Festival d’Anjou : le Roi Bouquet est toujours bien vivant


Rédigé par - Angers, le 22/06/2013 - 14:42 / modifié le 23/06/2013 - 19:52


A presque 88 ans, pendant que d’autres brûlent leurs dernières planches dans une maison de retraite, l’inusable comédien réalise une véritable performance en interprétant, le Roi se meurt d’Eugène Ionesco. Le public du Plessis-Macé, présent hier soir, malgré une météo peu engageante y était très sensible.



Michel Bouquet, presque 88 ans et toujours aussi bon comédien
Michel Bouquet, presque 88 ans et toujours aussi bon comédien
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Il va finir par mourir sur scène », disait un spectateur en sortant du Plessis-Macé hier soir, lors de la 9e soirée, toujours sans pluie, de la 64e édition du Festival d’Anjou. Certes le pas est plus hésitant, et le roi Béranger 1er interprété par Michel Bouquet, peine à se hisser sur son piédestal. Mais personne n’est vraiment capable de savoir si cet immense comédien, toujours aussi cabotin, joue la comédie où s'il est vraiment atteint pas la limite d'âge.

« Je ne peux pas envisager de ne plus jouer », avait-il confié l’an dernier à un journaliste lorsqu’il avait décidé à 87 ans de reprendre le rôle du roi tyrannique et hors d’âge qui lui sied à merveille. Ionesco étant l’un de ses auteurs fétiches.

Heureusement, cette pièce relativement courte (1h20), nécessite peu de texte et de déplacement. L’espace est restreint et le monarque Bouquet, en pantoufle, c’est plus confortable, se déplace de son trône vers un siège en poussant quelques bougonneries dont il s’est fait une spécialité.

Mais quand d’autres sont atteints d’une sévère perte de mémoire et sucrent les fraises, le roi Bouquet, se souvient encore de son texte, maintes fois répété tout de même. Mais pour autant, il avoue facilement que son âge avancé ne lui permettrait pas de retenir d'autres textes.

La bête de scène qu'il est n’envisage toujours pas de prendre sa retraite. C’est devenu pour lui une véritable drogue et selon ses proches c’est même ce qui le maintient en vie. Et pourtant, mourir sur scène quelle belle fin pour un comédien, surtout lorsque l’on interprète un roi en fin de vie.

Rôle ou pas, tout le monde l’encourage et les autres comédiens l’aident à s’asseoir, l’entourent d’affection, comme le roi mourant qu’il n’est pas encore, mais qu’il sera certainement un jour, comme tout le monde.

Et en attendant le public angevin, plutôt fidèle, apprécie et applaudit debout quand arrive la fin du spectacle. Il en redemande même. Tout sourire, visiblement heureux d’avoir réussi, il n’hésite pas à revenir plusieurs fois saluer la foule toute acquise à sa cause, soutenu par ses camarades de scène.

« Ça c’est du théâtre et Michel Bouquet, quel immense comédien. Je n’aurais raté cette séance sous aucun prétexte », disait un fan de l’artiste en quittant les gradins du Plessis-Macé. Le Roi est vieux, les murs de son château se lézardent, comme sa vie et Marguerite sa première épouse (Juliette Carré) et son médecin (Pierre Forest) le poussent à abdiquer pour mourir dignement.

Mais Bouquet s’accroche à son trône, soutenu par Marie sa seconde et jeune épouse, seule à croire à un sursaut du monarque. Un rôle taillé sur mesure pour ce comédien qui n’envisage pas de quitter la scène aussi facilement.




Yannick Sourisseau
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