Les Trois Glottes


Rédigé par Florence Macquarez - Angers, le 01/11/2008 - 17:59 / modifié le 03/02/2009 - 22:17


« Les Trois Glottes », un nom pas banal porté par un joyeux trio de chansonniers angevins. Récemment de passage à Béhuard, leur talent a ragaillardi les plus blasés.



Les Trois Glottes
Les Trois Glottes n’ont ni agent, ni dossier de presse. Et pour cause, ces trois gars des Mauges sont des amateurs. Il n’empêche, la carrière de Pierre, Philippe et Christophe est déjà longue : débuts près de Cholet dans les années 80, sortie de leur premier album en 1992 suivi du prix du festival choletais de musique amateur. Peu à peu, les trois amis dont le joyeux répertoire reprend à l’époque des chansons de Bi-fluorée, Bobby Lapointe, suivent la voie de l’autonomie. En clair, ils finissent par composer textes et musiques au fil de leurs humeurs et de leurs rencontres.

Dans ce trio de quadras, les rôles ne sont pas définitivement attitrés. Si Pierre Bondu écrit une bonne partie des textes (il a toujours un message à faire passer, lance t-il au public) chacun y va de ses paroles, musiques et arrangements… à tour de rôle. De cette créature à trois têtes est ainsi sorti en 2006 un album où l’on trouve pêle-mêle des « cœurs de troubadours », des « gros sabots », une « caravane », « des gars, des filles », mais aussi « La Loire », le lieu fétiche des trois garçons : « c’est le grand fleuve des amants, des curieux, au creux des champs… Oh, c’est hissé haut, c’est l’océan, cette osée night ».

En live à la crêperie de Béhuard, devant un parterre plutôt fluet, les Trois Glottes ne perdent rien de leur superbe. Le spectacle est une suite délicieuse de chansons humoristiques teintées de poésie : parfois décalée « j’ai lâché les coquelicots parc’que c’est très très poison, et j’y ai mis du goudron parc’que ça sent drôlement bon » ou plus réaliste : « Ils sont bios mes légumes », véritable anthologie des expressions dans le domaine.

Et ces trois clowns troubadours aux yeux facétieux savent tout faire, y compris jongler avec les instruments : violon, guitare, clarinette, flûte, guimbarde plantent le décor, transportant immédiatement le spectateur vers d’autres rivages. L’ambiance rebondit ainsi de la Corse aux Balkans, de l’Espagne à l’Ecosse. Pour autant, la musique ne fait pas tout : Pierre est spécialiste des cris mouette, Pierre de la corne de paquebot, et Christophe des vagues de l’atlantique.

Car le spectacle des Trois Glottes ne se résume pas à des textes mis en musique. Aux chansons virevoltantes s’ajoutent des bruitages inopinés, des grimaces, et une mise en scène pleine d’humour. Qui gagnerait encore à se développer. L’échange avec le public est direct, sans bavure et il ne se passe pas deux minutes sans qu’un spectateur ne rie à gorge déployée. D’autant qu’avec eux, rien n’est impossible : « les filles, sautez par-dessus les garçons pour former un losange », ou « c’est une chanson du XIIIè siècle, je le sais, car c’est moi qui l’ai écrite ». Tout le monde y croit, et ça fait du bien…


















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