Françoise de Person : La gabelle, un impôt très impopulaire


Rédigé par Catherine Nedelec - Angers, le Mardi 26 Avril 2011 à 19:12


Une toute nouvelle édition de « Bateliers – Contrebandiers du sel » est parue aux éditions de La Salicaire. Avec ce livre très documenté, Françoise de Person nous révèle comment, au XVIIIe siècle, les bateliers de la Loire, contournaient parfois l’impôt sur le sel et les mesures prises par les fermiers généraux pour lutter contre le faux-saunage.



Françoise de Person : La gabelle, un impôt très impopulaire
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Ce n’est pas un roman énigmatique aux rebondissements multiples que nous livre ici Françoise de Person, bien qu’il y ait, dans ce récit, de quoi vivifier les esprits les plus fertiles. Grâce à de nombreux documents d’archives, l’auteure donne la parole à ceux qui ont vécu les complications d’un commerce très convoité au XVIIIe siècle. Docteur en histoire, spécialiste de la navigation sur la Loire, Françoise de Person a déjà écrit trois livres sur le sujet (Bateliers sur la Loire - CLG 1999, De la Marine de la Loire au XVIIIe siècle – Loire et terroirs, éditions 2003, Un Orléanais à la conduite de son négoce – La Salicaire 2008).

Françoise de Person refuse la simple anecdote ; tous les témoignages sont ordonnés, donnant lieu à une véritable démonstration de ce que fut la transaction d’une denrée indispensable à tous : le sel. « Relevant les plats fades à base de pain et de bouillies de céréales », il permet la conservation des aliments tout en préservant les hommes de la déshydratation. Un ingrédient que l’on trouve en abondance dans la Nature et que tout le monde utilise ; on comprend alors aisément que le sel devienne « l’expédient le plus commode pour lever un impôt », soit la gabelle, que l’Etat sous-traite à un puissant consortium financier, La Ferme générale.

La Loire qui, à cette époque, reste la voie la plus empruntée des voituriers ligériens, a joué un rôle important dans son transport. « D’une injustice criante », cet impôt a généré une contrebande importante. Outre les francs-salés, privilégiés exemptés de la gabelle, les inégalités géographiques entre les provinces franches de tout droit et les pays de grandes gabelles ont offert aux fraudeurs une tentation irrésistible. Les voyages des bateliers permettent de se procurer du sel franc à Nantes et d’en ramener, pour qui le souhaite, dans les pays de grande gabelle pour la consommation des foyers.

Dans ce livre, Françoise de Person nous donne les éléments nécessaires à la bonne compréhension de la lutte de la Ferme contre le faux-saunage, qui donne lieu à des procédures et des interrogatoires pour cet impôt « complexe, onéreux, archaïque et irrationnel ». Bateliers, Contrebandiers du sel est un livre précieux pour qui cherche une documentation fiable, soigneusement organisée, mais qui peut lasser si l’on cherche un début et une fin à l’histoire de ce vaste commerce qui impliqua durablement de nombreux mariniers et riverains de la Loire. D’une grande richesse documentaire, Bateliers, Contrebandiers du sel est un livre que l’on aime pour l’intérêt et la précision de son contenu.

Editions La Salicaire
200 pages – 26 euros












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