JC Satan et Sexy Sushi au Chabada : Master Clash


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le 29/10/2013 - 21:27 / modifié le 29/10/2013 - 21:29


Vendredi soir, au Chabada, les envolées caniculaires des JC Satan et les outrances délicieusement violentes des Sexy Sushi ont affolé le dance floor, fait suer un public surexcité et redonné leurs lettres de noblesse aux cultures rock et clubbing. Master classe.



JC Satan et Sexy Sushi au Chabada : Master Clash
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Épique soirée que celle de ce vendredi au Chabada. Visiblement abonnés aux premières parties des fédérateurs et têtes d'affiche Sexy Sushi, ce sont les Bordelais de JC Satan qui ont ouvert ce qui, au fur et à mesure que les morceaux s'enchaînaient, allait s'apparenter à une orgie sonique.

La première fois qu'on avait entendu causer d'eux, c'était en décembre dernier dans les colonnes de "Technikart". Benoît Sabatier, le génial chroniqueur maison de cette vénérable institution pop-culture, avait fait rentrer direct dans son top 10 annuel, et ce sans prévenir, sans une once de buzz, ce crew du sud ouest de la France.

Vendredi soir, les mecs et les deux meufs de ce diabolique combo ont tout simplement fracassé le mur du son. Certes, il y a de l'influence - Yeah Yeah Yeahs, Gossip et même Sonic Youth -, certes ces jeunes gens survoltés ne réinventent pas les Tables du rock. Mais ils ont pour eux d'être cools.

En France, c'est rare. Ici, on intellectualise. Tant mieux. Or, s'il y a un domaine qui doit échapper à la gamberge et être obligatoirement imprégné de spontanéité, sous peine de se voir confisquer son outil de travail, c'est bien le rock. Et ça, cette formation joyeusement affranchie, l'a compris. Intégré. Un boulevard, décomplexé, pour les Sexy Sushi qui, d'un strict point de vue musical et nonobstant leur capacité à faire mouiller les T;Shirts, ne jouent pas exactement dans cette division.

Sexy Sushi : la folie pour dress code

On en est quasi certain, Rebekka et Mitch, les membres fondateurs du projet "Sexi Sushi" n'ont pas vocation à combiner pointillisme et compos belliqueuses. Le duo l'a montré vendredi soir. Avec eux, on ne cherche pas plus qu'on attend la mélodie qui tue. On est pas chez les Daft ici. Certes, les deux histrions sous stéroïdes ont ouvert et clôturé leur presta via deux hits qui mettent tout le monde d'accord et K.O. sur le plancher de danse.

Mais, dans l'ensemble, on ne peut s'empêcher de penser à l'instinct primal des Stupeflip, aux turbines des Justice ou aux sets dévastateurs des deux New-Yorkais de Crystal Castles. Toute proportion gardée et la saturation en moins chez les Nantais, c'est la folie chez eux qui prime et fait office de dress code. Le spectacle est autant sur scène que dans la fosse. Il arrive même que les deux copulent. Et que l'un féconde l'autre.

Ainsi, vendredi soir, on avait l'impression par stases d'assister à une énorme partie de jambes en l'air. Les bras se levaient, les corps parfois dénudés se confondaient. Certains esprits coquins ont dû même se demander où se trouvait la back-room. Une bacchanale ? Mieux, les Sexy Sushi sont parvenus à faire de leur passage angevin un grand rassemblement transgenre. On n'arrivait plus à distinguer qui était mâle, qui était femelle. Ou femmen. Un luxe dans cette partie du monde qui s'accroche à sa sacro-sainte identité, à ses questions d'intégration.

Vendredi, au Chabada, nous n'avons pas eu droit aux prêchi prêcha embourgeoisés d'une Gaga en burqa, ni au spectacle faussement provoc d'une Myley Cyrus qui, oups I did it again, met le feu à la Toile en laissant échapper un misérable téton. Vendredi soir, c'était rock, sexe et sushi pour tous.



















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