Mohamed Kahouadji, médecin le jour, peintre la nuit…


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 10/03/2010 - 14:20 / modifié le 11/03/2010 - 09:38


Voici un artiste comme on aimerait en croiser plus souvent. D’abord parce qu’il ne se regarde pas le nombril, plutôt celui des autres, car il est aussi médecin, et surtout parce qu’il sait rester modeste et abordable. Toujours souriant, discuter avec ce peintre-médecin de l'hôpital d'Angers, c’est avant tout un pur moment de bonheur, comme ses toiles.



Mohammed Kahouadji devant l'une de ses oeuvres
Mohammed Kahouadji devant l'une de ses oeuvres
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Est-ce parce qu’il est interne en chirurgie maxilo-faciale et qu’on lui a appris que sourire permettait de faire travailler les muscles du visage ? Peut-être, mais pas seulement, Mohamed Kahouadji, est avant tout heureux, et son bonheur est communicatif. Né à Alger il y a 30 ans, il est arrivé en France, avec sa famille, trois ans plus tard. Depuis sa plus tendre enfance, il aime le dessin, reproduire ce qui l’entoure. Mais ses parents estimaient que la Faculté de Médecine était plus prometteuse que l’Ecole des Beaux Arts, alors il s’est dirigé vers des études de médecine.

Mais il n’a pas pour autant délaissé sa passion, et c’est donc en parallèle qu’il continue à exercer son art. Travaillant le jour au CHU d’Angers, il peint le soir, quand il n’est pas de garde.

Artiste atypique, c’est sur le terrain, dans la rue, dont il s’inspire, que Mohamed Kahouadji a tout appris. Dans les années 90 il se lance dans le graffiti sur les murs parisiens, puis abandonne la bombe de peinture pour le pinceau afin de réaliser ses propres toiles, toujours inspiré par la rue, le monde contemporain. « Un artiste se nourrit de toutes les influences qui l’entoure, de la culture qu’il reçoit » dit le médecin-artiste, sans pour autant se prendre au sérieux. La peinture c’est presque son jardin secret, un moment où, seul devant la toile, il peut transcrire et faire partager ce qu’il ressent.

Bien dans son époque, mêlant pop art, jeux vidéo, publicité, fables animalières et mangas, sa culture personnelle, l’artiste n’hésite pas à mélanger les genres, dans une débauche de couleurs qui ne laisse pas le spectateur indifférent. « J’occupe l’espace au maximum, j’accentue les contours, je pratique une peinture ludique » affirme Mohamed jouant parfois dans un monde fait d’ambiguïté ou de situations improbables, forçant le spectateur à s’interroger, à l’exemple de « When we were kings (Quand nous étions des rois), où un zèbre multicolore, sortie tout droit d’une publicité pour une marque d’imprimantes couleurs, dévore un lion couché sur le dos. Mais le zèbre le dévore-t-il vraiment. Ne serait-il pas en train de lécher le roi de la jungle et ce dernier ne ronronnerait-il pas de plaisir ? Une inversion des rôles chère au peintre.

Mais le médecin n’est jamais bien loin. « Saviez vous qu’en France seulement 5% de personnes pratiquent le secourisme » dit-il en montrant une toile intitulée « Laissés sans défense », sur laquelle un éléphant appuie sur le ventre d’un éléphanteau cyanosé (bleu) pour lui faire recracher la cacahuète qui lui bloque la gorge. « C’est un clin d’œil à la médecine, celle qui sauve des vies »

Et quand on lui demande s’il choisira la peinture ou la médecine pour le reste de sa vie, Mohamed rappelle que pour l’instant il prépare une thèse dont le sujet rapproche sa profession de sa passion : « De l'influence des Gueules cassées de la Première Guerre mondiale sur la peinture de l'entre-deux-guerres... ». « Pour l’instant je me fais plaisir » dit-il avec de la gourmandise dans les yeux.

Mohammed Kahouadji, qui fut tout de même tremplin jeunes talents de l’Affordable Art Fair de Paris en 2009, expose ses toiles à la « galerie Bréhéret (L’objet) », 17 rue Toussaint, à Angers. Visite sur rendez-vous au 02 41 87 71 38. Il expose également à la Galerie « Chiefs and Spirits » à la Haye et en Décembre il sera à Berlin. Pour en savoir plus…




Yannick Sourisseau
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