Les préjugés au centre de la Journée mondiale du refus de la misère


Rédigé par - Angers, le 16/10/2013 - 21:21 / modifié le 21/10/2013 - 07:50


"Combattre la pauvreté, c'est combattre les préjugés". Tel est le mot d'ordre de la Journée mondiale du refus de la misère dont les initiateurs, contexte électoral aidant, ne manqueront pas ce jeudi d'interpeller élus et responsables politiques de tous bords. A Angers, ils appellent à un défilé partir à 17h de la place Leclerc.



Les préjugés au centre de la Journée mondiale du refus de la misère
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Palais de Justice, siège d'Angers Loire Métropole, Préfecture et place du Ralliement. Le circuit proposé ce jeudi après-midi à partir de 17h par ceux (1) qui relayent à Angers la Journée mondiale du refus de la misère ne doit rien au hasard.

Lancée en 1987 par le mouvement ATD Quart-Monde pour donner la parole aux plus démunis et éveiller les consciences de tous les autres sur la question de la pauvreté, cette journée est "une tribune", reconnaissent ses organisateurs. Un espace ouvert, chaque 17 octobre, pour interpeller le monde sur un sujet qu'on oublie, qu'on occulte et qui continue de déranger.

Précisément, cette année, c'est le thème des discriminations qui est mis en avant. Histoire de rappeler qu'au delà des difficultés matérielles, la pauvreté se double d'un insupportable phénomène d'exclusion sociale. A Angers comme ailleurs. Aux côtés d'autres mouvements tels que l'ADMR (Aide à domicile en milieu rural), Amnesty International France, La Cimade, Emmaüs, la Fédération des Centres sociaux ou encore Médecins du Monde, ATD Quart Monde a initié une pétition (à découvrir ici) pour faire reconnaitre la discrimination pour raison de précarité sociale.

"C'est humiliant et dévastateur d’être traité de « clochard » ou de « cas soc’ », d’être traité différemment parce qu’on habite un quartier pauvre, parce qu’on porte une carte CMU ou à cause de son allure portant les stigmates de la misère, rien de cela n’est reconnu. Notre pays peut faire ce pas de civilisation" justifient ces organisations.

"Taper dans les gamelles"

D'où l'idée à Angers, de pointer symboliquement les conséquences de cette exclusion : devant le Palais de Justice, pour la discrimination des pauvres face à la Justice, devant le siège d'Angers Loire Métropole pour parler des "accueils périurbains", devant la Préfecture pour "dénoncer les interpellations musclées des Roms" et, enfin, place du Ralliement, pour commémorer cette journée de lutte contre la misère.

"C'est une journée pour taper dans les gamelles, au propre comme au figuré. On suggère d'ailleurs aux gens de venir avec de quoi faire du bruit" résume Paul Gorzerino-Fabron, référent santé du groupe ATD Quart Monde d'Angers.

Bénévole, cet ancien médecin estime aussi que c'est le moment de rappeler l' "immoralité" de systèmes économiques qui engendrent autant d'inégalités. "En m'engageant dans ATD Quart Monde, je me suis rendu compte que quand je parlais de pauvreté, je ne savais pas de quoi je parlais. Il faut la vivre ou la côtoyer pour comprendre" témoigne-t-il, citant l'expérience de cette permanence santé ouverte il y a un an à la Roseraie (salle Petit Mathurin), en partenariat avec le Secours Catholique.

"On y reçoit tous les lundi matin de 10h à 12h pour éclairer les gens sur leurs droits à la santé. On s'aperçoit que beaucoup n'osent pas ou ne veulent plus aller frapper à la porte des services sociaux."

On rappellera pour terminer qu'à Angers, la Journée mondiale du refus de la misère ne résonne jamais tout à fait comme ailleurs. C'est en effet sur les bords de la Maine, dans le quartier Saint-Jacques, qu'est né Joseph Wresinski, le fondateur du mouvement ATD Quart Monde (1917-1988).

Fils d'un immigré polonais et d'une espagnole, issu d'un milieu très pauvre, cet humaniste a nourri tout son combat de cette expérience et du souvenir de la honte et des humiliations générées par la misère. On lui doit notamment cette devise : "La misère est l’œuvre des hommes, seuls les hommes peuvent la détruire."

(1) ATD-Quart monde mais aussi le Secours catholique, Amnesty international, les Morts de la Rue et Utopia.




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur








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