimard
330 pages – 19,50 €












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