Lars von Trier, Bresson et Podalydès à l'affiche de Premiers Plans


Rédigé par - Angers, le 03/10/2013 - 18:09 / modifié le 04/10/2013 - 15:33


Un coin du voile s'est levé sur le programme du prochain festival de cinéma Premiers Plans. Du 17 au 26 janvier, on y (re)découvrira notamment les œuvres de Robert Bresson, du danois Lars von Trier et du suédois Bo Widerberg. Bruno Podalydès sera de la partie aussi parmi une foultitude de rendez-vous avec le 7e art.



Dernier film en date de Lars von Trier, "Melancholia" sera à l'affiche de la rétrospective intégrale que lui consacrera Premiers Plans en janvier prochain.
Dernier film en date de Lars von Trier, "Melancholia" sera à l'affiche de la rétrospective intégrale que lui consacrera Premiers Plans en janvier prochain.
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C'est une tradition bien établie. La révélation du choix des rétrospectives, hommages et animations marque chaque automne le lancement de la communication autour de Premiers Plans. Films en compétition, composition du jury, têtes d'affiches éventuelles seront annoncés en leurs temps. Plus tard donc.

Eu égard à l'amplitude des propositions au menu du festival de cinéma, ce timing est tout sauf une mauvaise idée. Question de capacité de digestion... Car les premières informations communiquées mercredi soir par l'équipe de Premiers Plans le confirment, la 26e édition s'annonce toute aussi dense que les précédentes. Ce dont aucun cinéphile ne se plaindra, quelque soit la taille de son estomac.

Attaché à tous les cinémas, Claude-Eric Poiroux, le délégué général, et son équipe ont choisi une nouvelle fois de convoquer réalisateurs vivants et disparus pour concocter leur programmation. Dans la première catégorie et en dépit de son absence assurée, le danois Lars von Trier fera figure d'incontestable tête d'affiche. Pour plusieurs raisons, à commencer par son immense talent : "Pour moi, c'est sans doute l'un des plus grands cinéastes vivants" n'hésite pas Claude-Eric Poiroux qui a été le premier distributeur du cinéaste en France (pour "The Element of Crime"/1984).

"Europa", "Breaking the Waves", "Dancer in the Dark", "Dogville", "Antichrist", "Melancholia"... On ne compte plus les chefs d’œuvre de Lars von Trier. Ni les polémiques qui les ont bien souvent accompagnés. On se souvient de ses dérapages verbaux lors de la présentation de "Melancholia" à Cannes en 2011.

Aujourd'hui, ce sont les teasings de "Nymphomaniac", son prochain film (dont le premier volet est annoncé ici ou là pour décembre) qui agitent la toile. Pour cause, il y sera question de la vie sexuelle d'une nymphomane (Charlotte Gainsbourg), à travers le récit qu'elle en fait à un homme, venu la secourir. Surtout, avec un art consommé de la communication, Lars von Trier a annoncé que ce drame donnerait lieu à deux versions dont l'une interdite aux moins de 18 ans et publié à l'économie des photos particulièrement suggestives.

Bref, s'il ne parle plus à la presse "depuis ses écarts de langage à Cannes", c'est aussi parce que Lars von Trier "est un très bon communiquant", sourit Claude-Eric Poiroux.b[

Pour tous les goûts

"Au hazard Balthazar" (1966), l'un des treize longs métrages de Robert Bresson
"Au hazard Balthazar" (1966), l'un des treize longs métrages de Robert Bresson
Changement de décor et de tempérament avec Robert Bresson (1901-1999), l'objet de la deuxième grande rétrospective de Premiers Plans. Cinéaste aujourd'hui oublié, ce catholique d'inspiration janséniste a réalisé 13 longs métrages - dont "Pickpocket", "Au hasard Balthazar", "Mouchette", "Lancelot du Lac"... -, principalement avec des comédiens non professionnels.

Une habitude guidée par sa façon de concevoir le cinéma entre rigueur absolue - il multipliait les prises - et recherche poétique : "Je me force à ne pas penser, je me force à avoir une idée spontanée. Parfois elle ne vient pas, je la force, parfois elle vient mal. Mais c’est ma façon de travailler" disait-il de lui-même.

Troisième cinéaste à l'honneur, Bo Widerberg (1930-1997) est considéré comme l'un des chefs de fil de la Nouvelle Vague suédoise. Son livre "Visions du cinéma suédois" (1962) en est le manifeste. Widerberg a porté son attention en particulier sur la vie quotidienne et les luttes de la classe ouvrière de son pays.

Comme avec Isabelle Carré, Jacques Gamblin et Denis Lavant les années précédentes, Premiers Plans rendra aussi hommage, en lien avec le Nouveau Théâtre d'Angers, à un acteur vivant, et même bien vivant : Bruno Podalydès. Le comédien et metteur en scène viendra présenter les 22 et 24 janvier au Quai "Le Cas Jekyll", spectacle qu'il a mis en scène et qui tourne depuis trois ans. Une sélection de ses films sera aussi proposée en salles.

Impossible de vous résumer le reste de la programmation dévoilée mercredi. On retiendra simplement qu'un panorama sur le thème de La Métamorphose y figure en bonne place, que l'auteur et illustrateur jeunesse Grégoire Solotareff, sera de la fête aussi, via l'Abbaye de Fontevraud et le Quai, et que le Printemps des Orgues proposera quatre ciné-concerts au Grand-Théâtre d'Angers avec l'organiste Jean-Philippe Trévou.

Vous avez encore faim ? Rendez-vous sur le site du festival Premiers Plans pour découvrir tous les éléments de la programmation.







Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur















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