Festival d’Anjou : Francis HUSTER se glisse dans la peau de Molière


Rédigé par - Angers, le 18/06/2012 - 15:17 / modifié le 18/06/2012 - 19:51


Dans le Misanthrope qui sera présenté ce soir au château du Plessis-Macé (Angers) dans le cadre du 63ème Festival d’Anjou, Francis HUSTER qui semble haïr la terre entière en dénonçant la compromission du monde contemporain, a trouvé dans le personnage d’Alceste, un rôle qui lui sied à merveille. D’autant que ce serait Molière lui-même qui se serait mis en scène.



Francis HUSTER présentant son Misanthrope et Molière
Francis HUSTER présentant son Misanthrope et Molière
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Francis HUSTER se serait-il imprégné du rôle d’Alceste, le personnage clé du Misanthrope de Molière au point d’en vouloir à son entourage ? Le comédien que l’on avait déjà vu l’an dernier sur la même scène du Plessis-Macé interpréter un Don Juan encore plus cynique que d’aucuns puissent l’imaginer, semble haïr tous ceux qu'il connait considérant qu’ils sont couards et hypocrites, pareil à l’Alceste du Misanthrope de Jean-Baptiste Poquelin dit Molière.

« Alceste est invivable parce qu’il ne sait pas aimer, parce qu’il ne s’aime pas lui-même. Alceste c’est l’anti-héros, c’est une horreur, un monstre, ce que nous sommes tous », commente Francis HUSTER en présentant sa version du Misanthrope. « Aucun ne peut se prendre pour Alceste », poursuit le comédien, sauf peut-être lui.

La haine dont fait preuve HUSTER provient de ses relations difficiles avec la télévision qui refuse de diffuser son adaptation du Misanthrope, pourtant récompensée par 3 Molières, parce que c’est justement du Molière et qui plus est en costumes contemporains. « Le Misanthrope ce n’est pas une comédie, c’est une tragédie qui n’est pas jouée en costumes d’époque. Ça ne les intéresse pas. Va te faire voir Francis. Je suis fou de rage et je n’ai pas fini de laver cet affront ».

Pas besoin de forcer le trait, HUSTER est devenu Alceste en chair et en os et ce soir, au Plessis-Macé les spectateurs ne sauront plus s’il joue son propre rôle, ou celui d’un certain Molière qui comme lui dénonçait, au travers de ses comédies, les coups bas et les mœurs de la cour, de cette société du paraître, peut-être pas si différente de la nôtre.

« Molière voulait faire des tragédies, mais le spectateur de l’époque croyait que c’était de l’opéra parlé. Ce fut donc une véritable catastrophe. Et pourtant le Misanthrope qui se termine mal est une véritable tragédie », poursuit Francis HUSTER qui veut que le public s’imprègne lui aussi de son œuvre et passe un grand moment avec Molière.

« Si la grâce de Molière, avec ses grands moments de silence, se transmet au public, nous auront fait notre devoir », explique le comédien et metteur en scène qui tient à faire apprécier cet auteur auquel il s’identifie aujourd’hui. Mais pour que le courant passe et que le public entre dans la pièce, il faut que quelqu’un la dirige vraiment, « que le public sente qu’il y a un patron et le patron c’est Molière », sous entendu lui, celui qui dirige l’ensemble et fait en sorte que le public soit conquis. Et nul doute, il devrait l’être.

« Molière a atteint un niveau que Shakespeare n’a jamais atteint. C’est un écrivain de la vie, un salaud, un monstre », s’enflamme le comédien, entré désormais dans la peau d’un personnage, Alceste alias Molière lui-même, lequel s’est mis en scène et qui semble vraiment imprégner Francis HUSTER.

«Je suis dans une période épouvantable de ma vie, la moitié de mes amis sont des ordures et des faux culs. Je suis à un tournant, ce rôle peut m’aider à me libérer ». Pas de doute, HUSTER est entré dans la peau d’Alceste. Mais en sortira-t-il vraiment ? En attendant le mimétisme est tel que les spectateurs devraient apprécier.




Yannick Sourisseau
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