Elections : paroles de fonctionnaires

DOSSIER ELECTIONS : QU'ATTENDENT LES ANGEVINS ? #6


Rédigé par La Rédaction - Angers, le 18/04/2017 - 07:45 / modifié le 18/04/2017 - 14:15


Présidentielles, les dimanches 23 avril et 7 mai. Législatives, les 11 et 18 juin. Ces prochaines semaines, les Français vont se choisir un nouveau chef d’Etat puis donner (ou pas) à son gouvernement une majorité à l’Assemblée nationale pour soutenir son action. Dire que l’enjeu de ces deux rendez-vous électoraux sera déterminant pour notre avenir commun est un euphémisme. Dans un contexte politique teinté de désenchantement et de défiance, les Angevins tentent d’évaluer les programmes et les candidats. Pour le jour venu, si possible, voter en pleine conscience. Nous en avons rencontré et interrogé un certain nombre pour mesurer leurs attentes, sans soucis d’exhaustivité mais avec la volonté de varier nos points de chute et les regards. Alors, qu’attendent-ils ces Angevins ?

Infirmière, enseignant du primaire ou du secondaire s'expriment sur leurs attentes professionnelles et personnelles



Photo d'archives d'une manifestation dans la fonction publique, à Angers.
Photo d'archives d'une manifestation dans la fonction publique, à Angers.
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M. est infirmière au CHU d'Angers.

« Quand j’ai commencé dans les années 1980, la situation était déjà compliquée ; on faisait beaucoup d’heures supplémentaires. En 1988, il y a eu un mouvement de colère des infirmiers qui a débouché sur la création de postes et des augmentations de salaires. On avait réussi à avancer. Mais la situation a commencé à se dégrader à nouveau à partir du début des années 1990. Et ça ne s’améliore pas d’année en année. Aujourd’hui, on nous demande sans cesse de boucher les trous à la dernière minute, car il n’y a pas de personnel pour le remplacement. Dès qu’il y a un arrêt de travail dans un service, il faut bien compenser. Alors, on accumule les heures.

Il faut aussi accélérer le rythme. On enchaîne les actes, qui sont devenus de plus en plus techniques. On a  clairement moins de temps pour passer du temps avec les patients ou leurs familles. Parfois, on n’a même pas le temps de s’assoir sur le coin du lit pour parler avec un patient, le réconforter. Combien de fois, je suis rentrée chez moi le soir, en me disant : je n’ai pas eu le temps de faire ceci ou cela. C’est très frustrant. Et c’est aussi vrai pour les aides-soignantes, tout comme le personnel de ménage. On ne peut pas rejeter la faute à nos cadres. Ils - ou elles - gèrent la misère…

S’il fallait demander une chose à nos hommes et femmes politiques, ce serait simplement de créer des postes. Qu’on ait au moins dans l’hôpital un service de remplacement pour gérer les arrêts des collègues sans être obligés de prendre sur une journée de repos ou un week-end. Ce n’est peut-être pas très original, mais c’est vraiment la priorité. Ici comme ailleurs, il y a des collègues en burn-out infirmiers. On n’en parle pas assez, mais c’est une réalité » 

Théodore, enseignant dans le second degré à Angers
 
"Les élections m'intéressent évidemment, mais elles m'ont toujours intéressées. Seulement là, c'est un vrai foutoir... Disons que je les trouve passionnante du point de vue du traitement de l'information, avec la manière dont Les Décodeurs, par exemple, éclairent les sujets de la campagne. Mon grand regret, c'est que les questions de probité de la personne passent avant les questions de programmes. C'est nécessaire, mais le ménage aurait dû être fait avant.

La conséquence, c'est que pour la première fois depuis que je vote, je ne sais pas encore vers qui va s'orienter mon choix, parce que je ne suis convaincu par personne. Et croyez-moi, je ne suis pas le seul dans ce cas en salle des profs.
Du coup, je n'attends pas grand-chose du nouveau président parce que je suis un peu paumé. Sur le plan de l'éducation, j'espère seulement qu'on nous livrera une vision plus claire de l'enseignement, et qu'un travail en profondeur sera mené autour de l'orientation ; c'est fondamental. Je pense aussi que les élus ne peuvent nous demander de la rigueur sans être rigoureux eux-mêmes. Je participe régulièrement à Angers au mouvement Stop Corruption. Cette élection doit être un tournant dans la transparence et l'assainissement de la vie politique."

Samuel, professeur des écoles à Angers
 
"Je m'intéresse évidemment à la campagne parce que j'aime bien l'idée d'être acteur de notre vie. Cette campagne, je la trouve étrange parce qu'incertaine, à la fois inintéressante et palpitante. C'est difficile de ne pas perdre le fil...
Je ne peux pas dire que les affaires qui agitent le microcosme politique m'étonnent, mais en même temps, ça me déçoit à chaque fois : c'est un peu comme le dopage en sport...

Je me suis décidé récemment pour qui voter, et c'est plus un vote de stratégie que d'adhésion totale. Je veux d'un président qui ne divise pas, qui ne se ferme pas : je veux de l'altruisme et de l'ouverture. Et en filigrane, j'aimerais un changement de société, de nos modes de vie. L'utopie et la révolution peuvent avoir du bon, non ? Bref, il faut une rupture réelle avec ce qui se fait jusqu'alors."












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