Les nouvelles technologies : vers une création destructrice

Festival Premiers Plans 2011


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 25/01/2011 - 10:55 / modifié le 25/01/2011 - 17:30


Le Festival Premiers Plans d’Angers ce n’est pas qu’une compétition cinématographique pour jeunes réalisateurs. Pour preuve plusieurs animations, rencontres et tables rondes ponctuent cette semaine du septième art. Hier soir économistes et historiens se sont mis au tour de la table pour discuter des nouvelles technologies dans le monde du cinéma.



Les intervenants pendant leur exposé. De G. à D. : D. Sagot-Duvaroux, l'animateur, L. Creton et A. Gunthert
Les intervenants pendant leur exposé. De G. à D. : D. Sagot-Duvaroux, l'animateur, L. Creton et A. Gunthert
Les nouvelles technologies détruiraient-elles la création cinématographique ? Le thème était évoqué hier soir au centre de Congrès d’Angers, lors d’une table ronde autour de laquelle ont pris place Laurent CRETON, Enseignant à l’Université Paris III – Sorbonne Nouvelle et surtout Directeur de l’Institut de Recherche du Cinéma et de l’Audiovisuel et André GUNTHERT, Maitre de conférence en Sciences Sociales, historien d’art et membre de l’ANR (Artistes en Régime Numérique).

Pour Laurent CRETON l’histoire des nouvelles technologies est aussi vieille que le monde. « Les peintures rupestres des premiers hommes et le kinescope étaient, pour l’époque des nouveaux médias qui ne détruisaient pas obligatoirement les précédents. Les utilisateurs de ces derniers doivent simplement repenser leur positionnement par rapport à l’innovation en matière de technologie ».

Après une savante approche du travail du savant lequel découvre et formule, l’ingénieur qui va mettre au point un prototype et l’entrepreneur qui renvoi à la notion de développement économique, Laurent CRETON affirme « que l’innovation est souvent une histoire de perfectionnement de techniques existantes et ne doit pas être réduite à la seule dimension technologique ».

Pour lui c’est l’économie, plus que la technique qui guide les avancées technologiques et surtout les usages que l’on peut en faire. « Il s’agit d’un d’une dimension socio-technique, dans laquelle la technologie est notre capacité à voir et imaginer ».

Pour André GUNTHERT « l’homme est toujours confronté à une chronologie technique, un procédé chassant l’autre, car on pense toujours que le nouveau est meilleur que l’ancien ». Mais ce n’est pas toujours le cas, en photographie par exemple, la pellicule n’a pas supprimé immédiatement les photos sur plaques, c’est souvent une histoire de culture et d’usage ou encore de marketing. C’est donc bien selon les deux intervenant le coté économique qui pousse la technologie, donnant parfois peu de choix aux utilisateurs.

« Ce qui change c’est notre rapport à l’image », affirment les deux intervenants. « Hier on regardaient les photos sur papier, désormais on les regarde sur un micro-ordinateur ou une tablette iPad ». Ce qui est plus embêtant c’est que l’on accepte une certaine dégradation des images au profit de la technologie. C’est le cas de la vidéo sur Internet. Mais progressivement on améliore la qualité. « Au début les photos numériques avaient un rendu moins bon que la pellicule, aujourd’hui elles sont meilleures », commentent les intervenants.

Quant à dire que les nouvelles techniques, notamment le numérique 3D dont il était également question, vont tuer l’industrie du cinéma, les intervenants ont leur réponse : « le numérique 3D ouvre de nouvelles perspectives en terme de création. Hier il fallait plus de techniciens sur les plateaux, aujourd’hui ils sont dans les studios de post-production ».

Et Laurent CRETON de conclure : « Il ne faut pas se poser la question en matière de technologie, mais plutôt savoir s’il y a des spectateurs dans la salle. La technologie ne doit pas réduire l’acte de création et la poésie ». En clair, avec ou sans numérique on peut continuer à faire de bons films. C’est le spectateur, lequel s’intéresse plus au sujet qu’à la technique employée qui conduit à l’innovation en matière d’industrie cinématographique.



Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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