De nouvelles ambitions pour l'Université d'Angers


Rédigé par Julie MILLIET - Angers, le 17/04/2017 - 08:00 / modifié le 03/05/2017 - 18:39


Coup de jeune pour l'Université d'Angers à la rentrée prochaine. La Faculté de lettres, langues et sciences humaines prévoit de nouveaux dispositifs pour travailler sur les qualités humaines des étudiants - soft skills - afin de permettre une meilleure insertion professionnelle. L'Université obtient deux postes pour enclencher et soutenir sa mutation.



Parmi les professionnels impliqués dans la révision pédagogique de l'UA, Christian Roblédo (président de l'UA), Didier Boisson (Doyen de la Faculté LLSH) et trois représentant du monde économique (Crédit mutuel, CPME et MEDEF).
Parmi les professionnels impliqués dans la révision pédagogique de l'UA, Christian Roblédo (président de l'UA), Didier Boisson (Doyen de la Faculté LLSH) et trois représentant du monde économique (Crédit mutuel, CPME et MEDEF).
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Etre étudiant, c’est engranger des connaissances culturelles, mais pas seulement : c’est un parcours de long terme, entre doutes et réflexions, amenant au monde professionnel. De manière contradictoire, l’enseignement lié à l’insertion professionnelle – celui qui permet de développer les qualités essentielles pour vivre en entreprise au-delà des savoir-faire –  est faible.
 
En ce sens, le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche a jugé important cette année de lancer un appel à manifestation d’intérêt pour des transformations pédagogiques à la rentrée prochaine. Et l'Université d'Angers a été retenue parmi les lauréats. Elle est désormais membre du groupe pilote national de cette initiative, prévoyant la mise en place de dispositifs innovants de formations dont le  but est de développer les compétences métiers et améliorer l’ "employabilité" des étudiants en Lettres, Langues et Sciences Humaines (LLSH).
 
Pour rappel, l’Université d’Angers, ce sont 23 000 étudiants, dont plus de 4 000 en LLSH, répartis sur trois campus angevins – Belle-Beille, Saint-Serge, santé – et deux campus délocalisés, à Cholet et Saumur. Sa ligne de conduite : développer au maximum des formations professionnelles, une pédagogie innovante et le souhait de garder sa place de premiers de la classe pour le taux de réussite en licence et insertion professionnelle. « 59,1% réussissent leur diplôme et 90% des étudiants diplômés trouvent un emploi dans les 30 mois après l’obtention de leur titre » , appuient les responsables de l'université. Quel est donc le but de cette révision pédagogique ? Corriger la marge de progression des étudiants en Sciences Humaines et Sociales (SHS), en leur permettant une meilleure insertion professionnelle, salaire net médian augmenté et une hausse des emplois stables, à temps plein.
"Développer les soft skills des étudiants, c’est-à-dire les compétences douces ou qualités humaines pouvant les différencier, qui sont de plus en plus valorisées par les recruteurs" 

L’équipe pédagogique et les trois partenaires économiques impliqués – Crédit mutuel, CPME, MEDEF – souhaitent développer les "soft skills" des étudiants, c’est-à-dire les compétences douces ou qualités humaines pouvant les différencier, qui sont de plus en plus valorisées par les recruteurs. Pour cela, les formations et la notation seront centrées autour des compétences, afin de valoriser plutôt que de sanctionner. Des ateliers d’entraînement aux entretiens de recrutement, un accompagnement de recherche de stages et d’emplois, un parrainage des étudiants par des dirigeant(e)s d’entreprises, l’activation du réseau des anciens étudiants et le développement de nouveaux outils numériques – formations à distances et capsules numériques dédiées au SHS – seront aussi instaurés.
 
Un tel projet implique des modifications du modèle économique. Deux créations de postes en découlent. Un chargé des relations avec les milieux professionnels s’occupera des échanges entre étudiants, professionnels et ancien élèves en gérant  divers ateliers. Il prendra également en charge l’évaluation de l’expérimentation. Un ingénieur pédagogique s’occupera quant à lui de la transformation de l’offre de formation et du développement numérique, comme le développement de capsules numériques de soft skills et scénarios de recrutement.
 
Les entreprises partenaires encouragent cette évolution et les étudiants s’en étant informés en attendent beaucoup. Isabelle Pitto, directrice générale du Crédit Mutuel angevin trouve important de développer des capacités à apprendre et s’adapter afin de faire face aux mutations. Dominique Poirier, représentant de la CPME (Confédération des Petites et Moyennes Entreprises) appuie ses propos : « Il faut que les étudiants connaissent le monde de l’entreprise et en voient la possibilité d’échange, de créativité, qu’ils aient le goût d’entreprendre, car ce sont les travailleurs de demain. Nous avons donc un travail de transmission à faire ».

"Découvrir des débouchés auxquels on n’avait pas pensé "
Thomas Daburon, Master 1 Traduction espagnole  et étudiant entrepreneur 
« Beaucoup de personnes doutent après leur licence, alors je trouve cette initiative intéressante. C’est l’occasion d’aller au-delà des préjugés du monde professionnel, de découvrir des débouchés auxquels on n’avait pas pensé ou simplement voir ce qui est possible de faire dans son domaine d’étude. Jusqu’à présent l’enseignement lié à l’insertion professionnelle était léger. Si l’on ne choisissait pas l’initiation entrepreneuriale que j’ai suivie, il y avait seulement quelques cours autour du projet professionnel. Comme j’étais content de pouvoir acquérir de nouvelles compétences et idées pour la suite, je pense que c’est un bon point de développer ces nouveaux dispositifs. »












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