Nouveau fonds de bulles


Rédigé par - Angers, le 29/12/2013 - 14:42 / modifié le 29/12/2013 - 14:55


A l’instar d’un nombre grandissant de créatifs, Pauline et Tony ont fait financer leur projet de bande dessinée, tout ou partie, par le biais du financement participatif. L’avenir des arts ?



Nouveau fonds de bulles
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Fait, refait, vu et revu... Dans chaque maison d’édition où Tony Emeriau s’est présenté avec son « Alice au Pays des Merveilles », le discours a été peu ou prou le même. De quoi décourager le plus têtu des artistes ? Que nenni ! « Alice est une obsession pour moi », explique Tony, l’un des joyeux comparses de La Boîte qui fait beuh ! C’est tellement vrai qu’il y a plus de dix ans, lorsqu’il s’est agi de concevoir le faire-part de naissance de sa fille, le bonhomme a demandé à son pote Olivier Supiot de travailler sur le thème du personnage créé par Lewis Carroll.

Rejeté par les maisons d’édition, Tony a décidé d’auto-éditer son travail. « Je n’avais pas bien conscience de ce que ça signifiait », commente l’illustrateur avec un peu de recul. Conception, réalisation, impression, distribution, promotion..., tout un tas de mots en « ion » qu’il a fallu prendre en considération, en plus d’un financement à trouver.

« J’en avais marre de voir ce projet traîner dans mes cartons et j’ai vu qu’Enrique Fernandez, un auteur de BD reconnu, avait fait appel au crowdfunding. Alors pourquoi pas moi ? » Ni une, ni deux, Tony contacte les responsables d’Ulule qui, lors d’un premier entretien, « dédramatisent » le recours à la communauté internet. Le montant minimum de la levée de fonds est fixé et vogue (plutôt bien) la galère : à l’automne 2012, le projet est financé à 159 %, à hauteur de 6 382 €, « principalement pour les frais d’impression », explique Tony, qui a touché quelque 170 contributeurs.

Mauvaise image…

Une belle réussite qui a inspiré Pauline Casters, « qui gravite dans l’univers de la Boîte qui fait beuh ». Pour elle, l’autoédition est un choix de départ. Son « Joachim le petit Angevin » est un « projet local ». Pauline toque aussi à la porte d’Ulule, en plus d’autres financements (Terre de sciences et Ville d’Angers en l’occurrence), pour les frais d’impression.

Le succès, à hauteur de 2 180 €, est aussi au rendez-vous, grâce « aux cercles concentriques famille, amis et proches... Mais tous se sont sentis impliqués dans la campagne de financement ». De là à retenter l’aventure ? « L’éditeur reste un gage de qualité, tempère Tony, mais la mauvaise image de l’autoédition s’efface peu à peu ». Alors pourquoi pas ? Plus que jamais, l’art appartient à tous.

Le financement participatif

33 millions d’euros. C’est, au premier semestre 2013, le montant collecté par les plateformes françaises de crowdfunding, littéralement le « financement par la foule ». Une somme record pour une pratique à la croissance exponentielle mais encore naissante : la création de KissKissBankBank, l’un des pionniers du genre en France, remonte à 2010.

Tony et Pauline se sont appuyés sur le système de don et de contre-don, qui ne pose pas réellement de souci aux pouvoirs publics, qui cherchent à réglementer d’autres formes, comme le prêt entre particulier ou l’investissement en capital. L’enjeu est de taille : le magazine Forbes estime qu’en 2020, le crowdfunding représentera un marché de 1 000 milliards de dollars...

Joachim et Alice à la sauce angevine

Nouveau fonds de bulles
Les deux ouvrages signés Tony Emeriau et Pauline Casters sont auto-édités.

On trouve beaucoup de choses, au château d’Angers : des tapisseries, des jardins, de majestueux bâtiments, un pont-levis... mais pas de livres destinés aux plus petits. Partant de ce constat et de l’attachement de son fils de 4 ans à « son » château et à « son » tram, Pauline Casters livre un récit aussi facile d’abord que riche en contenu.

C’est qu’il en fait des choses, Joachim, au fil de la trentaine de pages du livre jeunesse : le tram, la maison d’Adam, les tapisseries de l’Apocalypse. Largement de quoi s’endormir et partir loin dans son rêve, pour y croiser... le Roi René et l’aider à chercher dans son vaste château un animal inattendu.

C’est direct, malin, instructif, local..., bref, à mettre entre les mains de tous les petits queniaux angevins !

Auto-édition, 10 €

Alice et son don de la métamorphose...

Nouveau fonds de bulles
Il n’en pouvait plus, Tony, de voir l’Alice de Lewis Carroll malmenée, dénaturée, amputée..., bref trahie pour des raisons de format ou de rentabilité. Il existe pléthore de réinterprétations du chef d’oeuvre écrit dans la seconde moitié du XIXe, mais l’Angevin a pris le parti de revenir à l’essence même du travail de Lewis Carroll.

D’abord, le texte originel, dans sa traduction française. Ensuite, l’esprit de l’original, déjà accompagné d’illustrations. Enfin, l’hommage à Carroll, homme orchestre des arts à sa manière, tour à tour écrivain, artiste, photographe ou philosophe. « Alice au pays des Merveilles » à la sauce Emeriau, c’est tout cela à la fois.

Un ouvrage dense, parsemé des notes explicatives et/ou drôles d’un auteur qui a mis de lui dans chacune des dizaines d’illustrations qui jalonnent ce livre très personnel, mais universel.

Auto-édition, 25 €




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Patrick Huet le 30/12/2013 10:46 | Alerter
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Le crowdfunding - ou financement participatif, ce qui est plus parlant - est un outil à prendre en considération.
C'est une réelle option qui est offerte aux créateurs. Car, ne nous leurrons pas, un éditeur ne peut pas prendre sous son aile les centaines (ou milliers) d'artistes qui s'adressent à lui.
Même si les artistes sont talentueux, il doit faire un choix.

Evidemment, c'est dommage Parce que ce que je peux voir des créations de Pauline et de Tony, elles sont très belles, très vivantes. Le...

2.Posté par Patrick Huet le 30/12/2013 10:48 | Alerter
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Oh, j'oubliais.
Bonnes fête de fin d'année à toute l'équipe d'Angers-Mag.
Et à bientot pour 2014.

3.Posté par Yannick Sourisseau le 30/12/2013 14:25 | Alerter
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