Michèle Veillon-Colin : souvenirs d’enfance à Angers


Rédigé par Catherine NEDELEC - Angers, le Jeudi 8 Septembre 2011 à 17:33


Après deux romans historiques et un récit sur l’introduction d’une nouvelle pédagogie dans les écoles des années cinquante, Michèle Veillon-Colin signe ici « Rue du Lutin », une plongée dans le quartier typé proche de l’ancienne route de Paris, dont elle a gardé de merveilleux souvenirs.



La rue du Lutin aujourd'hui
La rue du Lutin aujourd'hui
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En 1912, le Cottage angevin, société anonyme coopérative d'habitations à bon marché, acquiert la propriété du Lutin afin de créer une cité ouvrière. Les parcelles de ce vaste terrain excentré sont vendues à des fonctionnaires, artisans et employés qui y construisent de petites maisons mitoyennes. Une configuration presque intacte aujourd’hui. C’est dans cette rue que Louise et Alexandre, grands-parents de Michèle Veillon-Colin, ont acquis leur maison en 1928.

De ce quartier « presque un village » selon Michèle Veillon-Colin, l’auteure a gardé des souvenirs vivaces entre un grand-père pittoresque et une grand-tante à la vie tumultueuse. Un vent romanesque sur ce support autobiographique nous transporte dans l’après guerre angevin de 1945 à 1955. Michèle Veillon-Colin, alors petite fille, nous fait revivre la vie dans la maison tenue par sa grand-mère : « ….bien différente de la bonne mère-grand. Mais les trésors de sa maison – les bibelots de la salle à manger – les robes qu’elle cousait, les gourmandises qu’elle distribuait au compte-goutte, faisaient oublier qu’elle était très très vieille (à peine plus de cinquante ans !), maladive et acariâtre ».

Pertinente et malicieuse, la petite fille d’alors n’a de cesse de savoir qui était l’oncle Rodolphe, que sa grand-tante avait rejoint à Bruxelles « alors aussi exotique que Pékin car à cet âge là, on n’a pas tellement la notion des distances ». Sa persévérance va lui faire découvrir un secret bien gardé dans la famille…

Michèle Veillon-Colin : souvenirs d’enfance à Angers
Les repas pris près de la cuisinière à charbon, les bavardages entre voisines et les robes qui prennent forme sous la machine à coudre, petits moments du quotidien, ne se transforment pourtant pas en souvenirs nostalgiques d’une époque révolue. Pour l’auteure, devenue femme, « le Lutin qui a enchanté notre enfance perd peu à peu son attrait […] laideurs, faiblesses apparaissent au grand jour, annonçant les désillusions de l’âge adulte ».

Michèle Veillon-Colin livre ici un récit construit et agréable à lire. Les nombreux repaires sur le quartier, parmi lesquelles la maison Art Déco du mosaïste, de Guisti, ou celle, aux influences modernistes, de l’architecte Harmiteau, et plus largement sur la ville d’Angers, rendent le récit vivant et imagé. Sans véritable histoire, la « Rue du Lutin » nous dévoile une famille aimable dans une ville dont nous avons peu à peu oublié l’ancien visage : « Nous traversons le faubourg Saint-Michel aux rues sombres et mal famées, nous atteignons la prison ».

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