Folies sur ordonnance : un film sur France 5 et une affaire suivie par un avocat angevin


Rédigé par - Angers, le 12/03/2013 - 10:00 / modifié le 13/03/2013 - 00:54


Après le Médiator, le Requip, ce médicament utilisé pour soigner la maladie de Parkinson et qui entraine des addictions aux jeux et au sexe, pourrait bien être le second scandale de l’industrie pharmaceutique. Des malades, défendus par un petit cabinet d’avocat angevin, ont assigné le laboratoire en justice et gagné. Une affaire qui a donné lieu à un documentaire proposé ce soir sur France 5.



L'avocat angevin Antoine Beguin, lors du débat qui suivit l'avant-première du film à la Fac de Droit d'Angers
L'avocat angevin Antoine Beguin, lors du débat qui suivit l'avant-première du film à la Fac de Droit d'Angers
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Comment Antoine Beguin, modeste avocat angevin et maitre de conférence à la Faculté de Droit d’Angers, a pu se retrouver au cœur de ce qui pourrait bien être la prochaine affaire de la toute puissante industrie pharmaceutique ?

« Par le plus grand des hasards », déclare l’intéressé. « J’ai été sollicité par une toute petite association d’Avrillé, CADUS, qui s’est fixé pour objectif de défendre les usagers de la Santé. Cette dernière suivait un malade nantais, Didier Jambart, un parkinsonien dont la vie était devenue un enfer depuis que son neurologue lui avait prescrit un médicament appelé " Requip ", des laboratoires GSK (GlaxoSmithKline) ».

52 ans, père de deux enfants, cadre supérieur à l’Arsenal, Didier Jambart, était ce que l’on peut appeler un homme normal. Atteint de la maladie de Parkinson vers l’âge de 43 ans il est pris en charge par un neurologue nantais qui lui prescrit le médicament censé calmer les effets de la maladie : le Requip .

Très vite le malade développe une hypersexualité et une addiction aux jeux, l’entrainant dans une spirale infernale où il dépensera sa propre fortune, volant même ses amis et collègues de travail pour assouvir ses passions. Avec parfois des moments de lucidité où il envisagera à plusieurs reprises de se suicider, Didier Jambart descend progressivement vers l’abime. C’est sa femme qui ne comprend toujours pas ce changement de personnalité qui tire la sonnette d’alarme, mettant très rapidement en cause le neurologue qui augmente les doses et le Requip.

L’affaire arrive très vite entre les mains de Maitre Beguin qui décide, après trois ans de recherche d’assigner en justice le laboratoire GSK en justice sur la base du défaut d’information des malades. « Les effets secondaires et notamment les addictions, n’étaient pas portés sur la notice, dès lors il s’agissait pour moi d’un médicament défectueux. Mais GSK est le second laboratoire au monde, il fallait donc venir avec un dossier bien bétonné », explique l’avocat.

« J’étais le Petit Poucet en face de l’ogre pharmaceutique »

Les réalisateurs en compagnie d'Antoine Beguin
Les réalisateurs en compagnie d'Antoine Beguin
S’armant de patience, récupérant toutes les preuves, même celle d’une ancienne cadre de GSK qui affirme que « les effets indésirables du Requip étaient connus, mais occultés pour des raisons de marketing». Le dossier est tellement bien ficelé qu’Antoine Béguin gagne la première manche devant le TGI de Nantes, en 2011, face à l’armée d’avocats du laboratoire. « J’étais le Petit Poucet en face de l’ogre de l’industrie pharmaceutique. Je me sentais bien dans ma peau en défendant ce dossier, ça n’aurait pas été le cas si j’avais eu à défendre celui de GSK ».

Si le rapport était disproportionné, la justice qui défend plus facilement les lobbies de l’industrie pharmaceutique, a tout de même fait son travail reconnaît Antoine Béguin. « L’industrie n’est pas infaillible, on peut l’attaquer et gagner », poursuit l’avocat pas peu fier d’avoir débouté le laboratoire devant la cour d’Appel de Rennes l’année suivante, obtenant 207 000 € de dommages et intérêt pour son client, lequel a retrouvé une vie normale après avoir arrêté le médicament mis en cause.

De cette affaire, deux journalistes habitués des problèmes de Santé publique, Thierry de Lestrade et Sylvie Gilman en ont fait un documentaire de 52 minutes. Ils ont suivi Maitre Beguin et deux des malades qu’il a eu à défendre dans cette affaire, dont Didier Jambart. Présenté en avant-première hier soir, à la Fac de Droit où enseigne maitre Beguin, le film est présenté ce mardi 12 mars, à 20h35, sur France 5.

« Un scandale Requip est tout à fait possible, même si ce n’est pas un mauvais médicament pour la maladie en elle-même. Ce sont tous les médicaments utilisant la même molécule qui sont concernés par ces effets secondaires», concluait l’avocat.

« Même si cette affaire est quantité négligeable sur le plan financier pour GSK, les puissants labos ont une faiblesse : leur image », appuyait la journaliste et réalisatrice Sylvie Gilman.





Yannick Sourisseau
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1.Posté par Alexandre le 12/03/2013 12:03 | Alerter
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Très intéressant. Étonnant que les médias nationaux n'en parlent pas.

2.Posté par Caroline BEGUIN le 12/03/2013 19:32 | Alerter
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Antoine felicitations!!!!!!!!!!!!!! Pour ce procès gagné ! Maintenant tu es célèbre dans toute la France et meme au Cameroun ;) Maman et papa sautent de joie en lisant l article tellement il sont contents pout toi :D Et très instructif pour mes études de juge aux affaires familliales .Bisoussss.








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